18 janvier 2002 - n°172

Sport

Alain et Bruno Lewuillon à Suxy. Stop.
Ce vendredi 18 janvier. Stop. De l’Atlantique à Suxy. Stop.

Telle une information crépitant sur les téléscripteurs d’une agence de presse, ces quelques mots ne manquent pas d’interpeller la rédaction de notre journal. Qui sont Alain et Bruno Lewuillon ? Sont-ce vraiment les deux frères partis à l’assaut de l’Atlantique à la rame ? Comment ont-ils pu accoster à Suxy ? Et que viennent-ils y faire ?
Déplacement à Suxy afin d’y mener l’enquête. Point de chute, " Le Stop ", au centre de la localité. Henry et Vinciane, tenanciers de ce café de village, ne comptent plus les personnalités ayant effectué un petit crochet par “Le Stop”. Citons entre autres Antoine Duquesne et Frédérique Ries, Bob Cools, bourgmestre d’Anvers accompagné d’une équipe de la télévision flamande VTM, Luc Trullemans et Denis Collard donnant leurs prévisions météo à un groupe de scouts, et …les frères Lewuillon.
Ces derniers deviennent d’ailleurs des habitués. De réels liens d’amitié se sont tissés. Tout a commencé par une soirée de mai. De passage dans la région, à l’occasion du Rhéto Trophy, les deux frères se retrouvent au Stop en compagnie des moniteurs Adeps de Chiny et Neufchâteau pour une partie de bowling.
C’est là qu’en cours de soirée Alain aborde Henry et lui tient à peu près ces propos.
– Quel âge as-tu Henry ?
– 54 ans.
– Mon frère et moi-même avons respectivement 48 et 49 ans et nous allons faire la traversée de l’Atlantique à la rame. Nous cherchons des sponsors. Veux-tu être notre premier sponsor ?
- ? ? ?
Interloqué, notre Henry, pour ne pas dire complètement baba ! “Ou bien ce type est en train de se payer ma tête, ou bien cet illuminé rêve de traverser l’océan à la rame avec son frère” pense intérieurement Henry. Qu’à cela ne tienne. “Vinciane, donne leur 1000 francs à chacun !”, s’exclame-t-il.
Henry est loin de se douter à ce moment qu’il devient le premier sponsor d’une grande aventure, d’un grand exploit sportif. Loin de se douter qu’il vient de parrainer de véritables champions, anciens participants aux Jeux Olympiques et aux championnats du monde d’aviron. Loin de se douter qu’outre leurs qualités athlétiques, les deux frères possèdent de véritables qualités humaines.
Leur gratitude et leur reconnaissance font qu’ils reviennent à Suxy le 31 août pour présenter leur bateau, le win.belgium. C’est l’occasion de réjouissances autour d’un bon repas rassemblant quelque quatre-vingts convives. Et ce vendredi 18 janvier, on remet ça. Rencontre avec la presse à 18 heures, souper paella à 20 heures.
Henry et Vinciane mettent les petits plats dans les grands pour que la fête soit réussie. Des coupes seront remises aux frères Lewuillon, mais également à d’autres mouvements locaux : les sociétés de chasse et de pêche, le club des jeunes et le mini-foot de Suxy, les Cyclos de Cousteumont et de Jamoigne, les moniteurs Adeps de Chiny et de Neufchâteau. C’est l’occasion pour Henry de récompenser la fidélité de ses clients habituels. Fidélité et reconnaissance sont d’ailleurs les maîtres mots d’une soirée qui se veut avant tout amicale et conviviale. L’animation de la soirée est assurée par l’orchestre Denny D’Jams et un sosie d’Elvis interprétera quelques morceaux.
Gageons qu’Henry ne manquera pas de rappeler à cette occasion l’anecdote qu’il se plaît à narrer à ses clients. Cela se passe un soir de novembre. La sonnerie du téléphone retentit, Henry décroche et cela donne à peu près ceci.
– Henry ? Ici, c’est Alain.
– Alain ? Quel Alain ?
– Alain Lewuillon.
– Pas possible. C’est une blague. Alain est en train de ramer sur l’Atlantique. Qui êtes-vous, Monsieur ?
– Non, non, ce n’est pas une blague. Ici, c’est Alain et je suis bien sur l’océan. Ecoute…
En entendant le clapotis des vagues sur la coque du win.belgium, Henry se rend à l’évidence. C’est effectivement Alain Lewuillon qui se trouve à l’autre bout du fil. Le miracle du gsm. De l’Atlantique à Suxy.
Er. Meunier


La traversée de l’Atlantique à la rame, par équipe de deux, sans assistance, est une course d’environ 4900 km. Le 7 octobre 2001 à Tenerife, dans les Canaries, 35 équipages se lancent dans cette aventure un peu folle. C’est un duo néo-zélandais qui arrive en premier à Port-Saint-Charles le 18 novembre 2001. Nos compatriotes Alain et Bruno Lewuillon accostent en Barbade, une des Petites Antilles, une semaine plus tard. Ils terminent troisièmes de l’épreuve après un périple de 49 jours. Les derniers concurrents devraient atteindre la côte barbade, au large du Venezuela, au mois de mai 2002.

Retour au sommaire