17 mai 2004 - n°238, 239, 240 et 241

Sport

La pêche sportive

La pêche sportiveL'ouverture de la pêche à la truite coïncide avec l'arrivée du printemps. Et comme chaque année ils sont nombreux à s'être levés très tôt pour taquiner la fario ou l'arc-en-ciel, bravant pour ce faire la météo capricieuse de ce samedi 20 mars. Tout le monde connaît ces pêcheurs qui arpentent les rives de nos cours d'eau. Par contre rares sont ceux qui connaissent la pêche sportive, la pêche de compétition.
C'est vrai qu'il faut bien avouer que la pêche en tant que sport de compétition ne jouit pas d'une aura semblable aux sports plus populaires, tels football, basket, volley, tennis de table… Pourtant c'est un sport à part entière.

La province de Luxembourg compte trois clubs, un à Messancy, un autre à Cugnon-Mortehan, le troisième à Neufchâteau. Tous trois dépendent de la Fédération du Luxembourg de pêche de compétition. Rudy Houbas, président du Gardon Neufchâteau, nous trace les grandes lignes de la pêche de compétition.
Pour pratiquer ce sport, il faut tout d'abord avoir une licence, être affilié dans un club et rentrer un certificat médical. Les compétitions se déroulent habituellement le dimanche et sont réparties sur l'ensemble de l'année. Elles ont lieu aussi bien en étang et lac qu'en rivière ou canal, en Belgique, en France ou au Grand-Duché.

Bien souvent la journée débute très tôt le matin pour se terminer fin d'après-midi. La journée commence dès 7 heures avec l'enregistrement des inscriptions. à 7 h 30, tirage au sort pour l'attribution des places le long du cours d'eau. Le pêcheur dispose ensuite d'une heure et demie pour prendre place, installer son matériel, organiser son espace en quelque sorte. La compétition débute à 9 heures et se déroule soit en une seule manche de cinq heures d'affilée, soit en deux manches, une première le matin de 9 à 12 h, une seconde l'après-midi de 14 h 30 à 16 h 30.

En fin de journée les prises de chacun sont comptabilisées afin de constituer le classement. Deux critères entrent en ligne de compte : le nombre de prises ainsi que le poids de celles-ci. Chaque prise rapporte vingt points. Au niveau du poids, un gramme équivaut à un point. La pêche de compétition dispose d'une dérogation quant à la taille des poissons. On peut dès lors tout pêcher « sauf ce qui est fermé ». Pendant toute la durée de la journée, les prises sont versées dans une bourriche qui reste dans l'eau. Le contenu de la bourriche est ensuite transvidé dans une bassine remplie d'eau pour le comptage et le pesage. Enfin tous les poissons sont remis à l'eau. C'est une des grandes différences entre pêcheur et compétiteur. Le pêcheur de compétition ne consomme pas le fruit de sa pêche.

Une autre grande différence se situe au niveau du matériel utilisé. En concours, toutes les techniques de pêche à la ligne avec flotteur sont permises sauf le filet. On parle de pêche au coup. Le compétiteur doit faire preuve d'un grand sens pratique, de beaucoup d'organisation. Il dispose d'une canne qui mesure parfois jusqu'à 13 mètres. Au bout de celle-ci, il adapte un kit avec ligne et bas de ligne. Le pêcheur possède plusieurs kits interchangeables. Il utilise l'un ou l'autre de ceux-ci en fonction de ce qu'il pêche, suivant les opportunités qui se présentent.

Le Gardon Neufchâteau compte une vingtaine de membres âgés de 17 à 61 ans. Sur les huit journées de compétition organisées en province de Luxembourg, six se déroulent au lac de Neufchâteau, lac réputé poissonneux. Les autres semaines, il faut se déplacer : souvent en province de Liège, canal Albert, la Meuse, l’Ourthe. Autant dire que les journées sont longues… Il arrive de devoir se lever dès 5 heures, voire plus tôt même. Si certains concours rassemblent plus de 300 pêcheurs, les compétitions au lac peuvent accueillir jusqu’à 56 mordus de pêche. Les prochaines journées de compétition y sont programmées les dimanches 28 mars et 4 avril.

Toutefois la pêche de compétition ne se limite pas aux seuls concours. Comme tout sportif, le pêcheur s’entraîne soit individuellement, soit en petits groupes. Il n’est pas rare que trois ou quatre d’entre eux se donnent rendez-vous le mercredi après-midi ou le samedi pour taquiner le poisson au lac. La préparation aux concours demande également beaucoup de temps. Il faut compter environ une demi-heure pour monter une ligne et de trois à cinq minutes pour un bas de ligne. Et quand on sait que le pêcheur chevronné dispose de plus d’une centaine de bas de ligne, on s’imagine mieux le temps consacré pour vivre pleinement son hobby.

ér. Meunier

Dès l’âge de trois ans, Florian suit son papa à la pêche. Il devient bien vite un mordu de ce sport. à treize ans, il rêve de pêcher une tanche et se rend au lac. C’est là qu’il rencontre Rudy Houbas. Celui-ci lui parle de pêche de compétition et l’invite à participer à un concours. Fasciné par cette première expérience, Florian ne tarde pas à s’affilier au Gardon Neufchâteau. Actuellement, à dix-sept ans, il est le plus jeune membre du club. Douzième aux présélections juniors belges pour le championnat du monde en 2002, dix-septième du championnat de Belgique en 2003, Florian vit intensément sa passion, y consacrant la majeure partie de son temps libre.

Mérite sportif pour un alpiniste

Rares sont les communes qui n'honorent pas leurs meilleurs sportifs de l'année. Relancée il y a quelques années déjà sous l'impulsion de Christian Liégeois, l'attribution du mérite sportif communal est devenu un rendez-vous traditionnel dans la cité chestrolaise.

Une petite cérémonie officielle et sympathique s'est déroulée le lundi 22 octobre à la Maison Bourgeois. Après son petit mot de bienvenue, Mme la Bourgmestre cède le relais à l'échevin des sports Guy Lescrenier. Il salue tout d'abord la présence du lauréat de l'année dernière, Thierry Stevens, et présente les trois nominés que la commune a décidé de récompenser.

Sur la troisième marche du podium figure l'équipe féminine de foot du club de Warmifontaine. Ces passionnées de ballon rond ont réalisé le doublé championnat-coupe lors de la saison 2002-2003. La deuxième marche est occupée par Yannick Duchêne, 24 ans, passionné de sport moteur. Il s'est illustré en mob-cross et envisage de participer au championnat de Belgique d'endurance en 50 cm3 ou de vitesse en 70 cm3. Et encore une marche plus haut on trouve quelqu'un qui n'a pas peur de la hauteur. Marc Van Gelder d'Offaing reçoit le mérite sportif communal pour ses exploits d'alpiniste. Avec ses camarades de cordée il a atteint un sommet de la chaîne himalayenne, le Mustagh-Ata, culminant à 7546 m.

Christian Liégeois retrace le parcours de Marc Van Gelder, insistant tant sur ses qualités sportives que sur ses qualités humaines, soulignant au passage que Marc rentre d'une mission humanitaire au Mali.

Vient ensuite la cérémonie de remise des récompenses. C'est ainsi que Thierry Stevens, mérite sportif 2002, transmet à Marc Van Gelder un trophée représentant un alpiniste à l'assaut d'un sommet, sculpture réalisée par l'artiste local Jean-Claude Gruslin. La soirée se termine par une petite réception pendant laquelle Marc tient particulièrement à faire partager à l'assemblée une partie de son aventure. Plus que tout discours, le film projeté témoigne de l'aventure vécue, de l'exploit réalisé par nos alpinistes. Des images à couper le souffle, à donner le vertige…

Ér. Meunier

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