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17 Novembre 2000 - n°149


Thierry Toussaint chasse l’image
Libramontois d’origine, Chestrolais d’adobtion, Thierry Toussaint est bien connu dans le monde du négoce en bétail. Mais ce sont d’autres animaux que ceux qui pâturent dans nos campagnes qui animent sa passion. Photographe animalier, Thierry tire les plus beaux portraits du gibier de nos forêts.
Thierry Toussaint a vite fait le pas du photographe amateur à celui de photographe averti. A la suite de sa formation en photographie et pour la rédaction de son mémoire, il quitte les allées des beaux parcs où posent les jeunes mariés pour s’évader en forêt. Son sujet de mémoire deviendra vite sa nouvelle passion.
La photo animalière est un exercice difficile. Cette activité demande un long apprentissage pour maîtriser la technique photographique, mais c’est avant tout la pénétration du milieu qui est laborieuse. Il a fallu à Thierry beaucoup de patience et de persévérance pour convaincre l’administration des Eaux et Forêts, ainsi que les milieux cynégétiques très fermés. Progressivement, il gagnera la confiance des professionnels et c’est avec eux qu’il accédera aux grands domaines
forestiers.
On ne photographie pas les animaux sauvages par chance. Une bonne photo est le résultat d’un travail de longue haleine. Thierry a dû apprendre à découvrir les mœurs de ces animaux farouches, connaître leurs milieux de vie, les habitudes du grand gibier. Au fil du temps, il apprendra à approcher les animaux sans les déranger. Saisir l’intimité sauvage est la récompense de nombreuses heures de travail et de persévérance.
Au fil du temps, Thierry s’est fait un nom. Aujourd’hui, notre photographe est admis dans les parties de chasse ou dans les battues aux côtés des traqueurs. Moments privilégiés pour saisir le gibier en mouvement.
A ses débuts, Thierry n’a pas hésité à solliciter l’aide d’autres photographes animaliers réputés comme Gérard Jadoul, auteur du livre “Le dernier cerf”, paru aux éditions du Perron.
Sans l’aide de personnes expérimentées et des gardes-chasses, il est illusoire de devenir photographe animalier.
Artiste, homme des bois... Thierry Toussaint a des images plein les yeux. Amoureux d’une nature qu’il a appris à connaître au fil des ans, Thierry partage sa passion avec un large public. Ses “trophées” sont fréquemment exposés et il propose ses photos à la vente. Son ambition : publier un beau livre abondamment illustré ! Mais pour l’heure, il propose une cassette vidéo présentant un film de trois heures sur la vie des animaux sauvages de nos forêts ardennaises.
Thierry est un homme au tempérament généreux, et si vous le rencontrez à l’occasion d’une de ses exposition, il ne manquera pas de vous faire partager ses expériences et ses anecdotes vécues lors de ses innombrables parties de chasse... à l’image !
L’utilité de la photographie animalière
On pourrait croire que le seul but de la photographie animalière est d’illustrer de beaux ouvrages ou de prestigieux calendriers, ou encore savourer le plaisir d’exiber une superbe image d’un grand cervidé au mur de son salon. Eh bien non ! La photographie animalière peut être utile à plusieurs titres. Outre d’être témoin de la vie sauvage, Thierry Toussaint participe aux recensements des
animaux. Grâce à son travail, il permet aux chasseurs et aux agents de la D.N.F. de faciliter l’identification des animaux en vue de leur comptage et de leur sélection.
Lentement, les chasseurs d’images trouvent leur place, contribuant ainsi à la bonne gestion de la forêt et de ses habitants.
Thierry photographie essentiellement à l’affût en utilisant un objectif de 400 mm et une sensibilité de 400 à 800 Asa.
Thierry TOUSSAINT
Place de la Gare 6
6840 Longlier (Neufchâteau)
Tél. 061 27 75 99
GSM 0477 35 75 99

Agir pour la chouette chevêche
Il existe dans notre région plusieurs espèces de rapaces nocturnes. Le plus petit parmi ceux-ci est la chouette chevêche. Originaire du Bassin méditerranéen, cet oiseau aux yeux d’or a profité des grands défrichements effectués par les hommes depuis le néolithique, pour agrandir son aire de répartition jusqu’au sud de la Suède! Ce petit rapace, symbolisant la sagesse dans la Grèce antique, habite les paysages ruraux traditionnels et a un mode de vie très lié à celui des
hommes. Mais au fur et à mesure que se modifient les pratiques agricoles, le déclin de ses populations s’accentue. Cependant, même si la chevêche figure sur la liste rouge des espèces menacées de Wallonie, il n’est pas encore trop tard pour que l’homme prenne conscience qu’en la considérant comme un élément indispensable d’un tout, il sauvegarde aussi sa propre qualité de vie.
Pour quelles raisons la chouette chevêche voit-elle ses effectifs diminuer de façon inquiétante depuis une trentaine d’années? L’intensification du trafic routier, l’utilisation massive de pesticides ou d’autres substances toxiques et la destruction de l’habitat sont les menaces principales qui planent sur l’avenir de notre oiseau. En ce qui concerne la destruction de
son habitat, il faut savoir que les alignements de saules têtards et les vergers de hautes tiges sont les habitats de prédilection de la chevêche. Cependant, le perfectionnement des techniques agricoles se voulant toujours plus performantes, est à l’origine de la rationalisation de l’espace rural. Les regroupements parcellaires ont profondément modifié la structure du bocage par une éradication complète ou un morcellement profond des haies, vergers, bandes boisées... A cela
s’ajoutent une augmentation des demandes des permis de lotir, un désintérêt considérable pour le verger familial et l’apparition sur le marché des plantations de basses tiges accompagnées de campagnes d’arrachage d’arbres de hautes tiges. Ces grands bouleversements ont des conséquences dramatiques sur les paysages de bocage, refuges de la Chevêche.
Des actions à mener
Le remembrement, la destruction des vergers, la rénovation des vieux bâtiments contribuent à diminuer de façon importante le nombre de sites potentiels de reproduction de la chouette. Pourquoi dès lors ne pas essayer de compenser ces pertes par la pose de nichoirs ? Il existe pour la chevêche plus de quinze modèles différents... Une association belge, le GEPOP (Groupe d’Etude et de Protection des Oiseaux de Proie) a mis au point un ingénieux nichoir, apprécié par la chevêche, et
fabriqué à partir d’une ... caisse à vin de douze bouteilles. Bien entendu, il existe un certain nombre de conditions à respecter afin de voir peut-être un jour la chance d’avoir son nichoir adopté par un couple de chevêches :
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Placer les nichoirs dans un endroit discret et les fixer solidement en faisant attention de ne pas mettre l’ouverture face au vent dominant. Hauteur souhaitable 3 à 4 m.
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Installer les nichoirs dans des secteurs déjà occupés ou en périphérie de ceux-ci.
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Ne pas les placer près d’une route, ni près d’un point d’eau. Choisir un bon biotope (perchoirs, végétation basse, peu de dérangement).
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Mettre des nichoirs (deux par exemple) à une faible distance l’un de l’autre car la chevêche a besoin de plusieurs gîtes sur son territoire.
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Idéalement, les installer avant la fin décembre pour espérer une nidification le printemps suivant.
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Déposer une litière à l’intérieur (ex: sciure de bois) afin d’éviter de les voir transformés en “ cloaque ”.
Penser à l’entretien (nettoyage en fin de saison : septembre ou octobre).
D’autres actions visant à protéger la chevêche dans notre région peuvent aussi être facilement mises sur pied. Conserver les vieux arbres, effectuer des plantations. Pourquoi ne pas créer un verger, non pas uniquement dans le but de récolter des pommes mais aussi pour y inviter notre chouette ? Mais pour cela, il est important de choisir de créer un verger à hautes tiges. On peut également penser au grillage de certaines cheminées qui
parfois se transforment en piège mortel pour le petit rapace. Et que faire lorsqu’on trouve des jeunes chouettes ? Surtout ne pas les recueillir ! Il suffit simplement de les placer en hauteur, en sécurité et les laisser tranquilles car leurs parents ne sont pas loin et attendent que vous passiez votre chemin pour pouvoir les nourrir ! Par contre, s’il vous arrive de trouver une chouette blessée, il est important de la mettre au calme dans un carton percé de trous et de prendre contact
avec un Centre de Revalidation pour Oiseaux. En l’occurrence, pour la région du Centre Ardenne, le 061/ 27 84 74 (Cécile Bolly à Tournay)
Thierry Gridlet
Photo de J.Berteau/RNOB
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