17 mai 2004 - n°238, 239, 240 et 241

Neufchâteau

Etape importante pour le PCDR

Début de l’an dernier, Neufchâteau recevait l’accord du gouvernement wallon pour commencer son " Programme communal de développement rural ". Un an est déjà passé depuis le feu vert donné par le ministre de la Ruralité, José Happart. Entre-temps, la commune s’est adjoint les services de la Fondation rurale de Wallonie pour l’accompagner dans ses réflexions et la mise en œuvre de son programme. Après une première phase d’étude toujours en cours, une phase de concertation de la population va commencer dans les toutes prochaines semaines. C’est un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer !

Une opération de développement rural consiste en un ensemble coordonné d'actions de développement, d'aménagement et de réaménagement, entreprises en milieu rural par une commune, dans le but de sa revitalisation et de sa restauration, dans le respect de ses caractères propres et de manière à améliorer les conditions de vie de ses habitants au point de vue économique, social et culturel.

Une opération de développement rural, c'est tout d'abord une réflexion sur l'ensemble des aspects qui font la vie d'une commune rurale : l’agriculture, l’économie, l’emploi, l’aménagement du territoire, l’urbanisme, l’environnement, la mobilité, l’action culturelle… Ce sont ensuite des projets qui combinent souvent plusieurs de ces éléments.

Pour permettre de définir ce programme et ensuite le mettre en œuvre, les élus et la population sont invités à réfléchir ensemble à leurs besoins. Début avril, les premières rencontres auront lieu dans les différents villages de la commune. Ces réunions de village permettront à chaque citoyen qui le désire de réaliser avec d'autres l'état de la situation de la commune, de définir des objectifs de développement et les projets à mettre en œuvre. Rappelons toutefois qu’il appartient au conseil communal de décider de réaliser ou non tel ou tel projet.

Pour évoquer cette étape importante du «PCDR» — les habitants de la commune de Neufchâteau vont devoir s’habituer à cette appellation — , nous avons interrogé Olivier Jadoul, échevin en charge de ce dossier important.

L’info : Comment vont se dérouler les prochaines rencontres avec la population ?

O. Jadoul : - Onze rencontres sont prévues dans les différentes sections de notre commune, soit, d'ici fin juin, une rencontre par semaine dans chaque village ou groupe de villages, et la dernière à Neufchâteau. Ce sera l'occasion pour le public de prendre connaissance du travail réalisé par le bureau d'études Lacasse-Monfort, qui a sillonné pendant six mois notre commune, collectant une masse d'informations, interrogeant les personnes-ressources et impliquant nos différents services communaux dans toute une série de recherches. Le résultat donne un profil assez précis de notre commune, avec ses atouts et ses faiblesses, et avec ses potentialités. Cette vaste enquête sera donc présentée et commentée dans chaque village et à Neufchâteau, et chacun aura l'occasion de donner son avis et d'exprimer ses souhaits. Le but de ces rencontres est d'élaborer ensemble des projets pour le développement de notre commune, en s'appuyant sur les attentes et l'expérience de ses habitants. Chaque soirée se terminera autour d'un verre, qui sera aussi l'occasion de poursuivre, de façon décontractée et amicale, la discussion.

L’info : Que va-t-il se passer à l’issue de ces rencontres et des idées qui vont s’en dégager ?

O.J. : - Nous ne nous contenterons pas de présenter l'étude réalisée et de collecter les avis du public : nous inviterons également toute personne intéressée, suivant ses compétences, ses disponibilités ou simplement ses envies, à participer à l'un ou l'autre des groupes de travail que nous allons mettre sur pied. Ces groupes de travail développeront plus concrètement les idées proposées sous forme de projets. Ils se mettront à l'ouvrage dès après les grandes vacances. À l'issue de ces séances de travail, le bureau d'études Lacasse-Monfort reformulera les projets développés pour les présenter sous forme de fiches-projets, qui feront l'objet de notre PCDR. Ce sont ces fiches qui seront présentées au Gouvernement wallon – après passage dans toute une série d'instances officielles – pour accord et subventions.

L’info : Personnellement, qu’attendez-vous de ces premières rencontres avec la population ?

O.J. : - Outre l'intérêt financier évident de la démarche – il faut savoir que les projets retenus dans le cadre de notre PCDR seront susceptibles d'être subventionnés à 80% par la Région wallonne, ce qui n'est pas négligeable pour une commune en difficulté budgétaire comme la nôtre – il y a d'abord le fait de donner la parole aux gens. Qui mieux que les habitants d'un village ou d'un quartier pourrait savoir ce qui est bon pour eux ? Un projet n'a de chance d'aboutir que s'il est proposé, porté et défendu par les gens à qui il est destiné. Et puis, n'y a-t-il pas plus dans plusieurs têtes que dans une ? L'intérêt de notre programme de développement rural est qu'il sera l'affaire de tous. Nous attendons beaucoup de ces rencontres. Elles sont l'essence même du PCDR. Ce sont elles, c'est cet échange, c'est ce dialogue qui donne tout son sens et toute sa richesse au projet. On ne voudrait pas que cette étape primordiale soit escamotée ou négligée. Si elle est réussie, on pourra considérer, d'ores et déjà, que c'est gagné. Le reste coulera de source. Pour un Echevin de la Participation, l'intérêt du PCDR, c'est d'abord ça : donner à chaque citoyen la possibilité d'influer sur ses choix, c'est-à-dire de participer à la Politique – au sens noble du terme.

Le bulletin communal devrait être un outil important pour informer la population quant à l’évolution de ce vaste programme. Il faut donc y être attentif. L’échevin Olivier Jadoul en charge du PCDR est également responsable de la brochure communale. Nul doute qu’il s’en servira pour expliquer clairement ce vaste projet qui tient à coeur au groupe Écolo.

Enfin, nous ne pouvons qu’encourager la population à participer à cette consultation visiblement bien mieux organisée que celle annoncée pour la rénovation urbaine, un dossier qui reste l’exclusivité de quelques élus et têtes pensantes de l’administration communale.

Propos recueillis par Ol. Weyrich

Une nouvelle station d’observation

Une nouvelle station d’observationFort de son expérience et du succès qu’il rencontre, le club d’astronomie Centre-Ardenne, conduit par l’énergique Giles Robert, se lance dans un nouveau projet ambitieux : construire un observatoire digne de ce nom. Le projet est à l’étude depuis de nombreux mois déjà. Mais d’ici peu, Giles Robert et son équipe vont donner les premiers coups de pioches.

L’astronomie est une science qui passionne une foule grandissante. L’avancée technologique permet à l’homme de multiplier ses découvertes, plus captivantes les unes que les autres. L’univers recèle des richesses inépuisables et sa conquête est sans nul doute un grand projet qui nous fait rêver.

Malheureusement, l’observation du ciel devient de plus en plus difficile. La pollution lumineuse est croissante et oblige amateurs et passionnés à s’éloigner des métropoles pour étudier notre voûte céleste. Partant de ce constat, le club d’astronomie qui compte déjà seize ans d’activité et qui s’est forgé une belle expérience dans l’organisation de stages, a imaginé la construction d’une station d’observation implantée au cœur de l’Ardenne, là où le ciel offre des conditions idéales d’observation.

Le Centre-Ardenne, la région spadoise et celle de Mariembourg, sont les trois dernières régions belges où l’observation du ciel reste correcte. Forts de cet atout, Giles Robert et son club d’astronomie ont convaincu la commune de Neufchâteau d’investir dans leur projet.

« La première difficulté qu’il a fallu surmonter, explique Giles Robert, était de trouver un site répondant aux exigences pratiques. Finalement, nous l’avons trouvé à Grapfontaine, non loin du château d’eau. La commune a accordé la mise à notre disposition d’un grand terrain qui bénéficie d’un dégagement à 360°. Il est éloigné des habitations, accessible par la route, le parking y est aisé et nous aurons l’avantage du confort électrique », souligne Giles Robert.

Le nouvel observatoire pourra accueillir jusqu’à cinquante personnes à la fois. Le bâtiment abritera une salle de conférences, un grand espace d’accueil comprenant un coin bar, un guichet, des sanitaires et un local de rangement. « Jusqu’à maintenant, notre coupole installée à Mon Idée n’offre aucun confort. Il y a juste la place pour deux ou trois personnes, celles qui jettent un œil dans la lunette. Les autres doivent patienter dehors, dans la nuit et le froid. L’attente est quelquefois longue et ennuyeuse. Lorsque nous disposerons de ce nouvel observatoire, nous aurons des locaux permettant à nos visiteurs de patienter intelligemment, au chaud avec la possibilité de prendre une tasse de café ! » commente le président des astronomes ardennais. Et mieux, ajoute-t-il, nous pourrons présenter, en temps réel, sur grand écran, l’image du ciel observé par celui qui sera dans la coupole. »

L’observatoire sera équipé de deux coupoles mesurant chacune quatre mètres de diamètre. Elles sont volontairement construites à des niveaux différents pour permettre une observation à 360°. La plus basse des deux sera accessible aux visiteurs amateurs, groupes et autres touristes. La coupole la plus haute sera réservée aux observations scientifiques. Seul petit bémol, Giles Robert regrette qu’aucune des deux ne soit accessible aux personnes à mobilité réduite. « Pourtant, nous y avons été attentifs dans notre projet, mais ce sont les contraintes de l’urbanisme qui nous ont obligés à abandonner l’idée de rehausser la base de la coupole ».

Deux autres coupoles, indépendantes de l’observatoire, seront également construites sur le site de Grapfontaine. L’une d’entre elles sera aménagée en veillant à son accessibilité pour personnes handicapées. L’autre sera vide et permettra ainsi à ses utilisateurs d’observer le ciel avec leur propre matériel.

Au point de vue du financement, le club d’astronomie peut compter sur une aide communale à hauteur de 10000 E et une subvention provinciale de 5000 E. Le projet Interreg III est aussi sollicité. En ce qui concerne la logistique, le Forem offre une aide appréciable au projet. Le début des travaux est prévu ce printemps. L’objectif est d’entrer dans le nouvel observatoire d’ici deux ans.

Rendez-vous donc à Grapfontaine au printemps 2006 pour jeter un oeil sur notre voûte céleste !

Ol. Weyrich

Une centenaire alerte !

Le 24 avril prochain est organisée une grande marche de solidarité (4 ou 8 km). C’est la Conférence de Saint-Vincent de Paul qui a eu cette initiative. Mais au fait, qu’est-ce que cette conférence ?

En Belgique, la Société de Saint-Vincent de Paul fut fondée à Bruxelles dès 1842, par une douzaine de jeunes gens dont l'animateur était Edmond Van Gansbergh. Solidement établie depuis plus de 160 ans, la Société de Saint-Vincent de Paul compte actuellement 342 conférences et 56 centres à travers le pays.
Les conférences sont en quelque sorte les cellules de base de la Société de Saint-Vincent de Paul. Elles se rattachent généralement à une paroisse sur le plan géographique et se composent exclusivement de membres actifs bénévoles.

Suivant sa localisation en Belgique, chaque conférence ou centre dépend d'un conseil provincial. Il y en a neuf, plus un pour la région bruxelloise. Ces dix conseils sont à leur tour chapeautés par le Conseil National.

La conférence Saint-Vincent de Paul de Neufchâteau est centenaire. Elle a été fondée vers 1903, mais l’on ne connaît pas ses membres fondateurs. Aujourd’hui le comité compte sept membres et lance un appel aux personnes dévouées prêtes à les rejoindre. Le groupe se réunit une fois par mois et son action rayonne sur l’ensemble du doyenné de Neufchâteau. La conférence vit de dons uniquement et de la charité. Ceux-ci permettent de venir concrètement en aide aux plus démunis de notre société.

Jean-Marie Eppe et son épouse, très actifs au sein de la conférence chestrolaise, nous expliquent : «Nous aidons une trentaine de familles en détresse sociale. Notre aide se traduit essentiellement par le don de colis de nourriture. Nous les confectionnons suivant les besoins des ménages et en fonction des saisons. Mais ce n’est pas une distribution automatique. Nous prenons le soin de nous assurer que cela correspond à un vrai besoin.» Outre l’aide matérielle, les membres de la conférence s’emploient aussi à offrir une aide morale, un réconfort ou un moment de parole pour essayer de briser la solitude ou l’angoisse.

Afin de réunir de nouveaux moyens et de sensibiliser le public à la nécessité d’être solidaire, la conférence Saint Vincent de Paul organise une marche de 4 ou 8 km au départ du cercle St-Étienne, à Longlier, le samedi 24 avril à 17 heures. La marche sera suivie, pour ceux qui le désirent, d’un souper spaghettis. (PAF : 10 E pour les adultes et 6 E pour les enfants – info : 061 27 10 77).

Conférence Saint-Vincent de Paul : compte n° 034-1908386-70

Le château fait sa place

Le château fait sa placeLancée dans la foulée des commémorations du 800e anniversaire, l’idée de la construction d’une maquette à l’échelle 1/20 de l’ancien château chestrolais a débouché sur la découverte d’intéressants vestiges. Rencontre avec Christian Kellen, concepteur de ce projet original, à l’aube d’une nouvelle phase d’importants travaux.

En juillet 2000, à l’occasion de l’inauguration officielle de la maquette du château dominant la ville, Christian Kellen et quelques bénévoles avaient remis au jour une part importante de l’ancien donjon. En 2001, un sondage réalisé par les archéologues de la Région wallonne avait permis de calculer que la base de la tour était pleine et que son diamètre était de quatorze mètres cinquante. Des travaux importants ont depuis dégagé une plus grande superficie et ont permis de remonter les murs jusqu’au niveau actuel de la place du château. Face à l’ampleur des terrassements, la commune a construit en janvier 2004 un escalier permettant aux élèves de l’Institut Saint-Michel voisin de descendre plus aisément vers le secteur du Hays. Cette collaboration avec les autorités communales annonce de nouveaux aménagements prévus cette année.

Des synergies internationales

Fin avril, une équipe de L’EFT (Entreprise de Formation par le Travail) transportera des terres afin d’aménager les abords du château. Un parterre de plantations subventionnées par le Fonds Social Européen sera installé par une équipe de personnes en formation. De petits buissons devraient faire leur apparition, apportant une touche esthétique mais assurant aussi une plus grande protection du site qui est quelquefois soumis à des dégradations.

Du 3 au 18 juillet, un chantier international de jeunes compagnons bâtisseurs va investir notre commune. Une équipe de douze personnes originaires de divers pays et encadrées par un animateur responsable vont installer un camp. Cette initiative créée à la fin de la Seconde guerre mondiale avait pour but la reconstruction des régions dévastées par le conflit armé. Au fil du temps, le mouvement s’est diversifié et s’est plus largement orienté vers la restauration et l’entretien de chantiers archéologiques ou autres.

L’objectif du camp chestrolais est double : restaurer le site du mausolée militaire allemand des Hauts- Chemins près de Montplaichamps et aménager le chantier de la place du château (travail de triage des pierres et de maçonnerie). Ces travaux d’aménagement ne seront possibles que si la matière première est disponible. Christian Kellen recherche principalement des blocs de chistes anciens de bonne qualité, la patine du temps offrant un aspect plus intéressant que du chiste récent. Des pierres proviendront notamment d’une aile de la ferme du Bois d’Ospot et des bâtiments de l’ancienne carrière Pierrard.

Un appel vous est lancé et toutes les initiatives sont les bienvenues. Sans matières premières, pas de chantier possible. Le but principal de ces travaux est de prolonger le chantier jusqu’à l’emplacement de l’ancien dernier marronnier de l’allée en élevant un parapet d’une hauteur de 80 à 100 cm par rapport au niveau de la place du château.

Une autre phase des travaux est prévue en août avec l’aide d’enfants du juge de la région de Waterloo qui viendraient finaliser les travaux entrepris en juillet. Une dimension sociale s’articulera donc à l’aspect « archéologique » de cette sympathique entreprise.

Progressivement, la petite idée de Christian Kellen prend une ampleur étonnante et ce ne sont pas les projets qui manquent. Christian imagine de poursuivre l’agrandissement de ces travaux en balisant un sentier qui prolongerait les fouilles en longeant la côte de l’Institut St-Michel et rejoindrait le quartier de la tour Griffon, englobant ainsi toute la butte du château. Les projets de rénovation du quartier de la tour Griffon apportent un surplus de qualité et de confort à ce périple pédestre et à la mise en valeur de ce site exceptionnel. La boucle serait ainsi bouclée et une véritable promenade offerte à tous les visiteurs, une façon agréable de les inciter à découvrir les atouts de notre ville.

P. Dabe

 

www.chiropraxie.org

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