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13 novembre 2003 - n°225 - 226 - 227
Invasion de potirons !
À la ferme d’animation du Monceau à Jusseret, le personnel des cuisines n’a pas échappé à l’invasion de l’impressionnant légume dont la récolte fut exceptionnelle cette année. Comme c’était la fête des familles ce week-end, la chair orangée a fini dans d’énormes plats à gratin. Plus de cent personnes sont venues en manger ce dimanche, sans compter le personnel. Et il en reste encore sur les étagères dans la réserve : des jaunes, des blancs, des verts ! Le “potager” est une des douze activités proposées par la ferme du Monceau aux groupes qui viennent loger ou qui choisissent de passer une journée dans la bâtisse carrée. Il est d’ailleurs un peu curieux ce potager avec ses allées très larges et ses longues surfaces à cultiver qui ressemblent à des silos. En réalité, il s’agit de culture sur buttes. Le personnel a choisi cette méthode pour permettre à des personnes handicapées de pouvoir circuler en voiturette entre les légumes. Les allées sont encaissées par rapport aux lignes de poireaux ou de carottes, ce qui fait que tout le monde peut y travailler. Comme tous les bâtiments sont aménagés pour cet accueil spécialisé, qui constitue la moitié de l’activité, il n’y avait pas de raison d’oublier le jardin. B. Herry
Le potiron est un fruit, plus précisément une baie à écorce solide. Certains livres de jardinage racontent qu’il fut importé du Nouveau Monde, grâce à Christophe Colomb, avec le tabac, la pomme de terre, etc. Or ce légume est cultivé de manière universelle depuis plusieurs milliers d’années ; le peuple d’Israël regrettait les courges d’Égypte lorsqu’il était dans le désert (livre des Nombres). Aujourd’hui c’est l’Inde qui en produit le plus, courges et potirons, en dépassant les 3150 milliers de tonnes par an. Mais ce qui est intéressant, c’est que les Indiens d’Amérique ont cultivé pendant des millénaires le potiron d’une manière particulière. Ils plantaient une graine de maïs qu’ils laissaient pousser un peu. Ensuite, ils enfonçaient au pied de chacun des plants des grains de haricots qui grimpaient sur le maïs et ils repiquaient un potiron. Le maïs devenait tuteur, le haricot fournissait de l’azote grâce aux nodosités de ses racines et le potiron se développait à l’ombre. Ces trois légumes vivent très bien ensemble et exploitent chacun une partie différente du sol. Les racines du potiron peuvent descendre jusqu’à quatre mètres de profondeur. Voilà un légume qui ne s’est pas soucié cet été de l’absence de pluie chez nous, où le sol argileux restait humide sous les 60 cm de profondeur. |
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