| 17 mai 2004 - n°238, 239, 240 et 241
Circulation en forêt : ce qu’il faut savoir
La première chose concernant le décret du 7 février 1995, qui régente la circulation en forêt est de voir ce qui est permis. Les conducteurs de voitures, les 4 x 4 (jeeps), les motos ne peuvent circuler avec leur véhicule que sur des routes revêtues, c’est-à-dire macadamisées, pavées ou bétonnées, donc à l’exclusion des routes empierrées et des chemins. Les cyclistes, les vététistes, les cavaliers et les skieurs peuvent emprunter les routes et les chemins. Sont donc exclus les sentiers. Les promeneurs, eux, peuvent tout emprunter : les routes, les chemins, les sentiers à l’exclusion de « hors voies et chemins ». C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas quitter les chemins et les sentiers pour vagabonder dans les forêts. S’ils circulent avec un ou des chiens, ceux-ci doivent toujours être tenus en laisse. Les coupe-feu créés dans les peuplements (d’épicéas, de hêtres, etc.) pour éviter les incendies et faciliter la sortie des bois, les chemins de débardage, les lignes de tir (où les chasseurs passent, ou le garde-chasse) ne sont pas considérés comme des chemins ou des sentiers. Ces aménagements techniques de l’exploitation forestière ou voie d’accès propres aux personnes habilitées à circuler ne peuvent pas être utilisés par le public. Il est évident que les bûcherons, les gardes-chasse, les pêcheurs, les propriétaires forestiers, etc. qui ont un motif légitime peuvent déroger aux règles prescrites. Ce sont ceux qu’on appelle les « ayants droits ».
On peut les utiliser en permanence et suivre les petites fléchettes qui ont été appliquées pour renseigner aux promeneurs la voie à suivre pour telle ou telle promenade. Le balisage temporaire, c’est notamment celui qui est placé pour une marche ADEPS qui a lieu une ou deux fois par an, ou pour les 3 x 20, des randonnées motorisées (Crusardenne), etc. Les responsables vont trouver l’ingénieur des Eaux et Forêts du cantonnement et ils proposent sur un plan une ou des promenades. Il y a concertation et accord pour cette manifestation-là. La demande d’autorisation est obligatoire. Il faut aussi s’y prendre suffisamment tôt pour avoir le temps de traiter le dossier. C’est assez long, parfois six mois de travail et de dossiers administratifs. La dernière possibilité de dérogation, ce sont les aires balisées. Comme une aire de barbecue. Dans ce cas, on est hors voies et chemins, mais on a le droit d’y aller puisqu’elle est reconnue comme aire balisée. Cela peut être aussi des parkings, une aire de pique-nique, un parcours VITA… Ce n’est pas pour ennuyer les promeneurs Si cette réglementation existe, ce n’est pas pour ennuyer les promeneurs. Petit rappel historique. Suite aux engagements pris par la Belgique à la Conférence internationale de Rio en juin 1992 où le développement durable a été reconnu comme objectif par l’ensemble des pays du monde, le Gouvernement wallon a chargé le Ministre de mettre en place un plan d’environnement pour le développement durable. Ce plan devait répondre à trois objectifs. Il devait viser à assurer pour l’avenir et de manière fiable la préservation des ressources naturelles, la protection et la restauration des écosystèmes et la prévention et l’atténuation des nuisances que nos activités apportent à l’environnement. Ce qu’il était ressorti d’une réunion organisée à Floreffe en décembre 1992 et à laquelle assistaient quelque sept cents personnes (représentant les milieux de la conservation de la nature, de la chasse, de la pêche et de la forêt), c’était surtout la nuisance apportée par les véhicules à moteur. Les articles 165 et 166 du Code forestier qui réglemente la circulation dans les bois et les forêts n’étaient plus adaptés à la pression qu’exerce notre société sur l’écosystème forestier qui doit assurer des fonctions écologiques, économiques, sociales ou culturelles qui sont essentielles. La ligne de mire était donc de préserver « la forêt » en tant que havre de paix de façon à assurer un meilleur équilibre entre l’homme et la nature. Ainsi sont nés ces outils juridiques, au Gouvernement wallon. B. Herry
Interdiction ou information ? Afin d’éviter un déséquilibre chasseurs/promeneurs et de fermer de grands massifs pour des périodes relativement longues, tout en évitant les accidents il a été créé des affiches qui nuancent. Mais comment les interpréter ? Dépêche du 1er octobre 1996 : « L’affiche marquant l’interdiction d’accès sera dorénavant imprimée sur fond rouge tandis que celle avertissant du danger le sera sur fond jaune. Cette dernière pourra être maintenue en place pour une série d’activités de chasse (avec la mention des dates) tandis que l’affiche d’interdiction doit être enlevée au plus tard 24 heures après l’activité.» Mais il n’y a pas que la chasse, le promeneur peut rencontrer des affiches qui signalent des travaux forestiers (un véhicule et des troncs), des risques d’incendies (arbres debout et flammes) ou une zone de conservation de la nature (fleur et papillon), ou encore des affiches qui spécifient une ou des raisons particulières (rectangles complétés d’indications) avec la mention « Pour votre bien et votre sécurité ».
L’action du parc naturel prend forme petit à petit En septembre 2002, les promoteurs du Parc Naturel de la Haute-Sûre et de la Forêt d’Anlier établissaient un premier contact avec l’ensemble de la population des six communes qui forment ce nouveau territoire. Par l’intermédiaire d’un journal, semblable à celui que vous avez en main, les responsables ont expliqué quel genre d’outil peut être cette intercommunale et quelles actions peuvent être menées grâce à elle. Depuis, plusieurs mois sont passés et le «Parc» a fait sa place. Petit retour en arrière. En 1996, trois communes (Habay, Martelange et Fauvillers) délibèrent positivement sur l’opportunité de créer un parc naturel. Au terme de l’étude de faisabilité, les conseils communaux des six communes (Bastogne, Vaux-sur-Sûre, Fauvillers, Martelange, Habay et Léglise) se prononcent favorablement et décident de s’engager dans le processus de création du Parc Naturel. Le 12 juillet 2001 le Parc Naturel de la Haute Sûre et de la Forêt d’Anlier est reconnu par l’arrêté du Gouvernement wallon. Ce long cheminement (le premier projet était évoqué il y a cinquante ans !) montre les préoccupations et les efforts d’habitants soucieux d’harmonie entre les activités humaines et le patrimoine (naturel, culturel, bâti…) et persuadés que leurs communes et leurs multiples facettes méritent l’apposition d’un label de qualité, tout en initiant et cultivant l’amitié et les échanges avec les parcs voisins, belges et grands-ducaux. La complémentarité des territoires, de leur environnement naturel et socioéconomique, des ressources agricoles, des racines culturelles, est indispensable et renforcera le bien-être et la prospérité future de chaque habitant du Parc Naturel. C’est l’objectif en tout cas ! Depuis, les actions menées par l’équipe du Parc naturel se multiplient. La dernière d’entre elles vise à sensibiliser la population à une bonne utilisation et une bonne gestion de l’eau. L’opération a commencé par une information de la population via un journal de 16 pages consacrées entièrement à la problématique de l’eau. Dans le cadre de cette action, le parc a décroché une aide de 25000 euros du fonds Électrabel qui vise à encourager la population à récupérer l’eau de pluie. Cet argent va être intégralement utilisé pour accorder une prime «Parc Naturel» aux habitants des six communes qui désirent acquérir un fût ou installer une citerne d’eau de pluie. Depuis la publication de cette annonce, les responsables du parc croulent sous les demandes ! L’info : On a le sentiment que le Parc Naturel va de succès en succès, du moins que ses actions rencontrent les besoins de la population. Comment peut-on expliquer cette réussite ? Donatien Liesse, directeur du Parc Naturel : Je crois que la réussite actuelle de nos actions tient à plusieurs facteurs. Tout d'abord, il faut bien garder à l'esprit que les projets que nous allons progressivement mettre en chantier sont la concrétisation du «Plan de gestion» du Parc. Or, ce Plan de gestion a été établi avant la création du parc naturel par un groupe d'habitants de nos six communes, représentant les divers secteurs d'activités concernés : agriculture, tourisme, nature, patrimoine, activité économique... Les projets du parc naturel correspondent donc logiquement aux besoin de la population, puisque c'est elle qui en a tracé les grandes lignes. Par ailleurs, la gestion du Parc Naturel
est assurée par une Commission composée elle aussi de réprésentants
de ces différents secteurs d'activités et qui, pour la grande
majorité, habitent nos six communes. Tous s'investissent bénévolement
dans le suivi et l'encadrement des projets. Il y a aussi le partenariat toujours croissant avec diverses personnes ou institutions (syndicats d'initiative, centres culturels, CRIE de la Forêt d'Anlier, Division Nature et Forêts, Artistes et artisans, Comices Agricoles...). Enfin, et il faut le souligner, un «esprit d'équipe» intercommunal qui se consolide progressivement : les mandataires de nos six communes travaillent ensemble dans une même direction et chacun apporte son concours à la concrétisation des projets transcommunaux : Fête inaugurale, Maison du Parc, projets Interreg, Leader + ... L’info : Quelles sont les futures grandes actions prévues ? D. Liesse : Les futures grandes actions, dans la concrétisation de nos nombreux, projets sont principalement : l'inauguration de l'«Eau-tomobile», minibus équipé de matériel pédagogique pour des animations itinérantes au bord de l'eau, fin mars ; la mise en chantier de systèmes d'épuration à vocation didactique, cet été, dans les communes de Bastogne et Vaux-sur-Sûre ; l'organisation de la prochaine fête du Parc Naturel, à Léglise, le week-end des 28-29 août ; l'inauguration d'un nouveau circuit touristique traversant tout le Parc Naturel, le «Circuit des Légendes» fin 2004, l'inauguration de la Maison du Parc au Moulin Kuborn au cours de 2005... Propos recueillis par Ol. Weyrich
L’évolution du patrimoine bâti en Ardenne Si l’Ardenne recèle des trésors, elle couve aussi des garants de son patrimoine, qu’il soit culturel (le parler wallon), botanique (réserves), animal (protection des espèces)… ou architectural. Lors d’une conférence passionnante, l’un de ces fervents défenseurs, Richard Jusseret, est venu partager son souci de préserver notre environnement bâti, susciter la réflexion quant au rôle de notre région et démontrer qu’il est possible d’allier respect et modernité. Richard Jusseret, licencié en histoire de l’art et archéologie de l’Université de Louvain, est professeur à l’Institut libre d’enseignement supérieur pédagogique à Bastogne et chercheur. De 1996 à 2000, il a été chargé de mission à la division du Patrimoine du ministère de la Région wallonne. Et comme le présentait Luc Pierrard, «il s’est passionné pour l’histoire d’un patrimoine particulièrement prestigieux : l’ancienne abbaye de Saint-Hubert. Que ce soit sur le terrain ou dans le dépouillement des archives, il s’est efforcé de reconstituer l’histoire matérielle de la basilique et du quartier abbatial, dans la restauration duquel il a joué un rôle primordial». L’objet de la conférence organisée au Moulin Klepper par le Cercle Terre de Neufchâteau était de souligner que «le patrimoine bâti a été longtemps négligé par les pouvoirs publics. On l’a souvent sacrifié au nom de la sacro-sainte modernité. On assiste heureusement aujourd’hui à un changement de mentalité dans le monde politique, chez les urbanistes et dans l’opinion publique». Le tout est de bien décoder ce que nous offre le paysage. Le brillant exposé de Richard Jusseret était parfait pour nous éclairer à ce sujet. Sur cette terre où la Bataille des Ardennes a laissé de nombreuses séquelles, il reste des traces d’une vie ancienne : moyenâgeuse, agricole, militaire, religieuse… Pensons au château d’Herbeumont, à l’ancienne ferme datant de 1677 à Engreux, aux fortifications de Vauban à Bouillon ou encore à l’abbatiale de Saint-Hubert. Des constructions petites ou grandes émaillent le paysage, flanqué aujourd’hui de «la villa» construite hors du cœur des villes ou des villages. A la suite de la terrible peste de 1636, des chapelles dédiées à saint Roch ont poussé un peu partout, des églises d’abord à la tour carrée (nées dans un courant où régnait l’insécurité), aux lignes romanes, puis gothiques… ont orné le centre des villages ou des villes plus imposantes. Des cimetières ont entouré les édifices. Plus tard une vague d’hygiénisme les a expédiés plus loin. Des architectes liégeois, français ou autres ont apporté de l’inattendu : Notre-Dame des forêts à Taverneux, des toits aux pans changeants, du style bavarois à Cugnon. L’Ardenne, à la croisée des influences, joue du style urbain en pleine campagne ou du moderne, l’église de Jehonville, à quelques jets de pierre de bastions survivants. Dans tout cela, l’homme qui crée, invente et ose, côtoie ou devient celui qui rénove, dissimule ou met au jour des vestiges, pendant qu’un troisième adapte aux exigences modernes d’exploitation. L’habitation monocellulaire (une porte, une fenêtre et peut-être une fenêtre à l’étage) voit s’adjoindre une place pour les animaux, et plus tard une grange sous un même toit. Jusqu’au jour où cette construction, qui laisse apparaître des coutures en façade, devient inefficiente. Elle est abandonnée pour d’amples bâtiments capables d’abriter des centaines de têtes de bétail, des maisons type villa distinctes. L’habitation-ferme au sein du village devient maison de vacances. Le presbytère devient musée des Celtes, le couvent archéoscope, la caserne bloc d’appartements… Dans cette atmosphère de mouvances et de changements de destination des bâtiments, des constructions sont restaurées en parfait esprit du respect des lignes, mais d’autres fois la «lisibilité» est perdue. Une porte se mue en fenêtre, des croisillons deviennent trop gros pour cause de double ou triple vitrage, des baies démesurées défigurent. Dans cette même évolution s’opèrent des avancées vers les prés, villa après villa. Ici, une église faute de fidèles est mise à vendre. «Dans certaines églises, explique Richard Jusseret, on fait un restaurant, une salle d’exposition, etc. ce sont des solutions que chacun peut juger heureuses ou non pour ces bâtiments très grands, difficiles à entretenir». Parfois, une église s’écroule faute de soin. Aujourd’hui, les urbanistes, les politiques tirent la sonnette d’alarme. Aux noms de la gestion parcimonieuse du sol et de l’économie d’énergie, on encourage à revoir la façon de construire et à respecter l’esprit, sans pour autant bannir le moderne, à l’heure où l’on a perdu le sens de la vie de village pour celle de la vie dans un «bassin». L’allure paisible de la campagne ardennaise ne doit pas nous laisser oublier que nous sommes au carrefour de voies de circulation, entre Bruxelles et Luxembourg, Reims et Cologne, Sedan et Liège, Paris et Bonn. L’Ardenne par laquelle on passe et à travers laquelle on peut facilement circuler est une campagne en danger. Gare aux sorties d’autoroutes ! Après Arlon et Habay, Libramont voit les prix des terrains flamber. Et Richard Jusseret de conclure : «Voulons-nous d’une Ardenne pleine comme un œuf ?» B. Herry (1) Richard Jusseret a publié les résultats de ses recherches dans deux études parues dans L’ancienne abbatiale de Saint-Hubert, ouvrage collectif paru en 1999, et dans le tome IX de Saint-Hubert d’Ardenne. Cahiers d’histoire, 2003.
L’avis des pompiers
Ce dimanche matin, nous sommes allés à la rencontre des pompiers de Neufchâteau. Le rendez-vous était fixé durant l’exercice dominical, mais un accident de camion survenu à quatre heures du matin sur l’autoroute a chamboulé le planning. Après une demi-heure d’attente, le commandant rentre à la caserne. C’est le troisième camion qui se renverse depuis le début des travaux… « Nous ne craignons pas trop la multiplication des accidents sur l’autoroute, explique Serge Devalet, commandant des pompiers chestrolais. C’est un bon choix d’avoir imposé la circulation à deux bandes, au lieu de trois. C’est beaucoup moins dangereux. De plus, la tolérance zéro vis-à-vis des excès de vitesse porte ses fruits. Si les conducteurs se disciplinent à respecter les recommandations, cela se passera bien. Jusqu’à présent, à l’exception de quelques cas, les accidents sont plutôt des incidents. Notre crainte est plutôt de devoir faire face à des situations aiguës, par exemple une longue file de véhicules à l’arrêt durant une période de grosse chaleur. Dans ce cas de figure, les gens ont besoin de prendre l’air, ils sortent volontiers de leurs véhicules et c’est là que les problèmes surviennent ! » L’info : - Vous intervenez souvent pour des accidents de la route. à votre avis, quelles sont les causes fréquentes ? Serge Devalet : - Il est difficile de tirer des conclusions à la seule lecture des statistiques de notre zone d’intervention. Il faudrait étudier les chiffres sur une zone géographique beaucoup plus large. Toutefois, nous sommes tous d’accord à la caserne pour dire que l’imprudence et l’incivisme des automobilistes sont deux causes importantes. Beaucoup d’accidents pourraient être évités si les conducteurs avaient fait preuve de plus de vigilance et de précaution. Combien de dépassements mal évalués sont la cause d’accidents stupides, mais graves ? ! Curieusement, nous observons aussi qu’il y a plus d’accidents graves en été quand il fait bon. Sans doute les automobilistes se sentent-ils plus en sécurité quand il ne pleut pas ou peut-être adaptent-ils mieux leur vitesse quand il fait mauvais. L’info : - Pouvez-vous nous donner un exemple de conduite incivique ? S. Devalet : - Justement, c’est souvent lorsque se pose un problème de circulation à la suite d’un accident que nous devons faire appel à la compréhension des autres automobilistes. Il est malheureusement fréquent de constater que beaucoup de conducteurs se moquent de la signalisation qui exige un ralentissement des véhicules. Malgré une signalisation de plus en plus abondante, les " sur-accidents " surviennent encore. Et c’est ce qui nous fait peur en intervention. Pour rappel, en province de Luxembourg, deux chefs de services ont été victimes de ce type d’accident inacceptable. L’info : - Et le problème de l’alcool au volant ? S. Devalet : - On ne peut pas nier ce problème, mais il est difficile pour nous de l’évaluer correctement. L’info : - à votre avis, les jeunes conducteurs sont-ils les premières victimes des accidents nocturnes ? S. Devalet : - Pour moi, à mon échelle, c’est difficile à dire. L’info : - Un problème aigu se pose sur la route qui relie Neufchâteau à Bertrix. Le débat est relancé sur la question de couper les arbres qui bordent la route. Quelle est votre position sur la question ? S. Devalet : - Selon moi, couper les arbres reporte le problème ailleurs. Il est certain que cette route exige des automobilistes d’adapter la vitesse de leurs véhicules. En réalité, cette route apparaît comme un axe noir parce qu’il y a eu une succession d’accidents sur une courte durée de temps. A contrario, l’axe Neufchâteau-Les Fossés est aussi dangereux que l’axe Neufchâteau-Bertrix, pourtant le public n’en est pas conscient. Unanimement, les pompiers estiment qu’il y a un gros problème d’incivisme sur la route. Le fait de ne pas respecter les limitations de vitesse sont la cause de beaucoup d’accidents évitables. Selon eux, en France, les autorités ont fait le bon choix en devenant intraitables en ce qui concerne les excès de vitesse. Cela devrait être la même chose chez nous. C’est pour notre bien ! Propos recueillis par Ol. Weyrich
La somnolence au volant tue autant que l’alcool Lenteur de réaction, difficultés à maintenir une vitesse constante, erreurs de coordination, inattention à la signalisation, changement de voie involontaire, périodes d’absence, bâillements, difficulté à garder les yeux ouverts et la tête droite, désir de changer fréquemment de position, hallucinations ou illusion, voilà différents symptômes qui permettent de diagnostiquer une somnolence au volant, un trouble qui cause 1,3M accidents corporels dans l’Europe des Quinze et coûtent la vie à quelque 40 000 personnes. En Belgique, ce fléau représente 70 000 victimes dont 1 700 décèdent dans les trente jours. Ces accidents sont la principale cause de mortalité des moins de 45 ans. Même si on a constaté une amélioration du niveau de sécurité, l’Union européenne s’est fixé comme objectif de réduire de moitié le nombre de tués à l’horizon 2010. Face à ce constat, le député permanent D. Ledent et l’unité provinciale du sommeil du neurologue bertrigeois S. Noël, ont lancé une campagne de sensibilisation à travers la province « La somnolence au volant tue autant que l’alcool » avec au programme la distribution de folders et la mise en place d’un colloque qui s’est tenu le 20 avril à Libramont. Les différents orateurs ont visité cette thématique à travers les aspects ergothérapeutique, neurologique, pharmacologique, judiciaire… Des témoignages ont également mis en exergue le concret de cette situation. Même si l’on considère que la somnolence au volant est la première cause de mortalité sur autoroute, une évaluation de son impact en accidentologie n’est pas des plus aisées. En effet, il n’existe pas de « radar de vigilance ». Les conducteurs impliqués dans un accident ont des réticences à admettre la fatigue comme facteur déterminant. Seulement 1% de tous les répondeurs reconnaissent avoir eu un accident à cause de la somnolence au volant. Pour lutter contre ce problème, quelques conseils peuvent réduire les risques : détecter les premiers signes de fatigue et s’arrêter dès leur apparition, planifier les voyages en tenant compte de moments creux (de 13h à 16h et de 2h à 5h), ne pas conduire plus de deux heures ou s’arrêter tous les deux cents kilomètres, prendre un café ou un thé juste avant une sieste, prendre la route après une nuit de sommeil réparateur, éviter de partir après une journée de travail, aérer le véhicule, éviter alcool, repas copieux et médicaments, ne pas rouler seul, ne pas se fixer d’heure d’arrivée… Bref, il faut avant tout faire preuve d’une grande prudence et préparer au mieux son voyage, en étant bien reposé. T. L. Information : www.somnolence.be |
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