17 mai 2004 - n°238, 239, 240 et 241

Léglise

Le chêne est mort. Vive le chêne ?

Le chêne est mortDans notre dernier numéro, nous évoquions sommairement dans notre éditorial la triste fin du grand chêne de Les Fossés. Depuis cet épisode, de nombreuses voix se sont fait entendre pour exprimer leur émotion et leur tristesse. En effet, cet arbre plusieurs fois centenaire était un symbole de force et de vie pour beaucoup d’habitants du village. Sa fin interpelle inévitablement. Face à la critique, les propriétaires du chêne expliquent qu’ils ont cédé à la suite de l’ordonnance de police et c’est bien compréhensible. Mais au fait, l’arbre méritait-il un sort si radical.

Je suis retourné à Les Fossés examiner de plus près cet arbre abattu. Était-il si mal en point ? Malgré une grande plaie haute de plus de deux mètres, sa souche présente une santé vigoureuse. «Pourquoi cet arbre représentait-il un danger ?» pensai-je en me souvenant de l’ordonnance de police.

«Attendu qu’il y a lieu de prendre les mesures utiles pour éviter tout accident ; arrête : endéans les quinze jours, le site doit être sécurisé par le propriétaire du terrain sur lequel se dresse le chêne malade, monsieur (...) est donc autorisé à abattre l’arbre.» L’ordre était donné.

Et c’est donc avec regret que le propriétaire se voit obligé d’organiser l’exécution. Que devait-il faire d’autre?

Face au chêne, vit un homme dont le métier est de s’occuper de la nature. Depuis qu’il a bâti là, il se sentait un peu le gardien du grand chêne. « Je n’ai jamais pensé qu’un jour il tomberait. Et pourtant c’est arrivé si vite! » explique Guy Louppe affichant une mine en colère.

L’argument du danger le fait sourire. « Bien sûr des branches ont cassé, comme sur ses voisins les tilleuls, lors des gros coups de vent de l’été dernier. Bien des arbres ont été déracinés dans nos campagnes. Mais le chêne n’a pas montré de signes de faiblesse. Il tenait toujours bien debout. Ce n’était pas un géant au pied d’argile. Son feuillage nous revenait chaque printemps, toujours aussi vert et vigoureux. Les forestiers ne disent-ils pas : le feuillage est à l’image des racines ? ».

Guy Louppe ne l’a toujours pas digéré. « Comment une persos ne disent-ils pas : le feuillage est à l’image des racines ? ».

Guy Louppe ne l’a toujours pas digéré. « Comment une personne peut-elle décider ou influencer le destin d’un patrimoine aussi précieux ? »

Depuis cette rencontre, la colère a quitté notre homme. Mais le paysage qu’il voit chaque jour par sa fenêtre présente un trou béant. Il ne lui reste maintenant plus que le souvenir...

« Je n’en veux pas au propriétaire, me répète Guy Louppe au téléphone, je l’ai rencontré. Nous avons parlé et nous avons décidé de ne pas en rester là. L’arbre était un symbole pour les habitants du village... Nous allons donc replanter et rendre à l’endroit son caractère magique ! »

Je n’en saurai pas plus. Mais il m’a promis que l’on en reparlerait !

Les arbres et les haies remarquables sont protégés en raison de leur valeur esthétique ou paysagère. Le code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du patrimoine prévoit de répertorier toute une série d’arbres et de plantations dont l’intérêt justifie leur conservation. Malheureusement, ce n’est pas le papier qui protège les arbres… c’est bien connu !

Évidemment, on peut réfléchir comment mieux défendre les arbres dont l’intérêt est réel. Mais comment empêcher quelqu’un qui est bien décidé à couper son arbre? Du bon sens vaut-il mieux qu’une sévère amende ?

Toujours est-il que je pense qu’il n’y a rien de sot à défendre la sauvegarde d’un grand arbre. Il y a certainement plus de sagesse dans un grand chêne qui a vu naître et périr des générations d’hommes, qui eux ont bien du mal à préserver le patrimoine qui les entoure.

Ol. Weyrich

La gare de Mellier rajeunie !

La gare de Mellier rajeunie !Les travaux de rénovation de l’ancienne gare du chemin de fer, à Mellier, ont débuté le 1er mars dernier. à la fois rajeunie et modernisée, la gare deviendra la nouvelle maison de village suivant le souhait formulé par les habitants lors des consultations du PCDR.

Saviez-vous que la gare de Mellier fut à l’origine du chemin de fer belge, la gare d’Arlon ? Nous manquons ici de détails sur ce déménagement. Mais fort probablement un lecteur bien veillant ne manquera pas de nous aider à vous livrer davantage d’informations dans un prochain numéro...

Ce qui nous occupe aujourd’hui, ce sont les travaux de rénovation de cette ancienne gare. Celle-ci vient tout récemment de perdre son habit blanc auquel tous les habitants de Mellier et des environs étaient si habitués. En effet, à la suite de travaux de rénovation, la gare livre aujourd’hui un profil bien plus coloré. Briques rouges et pierres de France offrent à la bâtisse des airs de jeunesse.

Les travaux de rénovation de la gare de Mellier s’inscrivent dans le cadre du PCDR (Plan Communal de Développement Rural). Pour rappel, c’est en 1995 qu’ André Lecomte et sa nouvelle équipe fraîchement élue lancent une consultation de la population, étape préalable pour définir le programme de développement communal. Ce dernier sera reconnu officiellement par le gouvernement wallon en 1998. Il s’agit d’un programme décennal qui trouvera son terme en 2008.

« La rénovation de la gare était un souhait important des habitants de Mellier, rappelle le bourgmestre. Le village manquait de locaux pour les activités locales et les renions de familles. Il s’imposait donc que le PCDR apporte une solution à cette demande. »

Ces travaux font partie de la convention dite « 1999 » qui comporte la rénovation de la gare de Mellier et de la maison de village d’ébly, ainsi que l’aménagement des abords de l’église de Volaiville et d’un carrefour à Thibessart. Ces travaux d’aménagement sont terminés depuis six mois environ. Ceux qui concernent la rénovation de la salle d’Ebly ont débuté début de ce mois de mars. La fin à Mellier est prévue pour fin août si tout se déroule bien et dès septembre devrait s’y tenir une exposition consacrée à l’histoire de la gare, ceci à l’occasion des journées du patrimoine.

L’estimation totale des travaux s’élève à 19,8 M d’anciens francs. Dix millions ont été accordés dans le cadre de l’assainissement d’anciens sites économiques désaffectés (SAED). Le solde est partagé entre la Commune et la Région wallonne pour respectivement 20 % et 80 %.

Enfin, l’administration communale vient d’apprendre l’acceptation du dossier d’aménagement de la place, devant la gare. La Commune bénéficiera de subventions européennes à hauteur de 80 %. Ce dernier projet permettra l’embellissement des lieux et surtout la sécurisation du site en rendant les quais inaccessibles au public. Pour rappel, les trains ne s’arrêtent plus à Mellier et sont loin de traverser le village à 50 km/h !
Enfin, la gare retrouvera son cachet d’origine puisqu’un crépi blanc cassé viendra couvrir les briques.

Rendez-vous donc en septembre prochain pour découvrir la « nouvelle maison de village de Mellier » ou « l’ancienne gare rénovée », c’est comme vous préférez !

Ol. Weyrich

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