17 mai 2002 - n°179

Région

Contre l’enfance maltraitée

Trois cents bébés sont en danger en province de Luxembourg ! Ils risquent la maltraitance : les coups, le manque d’attention ou encore le manque d’amour. C’est déchirant et les situations exposées aux réunions de l’Action Luxembourg Enfance Maltraitée (l’ALEM) sont souvent très difficiles à écouter. Malgré tout, ceux qui entrent dans l’équipe pour apporter un soutien et des compétences professionnelles ont tendance à rester, tellement ils se sentent utiles.

Sous l’impulsion de l’ONE, en 1979, des équipes universitaires de Bruxelles, d’Anvers et de Liège entreprennent une "recherche-action" centrée sur la problématique de la maltraitance. Elle englobe les conséquences physiques des maltraitances, la prévention périnatale et les aides thérapeutiques aux enfants et à leur famille. Dès 1983, des actions locales se créent et en 1985 un décret institue officiellement les "équipes SOS enfants" en précisant les missions qui leur sont confiées. Très vite, dix équipes sont constituées en Communauté Française et elles deviennent un maillon essentiel dans le réseau psychosocial.

En 1995, la Fédération des services SOS Enfants voit le jour afin de maintenir la cohérence des actions, de préserver une éthique de travail et de soutenir leur modèle original d’intervention.

La "recherche-action" a mis en évidence la nécessité d’avoir des équipes pluridisciplinaires. Sur base de ces constatations elles sont donc composées au minimum d’un médecin pédiatre ou généraliste, d’un pédopsychiatre, d’un avocat, d’un infirmier ou d’un assistant social et d’un secrétaire administratif.

" Quel dommage d’intervenir si tard, après le drame ! "

Contre l’enfance maltraitéeCes équipes interviennent pour accompagner un couple en difficulté, une maman seule ou en tout cas quand un enfant est signalé en situation à risque par l’intermédiaire d’un parent, d’un CPAS, d’une infirmière ONE, mais un constat est à épingler : personne n’est à l’abri ! Certaines situations offrent une probabilité plus élevée, mais n’importe qui peut se retrouver dans une période de stress intense, un moment de dépression, vivre une catastrophe et "craquer". Dans la province, il n’y a pas de zone plus ou moins propice que d’autres. Les familles visitées sont plus nombreuses dans le sud du Luxembourg mais cela s’explique tout simplement par la situation géographique des assistants. Un des souhaits de l’ALEM est d’ailleurs d’être plus présente, de pouvoir offrir un service dans toutes les cliniques, redonner vie à “Bébé accueil". C’est un programme de prévention abandonné en 1999, faute d’aides financières suffisantes. Un concept simple, celui de préparer, d’agir avant la naissance et donc de remettre sur pied une équipe anténatale.

Le principe des assistantes sociales et des psychologues qui se trouvaient à la clinique de Libramont, était de proposer aux couples, aux mamans de " faire un bout de chemin ensemble ". De dissiper des craintes, d’apporter une aide administrative - comme remplir le formulaire et expliquer l’utilité de la prime de naissance – ou de surmonter une situation personnelle difficile et d’éviter que parfois des situations ne se compliquent ou dégénèrent.

" Faire un bout de chemin ensemble " et donc marcher ensemble ! Le projet zéro est né lui aussi. Une idée folle ? Non, pas du tout. Une idée terre à terre tout simplement. L’équipe de l’ALEM a traversé quarante-quatre communes à pied pour inviter des bourgmestres, des responsables de CPAS, des enfants, dans le but de sensibiliser et de montrer combien c’est important d’agir.

Au terme de deux cent septante kilomètres, la conclusion est heureuse : ils n’ont pas marché pour rien. Des communes ont proposé des aides, des contrats de partenariat. Des CPAS ont proposé des collaborations. L’an prochain, les bénévoles de l’ALEM remettront leurs bottines pour la première édition de la marche contre l’enfance maltraitée. Celle-ci n’était finalement que la gestation d’un souhait.

B. H.

Equipe SOS Enfants du Luxembourg, Action Luxembourg Enfance Maltraitée, Grand’Rue, 47 a, 6800 Libramont. 061 222 460 ou 061 225 445. Contact 24 h sur 24 à Télé-Accueil 107.

Eureka Junior

Eureka JuniorLe jeu concours “Eureka Junior” a eu lieu ce mardi 30 avril à Neufchâteau.

Ce fut un grand succès. L’ambiance était très conviviale et dynamique.

Treize équipes composées de cinq écoliers de cinquième et sixième primaires d’écoles différentes - neuf écoles communales, une libre et une officielle - ont concouru et ont répondu aux questions à choix multiples.

Le thème était la commune de Neufchâteau : l’histoire, l’actualité, le sport, la géographie, ses gens etc. Il y avait également des jeux d’adresse et des épreuves sportives.

Outre les soixante-cinq participants, plus de cent vingt compagnons de classe les supportaient et avaient la possibilité de participer à un concours personnel portant également sur Neufchâteau.

L’équipe lauréate : Valérie Maréchal, Gaëlle Barvaux, Guillaume Seixas, Jérome Billo et Simon Charlier.

Rendez-vous en juillet

Le 3 juillet 1902 est gravé dans l’histoire du sport automobile belge et international comme la date d’un événement essentiel : la toute première course sur circuit routier. C’était chez nous. Un siècle plus tard, les voitures d’époque vont retrouver les routes de cette glorieuse aventure. Bastogne, St-Hubert, Libramont, Neufchâteau, Habay-la-Neuve et Arlon seront les villes étapes qui accueilleront les cortèges d’ancêtres.

La mémoire populaire avait presque oublié qu’il y a tout juste un siècle, naissait chez nous l’une des plus prestigieuses courses automobiles, celle du Circuit des Ardennes. Pour commémorer cet événement, le Royal Automobile Club de Belgique (RACB) a tracé un nouveau parcours sur le circuit historique. Cette commémoration a pour ambition de faire revivre l’atmosphère et l’esprit de l’événement de 1902. Il se déroulera sur un parcours similaire : les deux tiers du circuit existent toujours, et le troisième tiers s’effectuera sur une route parallèle, traversant la Forêt d’Anlier.

Le circuit 2002 suivra le tracé historique : Bastogne, St-Hubert, Libramont, Neufchâ-teau, Habay-la-Neuve, Arlon et enfin, retour à Bastogne.
Les manifestations débuteront le vendredi 12 juillet. Mais ce sont le samedi 13 et le dimanche 14 juillet que le grand public pourra admirer le spectacle des défilés d’anciens véhicules.

Samedi, vers 8 heures, au départ de Bastogne, les véhicules ayant participé aux épreuves de 1902 à 1907 prendront la route en direction de St-Hubert-Libramont-Neufchâteau pour rejoindre Arlon. Ces voitures seront également accompagnées de marques et modèles similaires, ainsi que tous véhicules construits jusqu’à 1918. Dimanche, ce sera au tour des catégories de véhicules construits de 1919 à 1927 et de 1928 à 1939 à rouler sur les traces des premiers champions. Au total, cinq cents véhicules sont attendus. Quatre-vingts voitures construites jusqu’à 1918 sont déjà inscrites pour le parcours du samedi. L’horaire des haltes dans les différentes villes, établi en fonction du nombre d’inscriptions, sera communiqué prochainement. De multiples animations viendront enrichir le programme. Il faut donc être attentif aux publications régionales qui devraient annoncer prochainement le détail de ces activités. Retenons déjà qu’une brocante de pièces anciennes Volkswagen se tiendra à Bastogne. A Saint-Hubert, une exposition consacrée à l’histoire des plaques émaillées sera présentée au Palais abbatial. Par ailleurs différentes expositions historiques auront lieu dans les villes traversées par le cortège de véhicules d’époque. Le programme des festivités comprendra aussi des expositions de véhicules anciens, une concentration de tous les Oldtimers de plus de vingt-cinq ans, des gymkhanas, des concours, des groupes folkloriques... Espérons que le succès sera au rendez-vous comme il y a cent ans !

Guy Pierrard : récit d’une épopée automobile

Depuis 1995, Guy Pierrard, libraire à Neufchâteau et membre du cercle d’histoire, s’est lancé à la recherche des souvenirs laissés par la première course automobile en circuit routier. Les sources d’informations et d’illustrations sont encore nombreuses, toutefois très dispersées et souvent conservées comme de précieux trésors livrés au public avec parcimonie. Guy Pierrard est allé frapper à la porte des collectionneurs passionnés pour solliciter leurs archives.

Au fil des années, Guy Pierrard a réuni photos et textes d’époque, lui permettant de retracer le récit de cette fabuleuse épopée automobile. A l’occasion de “l’Historic Commémoration 1902-2002”, Guy Pierrard publie, chez Weyrich Edition, le résultat de ses recherches dans un livre intitulé tout naturellement “Le Circuit des Ardennes”. Nonante-six pages surprenantes qui remettent au jour les passions suscitées par cette course hors du commun. Dans les propos de l’époque qui témoignent souvent de l’excitation générale, Guy Pierrard parvient sans difficulté à plonger les lecteurs dans la folle ambiance de ce début du siècle qui voit la naissance de la légende du sport automobile. Ainsi, l’auteur nous promène d’abord sur les quais de la gare de Bastogne où les voitures, engins spectaculaires, fascinent la foule dès leur débarquement. Une foule présente partout : bousculade sur la ligne de départ, encombrement des fossés tout le long du circuit, chahut à l’arrivée... les spectateurs affluent de tout le pays ! La course est un triomphe, même la presse applaudit jusqu’à Paris. Le Circuit des Ardennes est supérieur à toutes les autres courses. La route belge est en général atroce, ce qui n’est pas le cas dans la province de Luxembourg épargnée par le pavé, écrit-on !

la toute première course sur circuit routierL’organisation est exemplaire et la lutte acharnée jusqu’à la fin. Les pilotes foncent à toutes allures, jusqu’à 130 kilomètres à l’heure à certains endroits !
Au fil des pages, Guy Pierrard nous emmène donc dans la grande aventure du Circuit des Ardennes. Dans un nuage de poussière, on traverse Bastogne, Longlier, Habay, Arlon... Le récit est passionnant comme cette fabuleuse course qui se renouvellera tous les ans jusqu’en 1907 pour émigrer ensuite vers Spa, et puis vers Francorchamps.
L’ouvrage sera disponible en librairie à partir du 23 juin.
O.W.

Le Circuit des Ardennes, 250 x 210 mm, 96 pages, 63 photographies d’époque en noir et blanc, deux choix de couverture : cartonnée avec jaquette ou souple avec rabats, respectivement 29 et 22 euros.

Il y a cent ans, naissait une légende du sport automobile belge : le “Circuit des Ardennes”, la première course sur circuit routier. Pour commémorer ce centenaire, un nouveau circuit fera revivre l’atmosphère de l’épreuve sur le périmètre routier historique.

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