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17 Janvier 2001 - n°152


Connaissez-vous “Le Saglé” ?
Edité par l’Asbl “Retrouvailles Herbeu-montoises” depuis quatorze ans, “Le Saglé” se définit comme le journal des Herbeumontois et des sympathisants d’Herbeumont. Il s’agit en réalité d’un bulletin trimestriel qui publie les échos de la cité et les récits de la belle époque. Généreusement illustré, chaque numéro présente un sommaire relativement copieux. “Le Saglé” qui atteindra le cap du soixantième numéro à la fin de l’année est connu pour son sérieux et sa régularité. Le bulletin compte quatre cents abonnés témoins de son intérêt.
Dans le dernier numéro paru fin de l’année 2000, une large place est réservée au cimetière d’Herbeumont et à ses anciens monuments funéraires. On y découvre aussi un bel article consacré à l’ancienne ardoisière du “Petit Babiny” (St-Médard). Plus surpenant, Jean Gengoux, l’éditeur du bulletin, rapporte à ses lecteurs le récit d’un scandale électoral à Herbeumont... à l’occasion des élections législatives et provinciales de 1929 !
Pour vous abonner au “Saglé”, adressez votre mandat de 350 francs à Julien Gengoux (rue du chateau 2 à 6887 Herbeumont), asbl Retrouvailles Herbeumontoises, cpte 000-0467992-64, avec la mention abonnement.

Il a fallu beaucoup d’espérance !
En
décembre dernier, la nouvelle aile du home “Bonne Espérance” était inaugurée.
Les travaux devraient être définitivement terminés au printemps et permettre
au home d’élever sa capacité à trente-cinq pensionnaires. Cette importante modernisation
est l’œuvre de l’échevine sortante Carmen Bosquet qui a réussi le tour de force
de mettre en œuvre pendant la seule durée de son mandat de six ans, ce que l’on
promettait illusoirement depuis presque trente ans !
C’est en compagnie de Carmen Bosquet et de son successeur à la gestion du home,
le nouveau bourgmestre de Herbeumont, Jean Guillaume, que nous avons visité
pour vous le home rénové.
Un dossier de cœur
On ne pouvait rêver mieux pour visiter le home. Carmen Bosquet le connaît par
cœur. Le home, c’est son œuvre, un dossier qu’elle a porté à bout de bras durant
six ans. Même si elle en est fière, n’imaginez-pas qu’elle s’enorgueillit. Pour
elle, ce travail fut un devoir, une mission qu’elle s’était donnée à remplir
sans faute.
Le
but atteint, Carmen Bosquet n’était plus candidate aux élections communales
d’octobre dernier. “J’ai donné beaucoup de moi-même pour ce home, je suis fatiguée,
j’ai besoin de repos, je fais confiance à l’équipe de M. Guillaume pour la suite...”.
Carmen Bosquet nous donne une leçon de vie. Alors que beaucoup de responsables
politiques essayent de monter leurs dossiers qui aboutissent rarement en six
ans, modestement Carmen Bosquet a refusé un probable plébiscite des électeurs.
Le sentiment d’avoir accompli son travail, l’échevine sortante rentre tranquillement
chez elle... Elle a fait ce que son devoir lui indiquait.
Peu avant Noël, elle inaugurera devant un parterre de personnalités de la région
la nouvelle maison de retraite.
Petit historique
C’est
en 1936 que Benjamin Heyermans, Herbeumontois, fait construire l’ “Hôtel de
la Bonne Espérance”. Vingt et un an plus tard, la propriété est acquise par
l’asbl des “Maisons familiales de Bleid” sous l’impulsion du gouverneur Lamalle.
L’hôtel devient alors le “Home de la Bonne Espérance”.
En juin 1976, l’intercommunale du Sud-Luxembourg vendait le home à l’Association
intercommunale des Oeuvres médico-sociales du Centre-Luxembourg.
En 1987, l’agréation provisoire prend fin. L’établissement ne répond plus aux
normes réglementaires. S’ajoutait à cela un bilan déficitaire s’élevant à près
de cinquante millions. Face à cette situation intenable, le home est fermé en
septembre 1987. Le personnel est licencié.
En juillet de la même année, le conseil communal décide, à l’unanimité, l’acquisition
du home avec comme objectif de le maintenir en activité au bénéfice des pensionnaires
âgés d’Herbeumont et ses environs.
Pour le franc symbolique, la Commune devient propriétaire à la condition de
maintenir l’établissement et le personnel.
Des travaux sont alors entrepris pour obtenir l’agréation. Elle sera reçue le
1er janvier 1993.
Augmenter la capacité
Pour
rendre le home viable et éviter de perdre tous ces investissements, il s’impose
aux responsables communaux d’augmenter la capacité de l’établissement et le
rendre moderne. C’est à quoi va s’employer l’échevine Carmen Bosquet.
Sensibilisée au problème du home parce que sa maman y séjourna, Carmen va donner
toute son énergie pour faire aboutir le projet de rénovation. “Pour moi, dit-elle,
il était important de donner à nos aînés un lieu de repos décent, correct et
adapté à leurs besoins”.
Ses efforts seront couronnés de succès. A la suite de longues démarches et après
avoir frappé à de nombreuses portes, elle obtient du ministre Taminiaux une
intervention à hauteur de 60% sur une adjudication s’élevant à quelque trente-neuf
millions.
Avec l’aide des anciens bourgmestres Georges Bienfait et Julien Gengout, ainsi
que du député Daniel Ledent, Carmen Bosquet parviendra à réunir les moyens pour
mener à terme les travaux de rénovation.
Une maison moderne
Visiter le home avec Carmen est un véritable plaisir. Ici, tous les pensionnaires
l’accueillent les bras grands ouverts. Il faut dire que leur confort a été nettement
amélioré. Tout a été aménagé de façon à rendre l’endroit pratique, sécurisé,
agréable et confortable.
L’équipement a été totalement modernisé, en passant par une cuisine professionnelle
moderne largement équipée, une salle d’eau adaptée pour les personne à mobilité
réduite ou encore un ascenseur sophistiqué.
Les pensionnaires jouissent maintenant d’un cadre de vie de très bonne qualité.
Une chapelle et un petit funérarium ont même été aménagés au rez-de-chaussée.
Ce dernier peut être utilisé pour les besoins de la population du village.
“La Bonne Espérance”, qui tire son nom d’une pièce de théâtre mettant en scène
une traversée de bateaux, écrite par le père de l’ancien propriétaire M. Heyermans,
bénéficie d’un cadre exceptionnel et d’une vue superbe sur la Semois. Vu qu’il
est isntallé en bordure de la vaste forêt herbeumontoise, il n’est pas rare
que les pensionnaires aient l’occasion de saluer la visite de quelques cervidés
!
Grâce à l’acharnement de Carmen Bosquet et avec l’aide de ses amis, Herbeumont
a sauvé son home.
Pour tous ceux qui ont oeuvré à cette tâche, la meilleure récompense est sans
doute d’entendre ce que nous a répété un nouveau pensionnaire : “J’aurais jamais
pensé que je viendrais ici... on y est vraiment bien !”
Il faut dire qu’après tant d’années, qui croyait encore que le home était promis
à ce renouveau ?
O. Weyrich
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