17 juillet 2003 - n°214 - 215

Région

Rendez-vous à la fête du parc

Des artisans préparent leur matériel et comptent leurs fromages ou leurs saucissons. Ici on réfléchit à bien placer le château gonflable, là on commence à avoir le trac pour la représentation de la pièce de théâtre et plus loin on prépare de quoi bouchonner les chevaux qui tireront les calèches. Le grand jour arrive, ou plutôt le grand week-end ! Le parc naturel de la Haute-Sûre et de la forêt d’Anlier sera inauguré en grande pompe ces 12 et 13 juillet ; le parc voisin de la Haute-Sûre du Grand-Duché, du moins les représentants, sont invités ainsi que le prince Laurent.

Rendez-vous à la fête du parcLe parc naturel de la Haute-Sûre et de la forêt d’Anlier, que les familiers des abréviations appellent déjà le PNHSFA, sera inauguré officiellement dans quelques jours. Ce “ bébé ”, qui a mis cinquante ans avant de naître, est un territoire qui couvre six communes : Bastogne, Vaux-sur-Sûre, Fauvillers, Martelange, Habay et Léglise ; si les premières traces du projet remontent à l’après-guerre, la parution de l’arrêté de désignation du gouvernement wallon ne date que du 12 juillet 2001.

Dans une réserve, l’objectif est de conserver la nature. Dans un parc, la démarche va au-delà. On envisage d’y conserver la nature, également, mais aussi de valoriser le patrimoine culturel et bâti, on y planifie un développement économique et on songe aux activités d’accueil et de tourisme. En d’autre mots, l’homme est admis ! Ceci demande évidemment une organisation, qui est assumée par les responsables du parc, et l’implication des habitants, des acteurs économiques et culturels de la région.

Avant d’avoir l’ambition d’assurer le bien-être de la population et le développement économique, il a fallu réaliser une “photographie” de la zone géographique et dessiner des objectifs. Ce travail a pris quatre ans et il a débouché sur un plan de gestion qui comporte douze volets comme l’agriculture, la forêt et la filière bois, le tourisme, la pêche, les activités pédagogiques, etc.

Trois structures assureront le fonctionnement du parc. Il y aura tout d’abord une intercommunale, ensuite une commission de gestion et finalement une équipe technique. Cette dernière est déjà bien connue des lecteurs du Journal du Parc et elle vient d’ailleurs de s’agrandir. Aux côtés de Donatien Liesse, ingénieur des eaux et forêts et directeur du parc, on trouve dorénavant Laurence Libotte, qui est chargée de la communication (journal, site Internet, projet touristique, “ circuit des légendes ”… ), Véronique Wiertz, qui s’occupe du projet sur la qualité de l’eau, et Michel Fautsch, qui surveille la loutre de près !

A l’heure d’Internet, il est difficile d’omettre de vous signaler l’adresse qui vous ouvrira toutes les portes des différents aspects du parc : www.parcnaturel.be Que ceux qui ne sont pas adeptes du câble ne se sentent pas délaissés : une “ maison du parc ” verra bientôt le jour dans les murs du moulin Kuborn à Martelange. Et en attendant, il reste le bon vieux téléphone : 063 45 74 77.

Que la fête commence !

Villages fleuris

Afin d’égayer le village, d’apporter des touches de couleurs et aussi d’attirer le touriste, Michel Henrion, boulanger à l’époque, et Jacky Delloue, peintre en bâtiment, décident, en 1988, de lancer un concours de façades fleuries. Ils distribuent un “toutes-boîtes” pour inviter les habitants à participer.

Villages fleuris“ Quand on y pense, explique Michel Henrion, ce n’était pas du tout organisé ! Nous avions proposé d’approvisionner les gens en fleurs et, à ce moment-là, on se bornait aux géraniums. Mais cela a démarré une dynamique positive puisque c’est ce qui nous a incités à créer une association de commerçants. Deux ou trois ans après, nous organisions un premier marché aux fleurs sur la place, parce que pour les personnes âgées ce n’est vraiment pas facile de rentrer chez soi en bus, avec quarante géraniums. Il y a eu un véritable phénomène de contagion ! ”

Dorénavant, à la mi-mai, le marché aux fleurs investit la place et les gens du village peuvent s’inscrire gratuitement au concours. Il s’ensuit une sorte de compétition dans laquelle chacun essaie de se surpasser par rapport à l’année précédente, on surveille aussi un peu ce que fait le voisin… on espionne gentiment, on s’inspire. Il faut dire que les prix sont importants, avoisinant parfois la valeur de 250 euros ; une fois c’est un beau banc en bois, une autre fois un magnifique parasol ou un taille-haie.

Avec le temps, le traditionnel géranium rouge a largement perdu du terrain. “ Je me souviens d’avoir vu arriver les premiers Bidens, continue Michel Henrion. On a vu d’autres variétés de plantes, de nouvelles couleurs. Maintenant, on trouve des modèles de jardinières fantastiques.”

Il y a trois ans, l’association des commerçants a disparu, mais le concours de façades fleuries est resté. C’est le syndicat d’initiative qui a pris la relève et du coup, il a entraîné dans son sillage Martilly, Straimont, Menugoutte et Saint-Médard. “Dans les villages, on voit des efforts extraordinaires, c’est parfois plus joli qu’à Herbeumont !”

Villages fleurisCelui de Straimont vaut le détour, mais dans tous les villages les habitants prennent du soin à agencer, créer des montages. Le travail ne s’arrête pas là, bien au contraire. Chaque jour, un coup d’œil aux plantations s’impose. Par temps sec, il faut arroser. Des plants, dont la floraison est terminée, doivent être remplacés. Il est nécessaire de ramasser des déchets abandonnés aux abords des endroits fréquentés. Il est déjà arrivé aussi que des montages floraux disparaissent, mais cela n’entame pas le moral de la population. Depuis quinze ans, on s’investit chaque fois un peu plus et cela ne se limite pas à la commune d’Herbeumont. Massul, Mon Idée, Namoussart, Marbay, Suxy, Warmifontaine, Neuvillers, Petitvoir et bien d’autres se sont inscrits au challenge “ Village fleuri ” de la Fédération du Tourisme luxembourgeois.

Aujourd’hui, nous étions toutefois à Herbeumont et nous vous invitons à venir y découvrir ces belles façades et abords de maisons ou aussi à visiter une exposition de pièces appartenant au patrimoine religieux, qui a lieu dans l’église les 15, 16 et 17 août.

Bonnes vacances fleuries !

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