17 juillet 2003 - n°214 - 215

Neufchâteau

Avec la fougue en moins !

Les amateurs de pur-sang arabes étaient à la fête ce week-end. Outre les traditionnelles prestations de “modèle” et “allure”, de classe montée, il y avait un show tout en son et lumière et de la cascade. De quoi découvrir d’autres aspects de ce cheval qui a en réalité de nombreuses cordes à son arc. De quoi mettre à mal l’image de l’indomptable, du fougueux, si souvent véhiculée.

Ordinairement, les amateurs de pur-sang arabes partent vers le nord du pays pour participer aux concours ou pour assister aux manifestations. Pour une fois, ce fut le contraire. Ce sont les nordistes qui ont gravi le relief ardennais, avec leur van, pour participer au championnat de Belgique. Cent dix-sept chevaux étaient inscrits pour les deux jours et sportivement, ce fut une réussite. Petit bémol : des concours de dressage, d’attelage... avaient aussi lieu dans la région. Il fallait se partager les spéctateurs en cinq ! Qu’importe, on a pu découvrir une démonstration de dressage qui en laissera rêver plus d’un.

La représentante de la Belgique auprès de l’ECHAO, Christine Jamart, a apprécié aussi. Elle a même demandé s’il était possible de remettre cela l’année prochaine à Neufchâteau... Les organisateurs, un peu pris de court, veulent rester raisonnables et ne programment rien avant deux ans. C’est un sacré boulot à mettre sur pied. Ils adressent un chaleureux merci aux cinquante bénévoles, fidèles au poste, mais il ne faut pas exagérer.

Pour les amatteurs, de l’endurance sera au programme à Étalle le 20 juilet, à Nantimont le 10 août et à Châtillon le 19 octobre. Ce sera encore une autre manière de découvrir le pur-sang arabe. N’oublions pas le rendez-vous à la Foire agricole de Libramont avec les éleveurs, le 27 juillet !

B. H.

pur-sang arabes
pur-sang arabes
pur-sang arabes

La paix sous l’arbre

Depuis une semaine, des tissus peints flottent au vent sur la grand-place de Neufchâteau. Sur les trottoirs, on entend des “qu’est-ce que c’est ?”, dans les magasins, des “avez-vous vu ?”. On dit même qu’un arbre géant, en papier mâché, sera installé le vendredi dans l’après-midi ! Là, on n’en veut pas de cet objet qui, paraît-il, portera des messages contre la violence. Ici, l’événement, très ponctuel en somme, ne dérange pas. Mais que se passe-t-il au juste ?

La paix sous l’arbreC’est une vieille histoire ! Voici plus de trente ans, le père Jean-Marie est abbé à Binche, une ville bien connue grâce à ses gilles, et il s’occupe notamment de patronage. Quand, dans les années septante, il est transféré à Morlanwez, aux Hayettes, il souhaite continuer des animations avec les enfants, mais en quittant un peu les uniformes et les structures réglementées. Ce qu’il veut offrir aux petits gars qui vivent dans le quartier, c’est un côté familial. C’est ainsi que lui vient l’idée d’organiser des animations et un camp. Les contacts qu’il a avec les habitants lui apprennent qu’un enfant vit dans une famille démunie, qu’un autre a matériellement tout ce qu’il est possible d’avoir mais qu’il ne reçoit aucune affection de ses parents, ou est maltraité. Plus loin l’alcoolisme détruit les relations de la maisonnée… Il les rassemble et c’est le premier départ.

Au terme d’une année, les animations de quartier sont abandonnées, faute d’animateurs, mais le camp continue. Au troisième camp, un garçon d’à peine six ans, Pascal Brachot vient pour la première fois. Il viendra pendant vingt-neuf ans ! “J’ai été marqué au fer rouge”, dit-il, au figuré bien entendu. Lorsque Pascal a quatorze ans, Jean-Marie (qui ne revendique pas son rôle de prêtre) lui propose de devenir animateur. Cette fonction lui plaît tellement qu’il en fait son métier. Aujourd’hui, il est responsable du camp et c’est lui que nous rencontrons, dans l’intendance – lieu de convergence de la famille de soixante enfants – pour en savoir plus au sujet de cet arbre… qui ne sera pas en papier mâché, mais en bois.

“Chaque année, explique Pascal Brachot, nous choisissons un thème. Nous réfléchissons à la question pendant plusieurs semaines et depuis le début nous choisissons toujours des projets pédagogiques qui laissent place à l’enfant, individu à part entière, et à l’aspect collectif. Donc nous ne choisissons pas comme thème les cow-boys et les Indiens ou Harry Potter ! Nous démarrons toujours par un débat à propos de ce qui nous a marqués dans les derniers mois écoulés, ce qui nous a interpellés. Pour ce camp, lorsque nous avons fait notre première réunion, la guerre venait de se déclencher en Irak; d’autre part, nous sommes continuellement confrontés à la violence à l’école, au carnaval, etc. Nous avons voulu faire une zone de paix, à l’inverse de Georges Bush qui avait fait une zone de guerre.

Nous avons ajouté : “La violence, je dis non”. Nous voulions une solution. C’était très compliqué à développer, mais nous nous sommes dit que même si on suscitait du rêve, il resterait des moments, des traces. Nous avons choisi de fabriquer un arbre auquel chaque enfant du camp mettrait une "feuille", un papier en forme de main sur lequel il a écrit un message de paix. L’arbre sera placé dans le centre de Neufchâteau et chaque habitant, chaque passant, s’il le désire, pourra venir mettre son message. Techniquement, c’était trop compliqué de réaliser un arbre en papier mâché. Une personne généreuse nous a offert un arbre, un vrai, qui était mort sur pied, mais que les enfants ont peint et décoré. À l’issue du camp, les messages seront envoyés à des ministres et l’arbre sera installé dans la cour du père Jean-Marie, comme toutes les traces que nous collectons depuis le premier camp.”

Cet extraordinaire père Jean-Marie, qui fait de tout, de la réinsertion sociale, aide à déménager, fait les banques alimentaires, discute avec des alcooliques. Il lui arrive même de conduire des gens à des formations, après une longue période de chômage ; il les pousse à se lever le matin, et bien sûr, il organise le camp. Et pour tous ces petits gars du quartier des Hayettes et de plus loin, il le fera jusqu’au bout !

B.H.

Retour au sommaire


Publicityweb Référencement & E-marketing


Retour page d'accueil