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17 juillet 2003 - n°214 - 215
Avec la fougue en moins !
La paix sous l’arbre Depuis une semaine, des tissus peints flottent au vent sur la grand-place de Neufchâteau. Sur les trottoirs, on entend des “qu’est-ce que c’est ?”, dans les magasins, des “avez-vous vu ?”. On dit même qu’un arbre géant, en papier mâché, sera installé le vendredi dans l’après-midi ! Là, on n’en veut pas de cet objet qui, paraît-il, portera des messages contre la violence. Ici, l’événement, très ponctuel en somme, ne dérange pas. Mais que se passe-t-il au juste ?
Au terme d’une année, les animations de quartier sont abandonnées, faute d’animateurs, mais le camp continue. Au troisième camp, un garçon d’à peine six ans, Pascal Brachot vient pour la première fois. Il viendra pendant vingt-neuf ans ! “J’ai été marqué au fer rouge”, dit-il, au figuré bien entendu. Lorsque Pascal a quatorze ans, Jean-Marie (qui ne revendique pas son rôle de prêtre) lui propose de devenir animateur. Cette fonction lui plaît tellement qu’il en fait son métier. Aujourd’hui, il est responsable du camp et c’est lui que nous rencontrons, dans l’intendance – lieu de convergence de la famille de soixante enfants – pour en savoir plus au sujet de cet arbre… qui ne sera pas en papier mâché, mais en bois. “Chaque année, explique Pascal Brachot, nous choisissons un thème. Nous réfléchissons à la question pendant plusieurs semaines et depuis le début nous choisissons toujours des projets pédagogiques qui laissent place à l’enfant, individu à part entière, et à l’aspect collectif. Donc nous ne choisissons pas comme thème les cow-boys et les Indiens ou Harry Potter ! Nous démarrons toujours par un débat à propos de ce qui nous a marqués dans les derniers mois écoulés, ce qui nous a interpellés. Pour ce camp, lorsque nous avons fait notre première réunion, la guerre venait de se déclencher en Irak; d’autre part, nous sommes continuellement confrontés à la violence à l’école, au carnaval, etc. Nous avons voulu faire une zone de paix, à l’inverse de Georges Bush qui avait fait une zone de guerre. Nous avons ajouté : “La violence, je dis non”. Nous voulions une solution. C’était très compliqué à développer, mais nous nous sommes dit que même si on suscitait du rêve, il resterait des moments, des traces. Nous avons choisi de fabriquer un arbre auquel chaque enfant du camp mettrait une "feuille", un papier en forme de main sur lequel il a écrit un message de paix. L’arbre sera placé dans le centre de Neufchâteau et chaque habitant, chaque passant, s’il le désire, pourra venir mettre son message. Techniquement, c’était trop compliqué de réaliser un arbre en papier mâché. Une personne généreuse nous a offert un arbre, un vrai, qui était mort sur pied, mais que les enfants ont peint et décoré. À l’issue du camp, les messages seront envoyés à des ministres et l’arbre sera installé dans la cour du père Jean-Marie, comme toutes les traces que nous collectons depuis le premier camp.” Cet extraordinaire père Jean-Marie, qui fait de tout, de la réinsertion sociale, aide à déménager, fait les banques alimentaires, discute avec des alcooliques. Il lui arrive même de conduire des gens à des formations, après une longue période de chômage ; il les pousse à se lever le matin, et bien sûr, il organise le camp. Et pour tous ces petits gars du quartier des Hayettes et de plus loin, il le fera jusqu’au bout ! B.H. |
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