| 17 mai 2004 - n°238, 239, 240 et 241
Le moulin des sculpteurs
Depuis 1999, année du 800e anniversaire de la ville de Neufchâteau, une étrange sculpture se dresse majestueusement à une entrée de notre cité. Réalisée par Jean-Claude Gruslin, cette œuvre d’art mêle les matériaux ancestraux arrachés à la terre d’Ardenne : le schiste de Warmifontaine et le sapin. Intitulé « Vers Demain », cet édifice monumental synthétise à la fois le passé et l’avenir à travers la vision fulgurante d’un artiste à la modestie aussi grande que le talent. Si comme le prétendait Brel, « le talent c’est l’envie » on peut considérer que l’envie de transmettre est au cœur de l’acte créatif de Jean-Claude. Menuisier de profession, il a développé une dextérité manuelle mise au service d’une vision résolument contemporaine de son oeuvre. Après avoir suivi des cours de dessin et de céramique à l’Académie d’Arlon, il a progressivement élaboré son propre style à force d’observations, de rencontres et d’analyses. En autodidacte passionné, il coupe, scie, fore, soude, malaxe les matériaux les plus divers pourvu qu’ils soient supports d’imaginaire. Il a participé à de nombreux symposiums à travers le monde. Du Canada, à l’Allemagne en passant par la France, il est parvenu à séduire de nombreux jurys par l’audace et la modernité de ses projets. Il semble que, comme souvent, ce soit notre pays qui tarde à le découvrir. « Atelier sculpture » dans les caves du moulin Bien que dernièrement l’artiste ait cédé une de ses œuvres pour orner la salle de la députation permanente provinciale à Arlon. N’exposant plus depuis deux ans, Jean-Claude Gruslin a répondu favorablement à l’appel lancé par l’échevinat de la culture chestrolais et depuis octobre 2003, chaque jeudi, un petit groupe de passionnés se retrouve dans le sous-sol du Moulin Klepper pour partager leur passion de la sculpture. Jean-Claude ne se considère pas comme un professeur « classique », il se voit plutôt comme un éveilleur, un passeur au service de ses élèves. Aucun bagage artistique particulier n’est exigé et toutes les techniques sont abordées avec la volonté essentielle de laisser s’exprimer la plus grande liberté possible. Le « professeur » est là pour pousser les élèves dans une démarche adaptée à chacun. Il donne les grandes directions, les axes fondamentaux qui permettent une structuration progressive de l’imaginaire particulier à chaque apprenant. L’essentiel est d’oser aborder des chemins en dehors des sentiers battus. Jean-Claude voudrait insuffler à ses cours une véritable dimension artistique contemporaine afin d’éviter le côté parfois artisanal de certains enseignements.
Dès les beaux jours revenus, les cours reprendront et Jean-Claude envisage, en fin d’année scolaire, une exposition des œuvres réalisées. La pelouse adjacente au Moulin Klepper se révèlerait un lieu idéal pour la mise en valeur de sculptures parfois monumentales. Concrètement, les cours se déroulent tous les jeudis de 19h30 à 21h30 et il reste encore quelques places disponibles. L’eau, la terre, la pierre, le bois,
le silence, autant d’éléments rassemblés en
un seul endroit au cœur d’une ville, voilà une oasis
de liberté rare et inestimable. Conservons-la précieusement.
P. Dabe
Grandvoir va en voir de toutes les couleurs !
Représentation les 13, 20 et 27 mars. Rideau à 20 heures.
Vie et mort de nos mares
Les milieux humides n’ont généralement pas la cote auprès du grand public qui les considère comme des cloaques malodorants, des nids à moustiques ou tout simplement des zones non productives. Et pourtant, les milieux humides jouent un rôle fondamental dans la régulation du régime de l’eau et possèdent une grande diversité biologique, sans oublier leurs fonctions économiques (pêche…) ou culturelles (aires de détente…). D’autre part, l’aménagement de mares dans les jardins privés connaît actuellement un grand engouement. Si la création de tels plans d’eau est significative de l’intérêt croissant porté à la nature, elle s’accompagne malheureusement souvent de comportements pas très écologiques. Mieux connaître les zones humides, leur origine, les causes de leur régression, leur protection, mieux comprendre les bons gestes à poser pour créer une mare chez soi, voilà certains des sujets qui seront abordés lors de cette « ciné-conférence ». Mais avant de préciser le déroulement de cette soirée, un peu d’histoire… L’origine des étangs et des mares ? La plupart des milieux aquatiques d’eau stagnante trouvent leur origine à la fin de la dernière glaciation (il y a 10000 ans). Les étangs et les mares se forment dans des creux du sol lorsque celui-ci est imperméable. Des pièces d’eau peuvent ainsi naître près des sources. Cependant, la plupart des étangs et mares sont d’origine humaine et remontent au Moyen Âge. Dans des sites naturellement humides, le creusement ou l’installation de digues sommaires ont créé des pièces d’eau pour les besoins des activités humaines : abreuvoirs pour le bétail, mares pour l’élevage des canards, réserves d’eau pour les incendies, bassins pour le trempage des osiers, viviers pour l’élevage du poisson… Aux xve et xvie siècles, de nombreux plans d’eau ont vu le jour, à la suite de la construction de barrages sur divers petits cours d’eau. Ces retenues d’eau fournissaient l’énergie hydraulique aux forges établies notamment dans l’Entre Sambre-et-Meuse ou dans la vallée de la Semois. L’étang du domaine des Épioux (Florenville) et l’étang de Virelles sont nés de cette façon. Plus récemment, le développement de diverses activités extractives, telles que l’exploitation de sablières, gravières, houillères, a provoqué l’apparition de cavités qui se sont peu à peu remplies d’eau à la suite de l’abandon de ces activités industrielles. Une faune riche et variée Une mare fourmille d’animaux divers : à la surface de l’eau, on remarquera des espèces comme le gerris (punaise d’eau) ou l’hydromètre ; dans l’eau libre, on rencontrera les dytiques et les notonectes ; sur la végétation submergée, on observera les larves de libellule ou d’éphémère et enfin dans le fond, on découvrira les aselles, les tubifex ou les phryganes. Au début du printemps, grenouilles, crapauds et tritons regagnent la pièce d’eau qui les a vus naître pour s’y accoupler et déposer leurs œufs. Une autre vaste biodiversité est
présente dans nos étangs et sera présentée
lors de cette conférence. La soirée se déroulera de la façon suivante :
Une soirée instructive et conviviale pour bien entamer les premiers jours du printemps. P. Dabe Info et réservations : 061 27 88 67.
« Résonance » : un spectacle au service du cœur
« En province de Luxembourg, en 2003, 186 personnes se sont fait connaître auprès du Comité comme porteuses de la sclérose en plaques. Cette maladie n’étant pas reconnue comme handicap structurel, elle ne bénéficie pas d’indemnité particulière… » Ces mots de Victor Billion, président du Comité de la province de Luxembourg de la Ligue belge de la Sclérose en plaques, illustrent tragiquement l’importance d’aider et d’informer les malades et le grand public sur la nature et les conséquences de cette maladie dégénérative qui peut parfois alourdir le handicap de la personne atteinte au point de la rendre grabataire et dépendante d’autrui. Grâce à de nombreuses récoltes de fonds comme la vente annuelle de chocolats et des dons, le Comité dispose d’environ 65 000 _ par an servant, par exemple, à payer deux assistances sociales à mi-temps qui couvrent toute la province. Mais le besoin croissant et incessant de fonds nécessite des actions particulières comme ce spectacle unique proposé au Centre du Lac. L’art du partage Musique, danse, chorégraphie et poésie : un programme varié pour une soirée d’exception. La prestigieuse musique du XVIII siècle sera illustrée par deux grands compositeurs : en première partie de spectacle (dite «Prélude ), place à J.-B. Bodin de Boismortier. Ce Lorrain, né à Thionville, qui écrivit des opéras-ballets (Daphnis et Chloé) a surtout composé pour les instruments et particulièrement pour la flûte. Peu connu du grand public actuel, il a néanmoins été l’un des premiers musiciens français à adopter la forme encore nouvelle en France du concerto italien en trois parties. Son style gracieux et élégant en fait l’un des artistes les plus représentatifs de son temps. Une chorégraphie inspirée par le côté superficiel, joyeux et coquin de l’époque accompagnera la musique et alternera avec la poésie de Charles d’Orléans et de Pierre de Ronsard. La seconde partie de la soirée (dite «Vibrations ) fera la part belle à l’œuvre de J.-S. Bach dont les œuvres ne cessent d’apporter aux mélomanes du monde entier son indicible rayonnement de foi, d’équilibre serein et de lumière. Un ensemble de suites et sonates chorégraphiées de ce maître du baroque s’articulera autour de textes de poètes du xiie au xxe siècle : Marie de France, Pierre de Ronsard, Charles d’Orléans, Paul Éluard, Paul Valéry, Catherine Pozzi. Ce spectacle nécessite l’investissement constant et interpellant d’artistes réunis pour cette occasion unique. Trois musiciens : Marie-Anne Dachy (clavecin), Hervé Douchy (violoncelle baroque) et Xavier Haag (traverso) joueront, notamment, la sonate opus 37 pour flûte et continuo et la 6e suite en la pour flûte et basse de Bodin de Boismortier ; la 3e suite pour violoncelle solo et la Partita BWV 1013 de Jean-Sébastien Bach. Une soliste et chorégraphe : Daniela Lucà (danseuse et chorégraphe prestigieuse). Une voix : Agnès Pire, comédienne « amateur » formée aux cours d’Art de la parole de l’Académie de Bertrix et coutumière des scènes provinciales et un groupe de danseuses dont des élèves des ateliers de la danse de Neufchâteau et de l’Académie de musique conduits par Daniela Lucà, Sophie Yernaux et Yvette Schenéder. Cet écrin artistique sera illuminé par les éclairages de Jean Vinclair et sonorisé par Yvan Delplancke. Tout semble donc réuni pour que ce spectacle ambitieux face date dans les esprits et dans les cœurs. Et que l’altruisme s’allie une fois de plus à l’artistique. Résonance est un appel lancé à votre générosité. Pas seulement un appel à donner de l’argent ou du temps mais surtout le désir d’offrir et d’accueillir une écoute, un regard, une sensibilité. P. Dabe Réservations souhaitées : Librairie Oxygène 061 27 15 12.
Freux : « Les Charlots » à la fête Depuis 1993, la troupe théâtrale des « Charlots » de Freux anime annuellement des soirées spectacles qui attirent de plus en plus de monde. Un rendez-vous de qualité au service de la convivialité et de la bonne humeur.
Cette année, « les Charlots » s’attaquent à une pièce difficile de Ray Cooney : Espèces menacées. L’auteur anglais, maître incontesté du théâtre de boulevard contemporain à qui l’on doit notamment Panique au Plaza ou Impair et pères, signe ici une œuvre trépidante, remplie de quiproquos, de surprises et de coups de théâtre. Cette pièce a d’ailleurs été adaptée et jouée par deux acteurs français garants d’un humour de qualité : Michel Blanc et Gérard Jugnot. Le thème de la pièce ? Le soir de son anniversaire, Yvon quitte son bureau de comptable avec dans sa serviette, son écharpe, ses gants et un reste de sandwich gruyère-tomate. ça, c’était avant un échange fortuit car désormais c’est quelque 7 millions qui se trouvent dans la mallette. Voilà une trouvaille qui peut donner des envies de tout planter là pour se la couler douce au soleil. Malheureusement, plus facile à dire qu’à faire pour un Yvon coincé entre une femme pas très emballée par l’idée de partir, un couple d’amis qui doit venir dîner, deux inspecteurs et un chauffeur de taxi plutôt envahissant… Tout est en place pour aller tout droit vers le rire et l’aventure. Le secret de la réussite dans la représentation d’une telle œuvre tient avant tout dans le rythme et l’énergie que les comédiens doivent insuffler à chaque représentation. La moindre chute de tempo peut être fatale. Mais les « Charlots » ont déjà fait la preuve de leur enthousiasme et de leur générosité. Issu du patro de Freux, cette bande de copains s’est progressivement mutée en troupe organisée où chacun s’est réparti les rôles et les fonctions. Des membres fondateurs, il ne reste plus que Francis Lanners qui, en véritable pilier de la troupe, s’évertue à maintenir le projet sur ses bases. La condition sine qua non pour appartenir à la troupe est d’être habitant de Freux. Cette exigence qui pourrait paraître radicale pose parfois des problèmes au metteur en scène qui voudrait étoffer son choix de pièces et de comédiens mais elle assure également le maintien d’un cachet local. Les répétions ont commencé en janvier à raison de deux soirées par semaine selon un calendrier très précis. Sous la houlette de José Léonard, metteur en scène et maquilleur qui a succédé à Charles Benz, les comédiens prennent peu à peu leurs repères par rapport à un texte exigeant. Le découpage des scènes oriente et structure les répétitions qui se déroulent dans une bonne humeur apparente. Les lectures du texte à la table ont très vite laissé place à la direction des comédiens et au réglage des déplacements. Le metteur en scène insiste sur l’importance d’un théâtre physique où les choses se concrétisent progressivement en écoutant et en orientant les acteurs. Pour la première fois, la troupe a pu disposer de la salle de spectacle dès le début des répétitions, ce qui permet directement de prendre possession de l’espace de jeu et d’affiner l’interprétation. Pour José Léonard, une mise en scène doit avant tout être fonctionnelle et efficace, le but est que le public y retrouve chaque année la même ambiance et les mêmes repères. C’est également dans cette optique que José a adapté légèrement le texte original en modifiant certaines tournures de phrases ou en élaguant des passages jugés mal à propos. La régie son et lumière dirigée par J. Etienne et le décor apportent la touche finale à des représentations qui s’annoncent déjà sous les meilleurs auspices. A l’heure où vous lirez ces lignes, la première représentation aura déjà eu lieu mais il vous reste les soirées du vendredi 30 avril et des samedis 24 avril et 1er mai pour saluer et encourager les « Charlots » dans leur nouveau défi. P. Dabe Réservations souhaitées : 061 22 39 87 ou 061 22 33 79 |
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