17 avril 2003 - n°202 et 203

Sport

Sur fond de musique country !

le ranch de Jack Un chapeau de cow-boy, deux chapeaux de cow-boy… un cheval avec une selle à pommeau, une paire d’éperons à molette, tel est le spectacle qu’offre le ranch de Jack ce dimanche 13 avril à Anlier. Plus de vingt cavaliers attendent derrière la porte qui donne accès à la piste et dans le manège, sur le sable, des chevaux évoluent au pas, au trot ou au galop. Les spectateurs sont peu bavards… c’est jour de concours ! Depuis dix heures trente, les juges surveillent débutants et confirmés dans des épreuves venues d’un autre continent.

“Au pas, s’il vous plaît”, dit le juge et les cavaliers font évoluer leur monture au pas. “Au trot, au galop, arrêtez et reculez”, continue la voix dans le micro. Un espace assez long sépare les différentes instructions, pour permettre aux deux chapeaux de cow-boys du milieu de la piste d’évaluer les cavaliers. Un groupe entre, un autre sort. Au cours de la journée, ce seront cent neuf chapeaux qui franchiront la porte. Au programme, il y a le showmanship pour débutants, confirmés, le horsemanship, le walk and jog, du trail, du reining et l’épreuve de western pleasure. Lucky Luke passerait la porte, que cela n’étonnerait personne. D’ailleurs, un rang de bouteilles de coca aux pailles tronquées s’étire sur la longue table du balcon d’où les spectateurs observent les épreuves sur fond de musique country.

le ranch de Jack En janvier, la fédération francophone d’équitation américaine regroupait seize cercles affiliés. En février, dix-huit ! Ce sport fait son petit bonhomme de chemin. Des instructeurs canadiens sont invités en Belgique pour former des gens d’ici et des responsables de cercles font le voyage outre-Atlantique pour parfaire leur technique. Des séminaires sont organisés et comme tout le monde parle la même langue, à quelques expressions près, les messages passent très bien. “En partie francophone, explique Dany Botte, la secrétaire de la fédération, nous avons vraiment une très bonne équipe de cercles affiliés. L’entente est excellente, ce qui fait que nous avons une collaboration efficace et la plupart des concours sont organisés par les cercles eux-mêmes. Nous travaillons avec de petits comités et c’est passionnant parce que nous sommes au début de cette discipline et qu’il y a encore beaucoup à construire.” Ce n’est pas Sunshine Cowan, la juge québécoise du jour qui dira le contraire !

Elle sort de sa poche un livret avec les différentes épreuves existant en monte américaine, applicables en Europe : “Tout ce qui est en grisé, ce sont des adaptations. Le sport est constamment en évolution. Si les grosses associations des états-Unis apportent des améliorations, celles-ci sont appliquées un an après au Canada et deux ou trois ans plus tard ici. En fait, les associations de quater horses n’existent que depuis une cinquantaine d’années. Aujourd’hui, dans le ranch de Jack, nous avons des épreuves assez simples. Dans l’épreuve de trail, nous aurons quelques perches par terre, dans un parcours qui a été dévoilé aux cavaliers ce matin. Mais quand on a un trail de haut niveau, il y a de véritables labyrinthes. L’an passé, le parcours du championnat du monde comportait nonante-six perches ! Les cavaliers allaient "marcher" le trajet pour le mémoriser.” Voilà, on ne pourra pas dire que les cow-boys n’ont rien dans la tête ! Bon d’accord, les Dalton ne sont pas toujours malins, mais il ne faut pas généraliser.

le ranch de Jack le ranch de Jack le ranch de Jack le ranch de Jack

Après le temps d’un bon repas, digne d’un cow-boy, bien arrosé de ketchup, les cavaliers reprennent la piste avec leur quarter, leur paint ou leur appaloosa qui ont, eux aussi, avalé un picotin, à la mesure de leur caractère énergique. Les quarter horses sont ces chevaux dont l’origine remonte aux animaux amenés en Amérique, au XVIe siècle, par les conquistadors. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les colons anglais de l’est des états-Unis les ont croisés avec des demi-sang anglais, des poneys Galloways… Après un sacré mélange, une race est née. Elle a donné des chevaux au tempérament doux et calme, à la résistance physique étonnante et à l’intelligence développée. Ceux dont la robe ne répond pas aux critères sont exclus de la race. S’ils présentent de grandes taches, ce sont des paints et de petites, des appaloosas.

Le 3 août, on remet ça chez Jack, mais avec du bétail pour des épreuves de cutting et bien d’autres. Les lecteurs qui désirent en savoir plus peuvent, au choix, s’adresser à la fédération francophone d’équitation… ou relire tous les Lucky Luke !

B. Herry

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