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18 janvier 2002 - n°172


Histoire dune observation
Automne 2001, Alan Hale, le codécouvreur de la fameuse comète Hale-Bopp note une augmentation significative dans léclat de la comète LINEAR WM1. Les professionnels pronostiquent alors pour décembre une magnitude comprise entre 4 et 5, donc visible à lil nu. Il faut savoir que ce nest que tous les deux ou trois ans, en moyenne, quapparaît une comète visible à lil nu et tous les dix ans environ (moyenne des trois derniers siècles) que surgit une grande comète. Le problème est toujours quil faut être à la bonne position sur le globe terrestre et que la comète soit visible à une heure pas trop tardive pour ne pas décourager les gens qui doivent quand même se lever le lendemain pour aller travailler. Il faut aussi que les brumes et lhumidité soient réduites ces soirs-là et que la lune ne soit pas présente dans le ciel car léclat des comètes serait alors noyé dans le halo lunaire. Bref, cela relève toujours dun véritable challenge de parvenir à photographier ce corps céleste fascinant.
Néanmoins, quelques passionnés du club dAstronomie Centre Ardennes (ACA) décident de relever le défi malgré un mois de novembre très pluvieux limitant les observations en Belgique. Ils savent aussi quil y a beaucoup de paramètres qui entrent en ligne de compte pour pouvoir capturer la comète avec leur instrument.
Première tentative
Le 06 décembre, le ciel se dégage vers 21h. Le téléphone sonne. Cest le responsable du Service dAcquisition et de Traitement dImages (le SATI) qui contacte le directeur de lobservatoire et fixe rendez-vous à 22h30 à la coupole n°1 à Offaing. On décide de prendre le télescope de 300 mm douverture. Après une bonne heure de mise en route, dinstallation et de mise en station de linstrument, de réglage de caméra, celle qui permettra de digitaliser lobjet, de désembuage de lhumidité sur la face avant du télescop... Enfin le binôme est prêt pour laction. Le défi est de taille, la lune vient de se lever et la comète se trouve alors très basse sur lhorizon dans la constellation de la baleine. Le problème est double : aucune prévision professionnelle ne permet de connaître la position exacte de lobjet qui se déplace de 4° par jour par rapport aux constellations et la baleine ne contient que des étoiles à peine visible à lil nu. Malgré tout, les deux passionnés sacharnent. Mais le télescope de 300 mm ne servira à rien car lastre est déjà masqué par les bosquets. Heureusement le télescope C11 de 280 mm placé sur un socle en béton de 3 tonnes à 3 mètres au-dessus du sol, permet daccéder aux déclinaisons les plus basses juste au-dessus de lhorizon terrestre.
Néanmoins, la brume et lhumidité croissante sont trop importantes. Vers deux heures du matin, le cimier est rabaissé, les deux hommes reviendront dès que le ciel le permettra. Il reste alors trois à quatre heures de sommeil pour peut-être observer la comète en rêve cette fois...
Deuxième tentative, la bonne !
Samedi 08 décembre. Enfin le ciel est dune rare pureté ! Cest typique en fin dautomne avec les premières gelées. Après une après-midi de remise en état du réfectoire du centre qui servira pour les stages dastronomie de Noël, on décide de capturer lastre à sa position idéale : au plus haut dans le ciel, au Sud à 20° au-dessus de lhorizon. Visiblement, il faudra agir vite car la comète ne pourra être observée que deux bonnes heures, puis elle sera alors beaucoup trop basse et les lumières de la ville feront disparaître toute chance de lapercevoir. Comme il y a réunion du club ce samedi-là, cest toute une équipe de passionnés qui vont poursuivre la recherche. Après une réunion decoordination au centre dans les locaux chauffés, léquipe se met en route après une étude plus poussée des prévisions de la position de lobjet. Vers 21h, coup de théâtre, après un repérage des étoiles de la constellation de la baleine, on aperçoit aux jumelles le noyau de la comète. Chacun sempresse de pointer létoile repère qui est juste au-dessus à gauche de la comète. Le spectacle est fascinant, cela faisait quatre ans que lon avait pas observé un telle comète. Le responsable du SATI songe aux bonnes vieilles méthodes de la jumelle mais il reste persuader quil va arriver à la capturer avec son ordinateur portable et la caméra CCD. Après vingt minutes de recherche dans le ciel, sans aucunes coordonnées célestes, il la voit en visuel avec un oculaire grand champ. Il lui reste juste à le remplacer par la caméra CCD en changeant la focale et le tour est joué. Après une dizaine dimages de centrage et de focalisation, il prend sa première pose très courte pour sassurer que lobjet se déplaçant à 0.5° par heure est toujours bien présente
Emotion avec larrivée des premières images
Commence alors une série de différentes poses avec plusieurs traitements dimage qui permettront létude du noyau et de la queue de la comète. Une pose beaucoup plus longue permet demmagasiner beaucoup plus de photons (lumière) qui sera transformée par leffet photoélectrique du capteur CCD en différence de potentiel électrique puis injecté en bas voltage après amplification et digitalisation vers lordinateu. Cette opération dure environ trente secondes par photos. Lensemble de léquipe est rassemblé autour de lécran un mètre plus bas que le télescope et découvre en direct les images qui arrivent au compte-gouttes. Cest lémotion, car pour beaucoup dentre nous, cest la première fois quils assistent en direct à lobservation dune grande comète fraîchement annoncée.
En ajustant les niveaux de gris et en lui attribuant différentes couleurs, on arrive à mieux visualiser le noyau, la chevelure et la queue qui constituent les trois grandes parties dune comète. On peut également étudier la répartition des éléments constitutifs du noyau et de la queue en réalisant un histogramme horizontal qui reprend le niveau de gris de chaque pixel de limage. On peut donc maintenant commencer une phase dexploitation plus scientifique des données et étudier quantitativement le noyau et la queue car on constate que la courbe du noyau est asymétrique avec une longue montée avant le maximum (qui représente donc la brillance de la queue cométaire).
Cette queue que lon peut remarquer dans les images est en fait la queue de poussière qui est liée au déplacement rapide de la comète sur son orbite autour du soleil, certaines images laissent suggérer que lon peut également remarquer une queue de gaz dans une direction presque perpendiculaire à la queue de poussière mais cela peut être aussi la traduction en image dun bruit de fond dans le ciel ! La question est débattue par léquipe. Il faudra sans doute plus dimages et dautres nuits pour prouver cette constatation. Bref, il reste encore du travail à réaliser pour corriger nos images saisies.
P. Servais
Si vous voulez plus de renseignements sur nos activités, tapez : http://www.astroclub.net/mercure/aca/
Légende des illustrations:
Photo 1: Léquipe dobservateurs de lAstronomie Centre Ardennes avec la caméra CCD le 08 décembre 2001 dans la coupole n°1 de lobservatoire dOffaing (Neufchâteau)
Photo 2: Comète LINEAR WM1 pose de 30 sec, traitement en fausses couleurs

Ouverture dune mosquée
Après Virton, Bertrix et Bastogne, Neufchâteau accède à la demande de la communauté musulmane en lui accordant un local de culte.
Depuis peu, une mosquée est ouverte à Longlier, juste à côté de la grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes.
Cette décision surprise arrêtée au lendemain des événements du 11 septembre suscite le débat.
Tolérance ou inconscience : les avis divergent
Rares sont ceux qui restent indifférents ou sans réaction lorsquils apprennent louverture dune mosquée dans leur environnement proche. Cest vrai que ce genre détablissement nest pas courant et que ce mot évoque encore les palmiers et les horizons lointains. Pourtant de plus en plus de centres importants se dotent dun lieu de culte pour les musulmans.
Les événements mondiaux actuels influencent aussi notre jugement sur cette décision communale. Une décision qui visiblement divise les avis. Certains lestiment légitime, dautres la trouvent au contraire inadaptée.
Cest la bourgmestre, Nelly Gendebien qui a tranché : "Voilà plus de cinq ans que je reçois la visite régulière des représentants de la communauté musulmane de notre commune. Chaque fois, nous avons repoussé la décision par embarras, avoue-t-elle. Nous navons pas de bonnes raisons pour nous y opposer. Pourquoi, les musulmans auraient-ils moins de droits que nous, chrétiens, de nous réunir pour prier ? Je peux comprendre que cette décision positive puisse heurter nos principes, mais la communauté musulmane est très bien intégrée chez nous. Ils sont tous connus, car ils sont ici depuis longtemps. Aujourdhui, ces émigrés ont des enfants et des petits-enfants qui se mêlent à la population, certains se marient avec des habitants de notre région." Et de souligner : "Je pense quil faut faire évoluer nos a priori. Je sais que beaucoup ne partagent pas mon avis. En quoi ces gens seraient-ils une menace pour nous ?"
Visiblement agacée par les reproches, la bourgmestre termine par un argument choc : "Si la chapelle sest transformée en mosquée, cest parce quon a abandonné le culte à cet endroit. Puisque le local était vide doccupation et que le doyen a donné son accord, je ne vois pas où est le problème !
Concrètement, les édiles chestrolais ont donné leur accord pour que la communauté musulmane instaure son lieu de culte dans la chapelle désaffectée et désacralisée de lancien orphelinat de Longlier. Depuis de nombreuses années déjà, les paroissiens de la localité ne se réunissent plus à cet endroit où lon disait la "messe basse".
Mais tous les frais de restauration, daménagement et dentretien divers sont à la charge de la communauté musulmane. La commune nintervient pas financièrement. Le culte est dailleurs du ressort de la province. Mais le conseil communal a tout de même précisé : pas de politique dans la mosquée !
La nouvelle a été accueillie dans la joie !
Arrivé en Belgique en 1964, Mohamed Mezouari, dorigine marocaine, a obtenu la nationalité belge. Son premier travail, il la décroché au charbonnage à Liège, puis son parcours la conduit des ardoisières de Warmifontaine à lusine dAthus. Aujourdhui, il travaille à Libramont chez Jérouville.
Mohamed Mezouari est le président de lasbl Salam (ce qui veut dire bonjour) chargée de la gestion de la nouvelle mosquée avec ses amis Mohamed Larach et Abdel Karim Schebi, respectivement secrétaire et trésorier.
Mohamed Mezouari a du mal à cacher sa grande joie dêtre parvenu, a force dinsistance, à obtenir un lieu de prière. Depuis deux mois, ils sont une poignée dhommes à se retrouver après leur journée de travail à lancien orphelinat pour restaurer le local qui leur a été confié. Aujourdhui, la plus grosse partie des travaux daménagement sont terminés. Les lustres sont au plafond, le tapis est déroulé et on y prie déjà !
Cest une grande joie pour nous, sexclame-t-il ! Nous désespérions dobtenir un avis favorable et puis avec le drame de New York, on ny croyait plus du tout. Avec lenthousiasme, Mohamed Mezouari en perd son français. Cest son jeune fils qui joue linterprète, utilisant un vocabulaire plus précis : On est restés perplexes quand on nous a dit oui. Avant, nous devions aller à Longwy, Sedan ou Luxembourg. Maintenant, nous avons enfin un endroit pour nous réunir, pour nous voir. Tout à coup, on se sent moins renfermés et mieux compris !
Mohamed répète quil faut dire Merci ! Merci !. Cest important pour nous, répète-t-il ! Et son fils dajouter : Plus tard, la mosquée permettra aux jeunes dapprendre à écrire et lire larabe. Nous savons juste le parler et le comprendre, mais nous navons pas dendroit pour dispenser pareil enseignement.
Mohamed Mezouari exprime de nouveaux remerciements : Depuis le 11 septembre, on essuie des remarques déplaisantes. Cest normal quil y ait de la méfiance vis-à-vis de louverture de notre mosquée. On fera tout pour démontrer que nous sommes corrects et que ça na rien de politique !
Notre conversation terminée, Mohamed monte dans sa voiture pour aller à la mosquée. En principe, les musulmans doivent prier cinq foix par jour suivant un horaire évolutif en fonction du lever et du coucher du soleil. Mohamed, qui a la charge du lieu de prière, doit donc senquérir de la bonne fermeture du lieu...
Garder un lien avec sa culture
Hafouda Afara-Mervat, est originaire du Liban. Elle et son mari sont en Belgique depuis quatorze ans. Ils ont quitté leur pays en raison de la guerre. Hafouda est professeur de religion islamique dans les écoles de Libramont, Bertrix et Neufchâteau. Elle enseigne à des petites classes dun ou deux élèves, pas plus. Dannée en année, le nombre délèves naugmente guère, nous dit-elle. Ces cours sont importants pour nos enfants. Tous nont pas la même provenance. Ils sont Turcs, Marocains, Libanais... mais ils ont une culture religieuse identique et cest essentiel de la transmettre. La plupart des émigrés ont tout quitté : famille, amis, maison... La communauté musulmane devient alors leur dernier lien dattache avec leur origine. Permettre louverture dune mosquée, cest reconnaître lexistence de notre communauté et son intégration. Et Hafouda dajouter : Nous sommes très heureux ici, nos enfants grandissent et sadaptent bien. La population est accueillante et nous a aidés. Nous ne voulons plus quitter la région !.
O.W.

Jeter ou planter son sapin
Ils sont dans la rue, couchés sur le trottoir ou au fond du jardin à côté du tas de compost. Les sapins ont perdu leurs décorations. Certains seront replantés, dautres finiront au fond dun conteneur ou partiront en fumée.
Sur le marché du sapin de Noël, il y a trois types de produits. Le sapin coupé, le sapin en motte et le sapin en conteneur. Les premiers, après la fête, finiront dans un grand feu ou dans une filière du recyclage des matériaux organiques. Les sapins en motte et les sapins en conteneur sont souvent replantés
avec plus ou moins de succès.
Lavis dun spécialiste
Afin de connaître la bonne méthode pour réussir la reprise dun sapin, nous avons interrogé un professionnel pour quil nous donne ses conseils. Philippe Coudeville, pépiniériste à Recogne nous explique : En ce qui concerne les sapins en motte, cest très difficile de réussir une reprise. Sur cent sapins, seuls dix reprendront peut-être. En fait, la motte est plutôt une facilité pour la ménagère, parce que les racines du sapin gardent une certaine humidité, ce qui évite la perte daiguilles.
Dès le 15 octobre, les pépiniéristes commencent larrachage des arbres. Ils les laissent généralement en tas aux abords du terrain. Pour la manutention, la motte est réduite à son minimum. Une motte assurant la reprise de la plante devrait peser dans les vingt kilos ou plus. Cela entraînerait une surcharge de poids pour les ouvriers et une perte de place importante sur les camions. En tas, il y a souvent un échauffement, ce qui nest pas très bon pour les sapins.
Vers le 10 novembre, les sapins sont expédiés vers les différents points de vente.
A la mi-décembre, une fois acheté, le sapin se retrouve dans une atmosphère avoisinant les 20 degrés. Sil a subi du 5 degré juste avant, il aura un gros choc de température et un choc hygrométrique. Pour espérer la reprise du sapin, il ne doit pas être placé à côté dune source de chaleur et son feuillage doit être vaporisé deau régulièrement. La motte doit aussi garder un bon taux dhumidité. Avant de le planter en pleine terre, il vaut mieux le laisser trois ou quatre jours dans un endroit frais, comme un garage, pour lui éviter un choc de température dans lautre sens. De son système de racines, il ne lui reste plus que les départs des racines maîtresses. Il na plus de radicelles et au 15 janvier, il y a déjà trois mois quil est arraché, donc la reprise est vraiment aléatoire. Malgré tout, plus vite il est en terre, plus la probabilité de succès est grande.
Mieux vaut un sapin en conteneur
Les sapins en conteneur ont beaucoup plus de chance de reprendre, à condition davoir été arrosés et vaporisés en suffisance. Plus le sapin est petit, mieux cela fonctionne, explique Philippe Coudeville. La racine dun sapin qui est resté trop longtemps en pot tourne dans le fond. Après deux ou trois jours au garage, on peut le mettre dehors en attendant un moment favorable pour la plantation. De cette manière, il sera plus proche de ses conditions de vie normale avec un air humide, une température adaptée et à la lumière naturelle.
Pour le mettre en terre, on creuse un large trou denviron soixante centimètres de côté. On ameublit bien le fond et on dépose larbre de façon à ce que le niveau du sol final soit deux centimètres au-dessus du niveau de la terre du pot, parce quavec le temps elle sest un peu tassée. Autour, on met un mélange de terre et de terreau pour faciliter lavancement des racines dans le sol et on noublie pas de mettre un tuteur vertical, parce quen cas de grand vent comme au printemps, la partie aérienne de larbre, qui est quand même importante par rapport aux racines, risque de détruire les racines neuves par effet de basculement.
Tous les arbres en pot reprennent dans nonante pour cent des cas.
Le sapin ardennais reprend
des parts de marché. Malgré les quarante trois pour cent occupés par les sapins artificiels, le sapin ardennais se place bien. La tendance penche fortement vers le Nordmann qui atteint les nonante pour cent face à lépicéa en jardinerie. Et après un creux manifeste ces dernières années, une reprise est amorcée avec même
un léger manque darbres par rapport à la demande.
B. H.
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