18 octobre 2002 - n°186 et 187

Région

José Happart visite nos pépinières

José Happart visite nos pépinièresAprès la visite de José Daras à l’école de Longlier, Neufchâteau a accueilli, ce 27 septembre, José Happart, le ministre wallon de l’Agriculture et de la Ruralité, dans le cadre d’une journée portes ouvertes sur l’horticulture ardennaise. C’est l’Union ardennaise des pépiniéristes, l’U.A.P. pour les habitués, qui a mijoté le programme de cette présentation du secteur trop souvent oublié de l’agriculture : les producteurs de feuillus et de résineux.

La Wallonie produit des légumes à destination industrielle, des légumes frais, des racines de chicons, mais aussi des arbres d’ornement, de rapport – feuillus ou résineux – et des sapins de Noël. L’U.A.P. voulait montrer qu’elle méritait autant l’attention que la production alimentaire et, de surcroît, qu’elle était pleine de ressources. Depuis de nombreuses années, des pépiniéristes cherchent, et trouvent à force de chercher, des nouvelles techniques de production, de désherbage, de conditionnement des produits mis sur le marché.

Le ministre José Happart s’est vu expliquer trois points importants sur les hauteurs d’Offaing : le clonage d’épicéas pour la production de sapins de Noël, l’utilité d’un verger à graines de sapins Nordmann et le désherbage biologique des plantations de sapins de Noël par le mouton Shropshire.

Le volume de production annuel du sapin de Noël ardennais fluctue entre trois et quatre millions d’arbres. C’est dire qu’il en faut de ces sapins pour satisfaire la clientèle ! Vingt pour cent iront dans un foyer belge et quatre-vingts pour cent fileront en camion vers la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, les pays méditerranéens ou encore vers les pays de l’Est. Pour répondre à la demande intransigeante, les producteurs ont dû mettre au point des méthodes de culture efficaces, au rendement élevé, et donnant des arbres réguliers. Yves Evrard a expliqué, au cours de la visite, une méthode de multiplication par bouturage qui donne de très bons résultats en serre ; quatre-vingts pour cent des boutures donneront un sapin de bonne qualité.

Le ministre et les autres visiteurs, qui étaient des pépiniéristes professionnels ou à titre complémentaire, se sont ensuite rendus sur le terrain pour observer les sapins de plusieurs années en pots enfouis dans le sol. C’était évidemment passionnant, mais ce qui intéressait encore plus les oreilles attentives, c’était le désherbage biologique grâce aux moutons. Claude Guiot, le président de l’U.A.P., expliquait, dans un style bien à lui, la conduite des troupeaux. José Happart en fut conquis !

B.H.

Vos bouchons vont-ils à Liège ?

Vos bouchons vont-ils à Liège ?René Hamers perd son emploi, son copain aussi. Un peu désœuvrés, ils attrapent le goût du bouchon ! René était déjà sensible au problème écologique de la production de chêne-liège et comme il n’avait plus d’occupation professionnelle, l’idée de récolter les bouchons s’installe. Un ami propose aux deux hommes d’occuper gratuitement un bâtiment et voilà qu’ils se mettent à l’ouvrage. “L’idée de départ est venue en regardant une émission de la télévision allemande au début de l’année 1996. Cette émission montrait comment les bouchons de liège sont récoltés pour être broyés et utilisés en bio-construction.” L’idée mûrit et le projet démarre en juin 1997 grâce à un budget “semaine verte”. Les buts étaient de toucher le grand public au moyen d’un dépliant, de sensibiliser les écoles, par une “leçon de choses”, et d’avertir la presse. Le projet en question est mené à bien et ils sont aussi présents à de nombreuses foires “bios” comme à “la Bardane” à Spa, à “Valériane” à Namur, … Au bonheur des initiateurs, en 1997, la récolte est bonne : 150 000 bouchons ! Une petite goutte dans l’océan des bouchons puisque cela ne représente qu’un mille deux centièmes de la quantité de bouteilles débouchées en Belgique, mais cela lui fait malgré tout un beau tas de liège à traiter. Cinquante points de récoltes sont déjà en place en Wallonie et en région bruxelloise. Le projet continue son petit bout de chemin sur la route du recyclage du liège et chaque jour, succès populaire oblige, de nouveaux contacts se nouent.

En 1998, ce sont cent trente centres de récoltes qui rassemblent bouchons de vin, de champagne, semelles de chaussures, sous-plats, dalles en liège. L’ensemble est drainé vers Liège, plus précisément à l’asbl “Le petit liège”.

Il faut pousser le bouchon plus loin

Vos bouchons vont-ils à Liège ?Grâce à la participation croissante d’intervenants, des écoles, des particuliers, des associations, de magasins de grandes surfaces, de parcs à conteneurs…, le nombre de points de récoltes ne cesse de grimper. Il atteint les deux cent quatre-vingts en 1999.

Au début de l’année 1999, l’équipe à vocation sociale qui ne cesse de grandir, étudie et réalise un broyeur. Depuis le mois de mai de cette année, elle est en mesure de broyer les bouchons entre mai et décembre, elle avait déjà vendu vingt mètres cubes de granulés destinés à l’isolation de sous-toitures, de cloisons ou de planchers.

Les statistiques sont incroyables : en 1998, ce sont un million et demi de bouchons qui sont récoltés et en 1999, trois. “La plupart des personnes qui avaient un sourire dubitatif aux lèvres lorsqu’elles entendaient parler du projet en 1996 et 1997 doivent bien constater aujourd’hui que grâce à l’effet multiplicateur du bénévolat, le cycle complet du projet est réalisé. C’est-à-dire la sensibilisation du grand public et des écoles, la récolte du liège en soi, le stockage dans les sacs en toile de jute, le triage et le broyage (tamisage, calibrage et dépoussiérage) et la vente de granulés”. René Hamers, que L’info à rencontré au salon Valériane à Namur, était aussi heureux de dire que le développement de l’activité permettait d’engager des “articles soixante”, des personnes en réinsertion sociale.

Des contacts avec les pays voisins ont été établis et “Le petit liège” constate que si l’Allemagne a quelques difficultés d’approvisionnement en matière première, la France, elle, démarre doucement mais sûrement la récolte des bouchons. Que souhaiter de mieux au pays de tous les vins ?

“Le petit liège” était présent au salon “Bois et habitat” de Namur en mars 2000. L’asbl exposait pour la première fois. D’emblée, les organisateurs ont montré, avec une réelle motivation, ce type d’isolation qui provenait du recyclage. En 2001, des points de récolte ont gagné la partie Nord du pays et c’est un total de quasi vingt-quatre tonnes qui ont été ramassées. Nous attendons avec impatience les chiffres de l’année 2002. Vingt-quatre tonnes, cela représente un trentième des quantités consommées en Belgique et quatre-vingts mètres cubes de granulés.

Le mari de la cousine d’Hubert

Vos bouchons vont-ils à Liège ?Mais pourquoi L’info s’intéresse-t-il tant à tous ces bouchons qui vont à Liège se faire recycler ? Figurez-vous que René Hamers est le mari de la cousine d’Hubert Burnotte, qui, lui, habite à Neufchâteau ! Hubert qui aime son cousin par alliance, le projet et l’œnologie, fut emballé dès le départ et il offre un point de collecte chez lui. Pas besoin de sonner, un grand coffre rouge attend les sacs de bouchons devant sa porte.

“C’est touchant, dit-il, parfois on trouve un sac rempli à craquer de bouchons avec un petit mot encourageant pour l’asbl. En une année, je récolte environ trente-cinq sacs poubelle remplis. Un sac plein pèse plus ou moins trente kilos. Je vais parfois jusqu’à Virton, où je connais un instituteur qui les ramasse avec ses élèves.”

A force de triturer le liège, les initiateurs du projet ont inventé d’autres projets encore plus audacieux comme celui de produire des briques d’argile et contenant septante pour cent de liège. Il devrait être mis sur pied avec une société qui produit de l’argile et un atelier protégé. Cette brique est à placer entre les colombages, nouveaux ou rénovés, ou peut être employée pour la réalisation de murs et de cloisons intérieures. Des essais d’intégration de granulés à du béton sont en cours.

“Le petit liège” a pu s’acheter un camion d’une capacité de seize mètres cubes pour livrer les granulés et collecter au besoin des sacs de bouchons.

Le goût du bouchon, ça s’attrape !

Si vous êtes sensibles aussi au recyclage du liège, vous pouvez organiser une récolte dans votre quartier, sur le lieu de votre travail, dans l’école de vos enfants, auprès de votre association. L’objectif est doublement noble, vous participerez à la récupération d’un matériau vivant et vous coopérerez à la réinsertion sociale de personnes en difficulté.

B. H.

De l’écorce au bouchon

Le matériau qui permet de fabriquer des bouchons vient de l’écorce du chêne-liège. Cet arbre est une espèce de lumière qui a besoin d’un climat chaud et humide pour se développer. On le trouve donc sur le pourtour méditerranéen et au Portugal, là où les précipitations atteignent au moins les six cents millimètres par an. Vingt-cinq ans sont nécessaires pour produire la première écorce valable. Par la suite, on pourra prélever des tranches d’écorces tous les dix ans. Un chêne-liège peut vivre quatre cents ans. La demande actuelle en liège pousse les producteurs à raccourcir les délais. A vouloir tirer trop d’écorce, on s’est aperçu qu’un champignon s’était installé sur les individus qu’on affaiblit de la sorte. La fonction première de cette écorce n’est pas de nous fournir en bouchons, mais d’isoler l’arbre du froid, des intempéries et de le protéger en cas d’incendies de forêt. Actuellement, il existe un réel problème de gestion du liège naturel, au niveau des maladies et au niveau des quantités à produire.

L’idée d’utiliser le liège n’est pas neuve. On a découvert des amphores fermées à l’aide de bouchons dans d’anciens sarcophages égyptiens. Les Grecs de l’Antiquité utilisaient déjà l’écorce de l’arbre pour confectionner des sandales, des flotteurs pour leurs filets de pêche et ils fermaient aussi leurs tonneaux et leurs amphores d’huile d’olive à l’aide de ce fameux liège. C’est, paraît-il, Théophraste, un disciple de Platon, qui découvrit que l’écorce du chêne-liège se reconstituait après qu’on la lui ait ôtée. Pline l’ancien évoque l’utilisation du liège notamment pour la couverture des habitations ou la fabrication de gilets de sauvetage. Avec nos petits bouchons, nous ne sommes donc pas les premiers à utiliser cette matière légère, imperméable, imputrescible, élastique…
C’est en Champagne au XVIIIe siècle, près d’Epernay, qu’un moine bénédictin, Don Pérignon, fait une triste constatation lors du processus de champagnisation : les bondons de bois enveloppés de feuilles de chanvre huilées qui servent à fermer les bouteilles sautent régulièrement. Il les remplace par des morceaux de liège cylindriques et améliore de ce fait le résultat. L’utilisation du bouchon de liège pour obturer les bouteilles naît et se généralise auprès de tous les producteurs de vin.

Les pièces cylindriques enlevées à l’emporte-pièce des écorces du chêne-liège font leur office et terminent souvent à la poubelle, une fois inutiles. Or cette matière revêt de nombreuses propriétés exploitables dans le domaine du bâtiment. Il est chaud au toucher, antistatique et ne retient donc pas la poussière. Sa résistance thermique va de – 180° C à + 110° C. Il est ignifuge et ne pèse même pas un quart de kilo au décimètre cube. Deux centimètres de liège isolent autant que sept centimètres de pin ou quarante-trois de briques. Et la liste de ces qualités en encore longue, c’est dire que le récupérer est de bon aloi.

Après un temps de stockage dans les locaux de l’asbl “Le petit liège”, les bouchons ou autres objets en cette matière sont broyés et utilisés pour isoler. Si les granulés sont chauffés, ils dégagent des résines qui soudent entre eux les granulés et on peut former des plaques. Ces granulés sont vendus en sacs de cent litres et sont calibrés entre deux à sept millimètres.

Aux dernières nouvelles, quatre cents centres de récoltes étaient opérationnels. En ce qui nous concerne, nous avons Hubert Burnotte, Chantenieule 40 à Longlier. Si l’un de vous devenait responsable d’un centre de récolte, sur la zone de distribution du journal, n’hésitez pas à nous contacter, nous mettrons une petite mention pour le signaler dans L’info.

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter l’asbl “Le petit liège”, chemin du Meunier 7 à 4831 Bilstain. Tél – Fax : 087 44 50 21 ou petit.liege@swing.be

Embarquement immédiat !

Embarquement immédiat !Après avoir ramé sur tous les ruisseaux conviviaux de notre belle province, les quatre marins marrants vous convient à une nouvelle escale : la sortie d’un C.D. quinze titres. Ouvrez vos écoutilles !

Depuis plusieurs années, un équipage de joyeux pirates écume les bars louches, les chapiteaux plus ou moins malfamés et les salles de spectacles les mieux équipées de notre région. Chaque port d’attache résonne longtemps encore des accents musicaux de ce quatuor maniant l’humour salé et la bonne humeur iodée. Au fil de leur périple, ils se sont forgé une solide réputation de chauffeurs de salle et de joyeux drilles, notamment, il y a quelques mois, en assurant la première partie de Tri Yann à Arlon devant une assistance conquise qui n’en espérait pas tant. Les murs du hall polyvalent s’en souviennent encore.

A partir d’un répertoire de compositions originales et de reprises de chants de marins traditionnels, nos quatre compères ont fidélisé un public de plus en plus nombreux qui réclamait depuis longtemps de pouvoir les réécouter à volonté. Ce sera bientôt possible dès fin novembre. Un C.D. réalisé à la sauce maison, mitonné en fond de cale et auto-produit sera disponible chez nombre de disquaires régionaux : Arlon, Neufchâteau, Virton, Athus… Fort de quinze chansons originales, majoritairement composées par Patrick Weyders, l’album arpente les thèmes récurrents à la chanson marine : voyages, amitiés, tempêtes, fêtes, amours infidèles… à travers un panel de rythmes tantôt enlevés, tantôt plus sages, et nous emmène allégrement sur les flots aventureux des bords du Ton. Si le débit de la rivière gaumaise semble misérable face aux flots déchaînés des océans médiatiques de la chanson actuelle, d’autres liquides vous entraînent dans des voyages iconoclastes et avinés qui méritent bien plus le détour que certaines stars académiques amatrices de boissons sucrées.

Les gabiers du Ton sont des gars bien et ce ne sont pas les filles de La Rochelle qui nous contrediront. Des photos de Joseph Collignon, ancien auteur de textes pour Jean-Claude Watrin et qui fournit celui de la chanson “Douce espérance” à “Cré tonnerre”, illustrent magnifiquement le livret qui accompagne l’album dont la pochette a été réalisée par Jean-Claude Servais. Au niveau de l’enregistrement, l’album a été mixé et masterisé au “Studio Poupée Zim-Zim” de Tony Bertrand à Etalle, un autre Gaumais bon teint. Bref, un mélange de talents régionaux mis au service d’une musique métissée et sans complexe qui mélange joyeusement guitares, claviers, percussions, instruments traditionnels et cris de cochon.

A découvrir absolument ! Cré Tonnerre est un groupe qui explose véritablement en concert où il partage tout avec son public, n’hésitant pas à le faire chanter, bouger, danser et à l’inviter à monter sur scène. Ils en feront encore la preuve le 16 novembre au café “La Folie” à Martelange dans le cadre d’une soirée-bistrot. Une bonne occasion de les découvrir, ou redécouvrir, dans une ambiance idéale pour ce genre de musique avant de vous précipiter sur leur C.D.. Un album à ne pas pirater !

“Cré tonnerre” c’est : Raphaël Goblet aux chants, claviers, flûtes, guitare et sombrero, Daniel Léonard aux chants, guitare, harmonica, percussions et cochonnailles, Patrick Haager aux chants, guitare et cochonneries et Patrick Weyders aux chants, guitare, accordéon, épinette, hurlements. Contacts : “Cré tonnerre”, Chansons de marins. Animations, concerts. Paule Clausse 063/41.15.19.
P. Dabe

www.cretonnerre.be
cretonnerre@advalvas.be

Le foie gras de Lahérie se dévoile

Le foie gras de Lahérie se dévoileCe week-end, Olivier Weyrich, bien connu pour être à l’initiative de notre journal, présente son premier livre. Promoteur de notre terroir et de ses richesses, c’est tout naturellement qu’il devient l’auteur d’un éloge du foie gras de Lahérie. Sensible à l’énorme travail accompli par Philippe Devos et agacé par les attaques répétées des activistes qui accusent les producteurs de ne pas respecter la vie animale, l’auteur a pris la plume avec le tempérament qu’on lui connaît, pour montrer toute la noblesse de cette production hors du commun, soulignant l’impact direct de cette production sur le développement économique local.

Le foie gras a le don de susciter les réactions. Les palais avertis le portent aux nues, les détracteurs l’accablent.

Le foie gras de Lahérie se dévoileOlivier Weyrich n’emprunte aucun détour. Il expose le sujet, du début à la fin de la filière de production, sans forcer les opinions.
L’ouvrage, qui a demandé patience et ténacité, devient par son travail un tissu de complicité. L’auteur devient confident de Philippe Devos, l’éleveur, qui a osé s’investir sans compter. Le producteur observe sans répit ses canards et sait détecter leur état physiologique à travers les moindres signes. La confiance lie les restaurateurs et le fournisseur de foie frais ou conditionné. Ils nous offrent, au passage, des recettes réalisables par tous. Arnaud Quaranta, le photographe, a su s’imprégner de la vie des animaux et de la quiétude du village de Lahérie, en Ardenne centrale.

Comme la mécanisation a conquis une partie de cette région de Belgique, le foie gras est arrivé innovant. L’une et l’autre, s’ils sont conduits en bonne mesure, progresseront pour garder et exhausser le charme des hameaux tranquilles.

Ce livre est une éclaircie qui permet d’aborder le foie gras avec plus de sérénité… et d’appétit.

Outre le récit de la fabrication du foie gras et de la vie de l’élevage, l’ouvrage propose différentes recettes illustrées. Elles vous permettront de confectionner des plats qui sortiront de l’ordinaire et de cuisiner différemment les produits issus du canard. Trois grands chefs de la province, créatifs et magiciens des saveurs, livrent dans cet ouvrage quelques-unes de leurs meilleures recettes. La touche finale est apportée par Philippe Devos qui livre les meilleures pages de son carnet de cuisine. Un régal…

Le foie gras en terroir wallon (Weyrich éd.)

265 x 245 mm, 132 pages, 160 photographies en couleurs, couverture cartonnée avec jaquette. Prix : 38 euros (disponible en librairie à partir du 21 octobre).

Lahérie : une invitation à la promenade

Le brouillard souvent présent, les épicéas qui se balancent, les prairies qui tiennent si longtemps prisonnières les gouttes de rosée, les maisons anciennes, tout invite à céder à l’appel de la campagne. Une fois passées les nouvelles constructions, le visiteur d’un jour peut goûter à l’Ardenne. C’est ce charme dont respire Lahérie que l’auteur a voulu partager… jusqu’aux canards qui se dandinent ou se reposent à l’ombre des arbres. Cette terre de traditions, de bonnes tables, de légendes curieuses a bien sûr reçu quelques égratignures du modernisme, mais l’habitant, têtu dit-on parfois, a aussi su garder une identité.

Olivier Weyrich le démontre en vous conduisant à travers le village. Il vous dit le vent froid et le souci qu’avaient les anciens à trouver de l’eau, l’évolution des constructions agricoles qui répondaient au fil des ans aux besoins des familles, la traite des vaches, les besognes typiques. Il explique aussi les usages du schiste, matériau abondant dans le sol de la région et qui s’est prêté à mille utilisations : les murs, les toits, les éviers, les dalles funéraires et que l’on ne peut manquer en se promenant.

Et puis, il y a le moulin qui accueille aujourd’hui un élevage de canards, mais qui permit aussi de fournir de l’électricité aux villageois, qui était desservi par de petits canaux qui amenaient l’eau et que l’on devait relever une fois l’an lors d’une corvée. Un moulin plein d’histoires de meuniers courageux et autoritaires, qui ouvraient procès pour non respect de banalité. Lui qui tournait encore en 1976 et dont les meules de pierre se sont arrêtées net lors de l’apparition de la… La suite est dans le livre !

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