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17 Janvier 2001 - n°152


Ils pètent la forme !
Le
BCCA porte haut les couleurs de sa ville, de sa région, du basket provincial.
La deuxième saison, souvent considérée comme la plus difficile, continue d’apporter
aux joueurs, au staff ainsi qu’aux nombreux supporters, d’énormes satisfactions.
A mi-parcours, le club chestrolais pointe à la 3e place derrière Profondeville
et Wilsele, qui doivent encore se déplacer en terre ardennaise. Chaude ambiance
en perspective…
Comment expliquer la répétition de tels exploits ? Comment un club amateur peut-il
rivaliser des adversaires au budget largement supérieur ? Comment une bande
de copains, certes doués, peut-elle venir à bout de formations où évoluent plusieurs
pros ou semi-pros ? Les performances du Petit Poucet de la 3 B constituent une
victoire du Sport noble sur le sport Pognon. La recette du coach tient en trois
mots : travail, ambiance, structures.
Travailler pour progresser
C’est
vrai que cette année Neufchâteau est attendu partout. Tout le monde connaît
son style de jeu. L’effet de surprise ne joue plus. D’ailleurs, le début fut
difficile. Une seule victoire lors des trois premiers matches alors que l’année
précédente, le BCCA avait réalisé le carton plein. Depuis les joueurs se sont
bien repris, alignant neuf victoires pour seulement deux défaites. Néanmoins,
la défaite subie à Beringen risque de peser lourd dans la balance si d’aventure
Profondeville et Wilsele venaient mordre la poussière en Ardenne.
Jean-Marie Fivet, qui dispose d’un effectif jeune, analyse les bonnes performances
de ses basketteurs. En un an les jeunes se sont améliorés en puissance, ils
ont élevé leur niveau de jeu, l’équipe s’en est retrouvée bonifiée. Le coach
estime qu’en conservant le même noyau, il y a encore une bonne marge de progrès.
C’est une équipe en devenir. Mais pour continuer à progresser, il n’y a pas
de secret. Il faut travailler, toujours et encore.
Et indiscutablement le travail et la régularité aux entraînements payent. De
deux entraînements semaine en 99-2000 on est passé à trois cette saison et même
quatre lors de la préparation. A cette période ce sont pas moins de 75 entraînements
qui ont déjà été dispensés. De plus les joueurs font preuve d’une belle régularité
; certains atteignent pratiquement 100 % de présence. Une bonne présence aux
entraînements permet de travailler par thème : le mardi est consacré aux shoots
et à la condition physique, le jeudi au jeu en défense, le vendredi au jeu en
attaque et à la tactique. Toutefois, à ce niveau l’important réside dans les
automatismes. A force de jouer ensemble depuis plusieurs années, les joueurs
arrivent à se trouver les yeux fermés. En ce qui concerne la tactique, il existe
bien sûr un canevas de base mais celui-ci n’est pas rigide, le schéma évolue
en cours de match. Les joueurs comprennent très vite comment réagir face à tel
ou tel fait de match.
Ambiance
La
principale force de Neufchâteau est l’ambiance qui règne au sein du groupe.
Celui-ci forme un bloc solide faisant preuve d’une grosse motivation. Il n’y
a pas de star. Au niveau des marqueurs, six joueurs sont entre 130 et 150 points.
Il n’y a pas, comme dans d’autres formations, un super joueur à plus de 200
points. Priorité est donnée au collectif. Le groupe se bonifie à force de travail.
Et comme aime le souligner Jean-Marie Fivet : en sport collectif, le “ nous
” est très important, le “ je ” est à bannir.
Structures
A un tel niveau il ne suffit pas d’avoir une équipe qui brille de mille feux
chaque semaine. Il faut également disposer d’un encadrement efficace et de structures
solides. Les dirigeants du BCCA l’ont bien compris et font preuve de créativité
et innovent. Le comité sportif s’occupe de la gestion sportive et administrative
du club. Il organise bien de façon ponctuelle des activités permettant de faire
rentrer de l’argent en caisse : marché aux puces, souper de St-Nicolas, vente
de sapins de Noël. C’est que l’inscription d’une équipe en 3e nationale n’est
pas donnée : un peu plus de 10 000 euros. Le budget total tourne autour des
62 000 euros.
BCCA Parteners
La
nouveauté au sein du club est la création d’une cellule orientée vers le sponsoring
: le BCCA Partners. Bien que certaines personnes fassent partie du comité et
du BCCA Partners, ce dernier est totalement indépendant. Son rôle est d’amener
un maximum d’argent via le sponsoring pour faire fonctionner le club. Il décharge
ainsi le comité sportif. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne manque pas
d’idées. C’est ainsi que tout un chacun peut devenir sympathisant du club par
le versement d’une cotisation. En contrepartie il reçoit des bons de réduction
chez les commerçants soutenant l’action ainsi qu’une ou plusieurs entrées pour
assister aux exploits des blanc et vert. Exemple : en versant 1000 F, on reçoit
deux entrées et des bons de réduction pour une valeur de …2000 F. Intéressant,
n’est-ce pas ? L’existence du BCCA Partners revêt toute son importance au sein
des structures du club. Existence qui risque de devenir primordiale si d’aventure…
Et si...
Et si Neufchâteau devenait champion. Mathématiquement tout reste possible. N’accusant
que deux victoires de retard sur les deux leaders, tous les espoirs sont permis
quand on sait que ceux-ci doivent encore se déplacer à la salle Chenot-Fontaine.
Mais le coach tente de tempérer les ardeurs des plus optimistes. En imaginant
même que Profondeville et Wilsele viennent perdre en Ardenne, il faudrait encore
qu’ils perdent des plumes ailleurs. Dans le même temps, Neufchâteau doit réaliser
un sans faute. Théoriquement possible.
Est-ce vraiment souhaitable ? Il est préférable de jouer les premiers rôles
en 3 que d’essayer de se maintenir en 2. Certes, évoluer en 2 nationale constituerait
une belle récompense pour les joueurs. De l’avis de Jean-Marie Fivet, si l’occasion
devait se présenter, pas question de perdre exprès. Une éventuelle montée en
2 permettrait à la jeune équipe d’encore apprendre et progresser. Mais arrêtons
de rêver. Le championnat est encore long.
Er. Meunier
Rester sur le podium
Pour
rappel, le Basket club centre Ardenne compte huit joueurs (sur onze!) issus
de la commune de Neufchâteau : les trois frères Bossicart, Mathieu Fivet, Laurent
François, Philippe Golinvaux, ainsi que les deux cadets Damien Brevers et Loïc
Destrument. Sébastien Fisson vient de Saint-Hubert, Philippe Kemp et Yannick
Demesmaeker de la région d’Arlon.
Ces deux derniers viennent épauler l’équipe en cette année 2000-2001, remplaçant
les frères Mathonet et Sébastien Fivet. Cela en fait donc une équipe entièrement
luxembourgeoise.
Le retrait mi-août de Jérôme François allait peut-être poser problème, le club
perdant là un pivot de deux mètres difficilement remplaçable à cette période.
Et pourtant, cette saison est bien celle de la confirmation. Seule ombre au
tableau d’honneur: la défaite rapide en Coupe de Belgique, alors que pointait
à l’horizon un affrontement contre Pepinster (nationale 1). Bien sûr, il y eut
quelques victoires mémorables (gain du match à quelques secondes de la fin),
mais également quelques défaites sur un score très serré. De plus, quelques
blessures ont écarté à l’un ou l’autre moment un pion important.
A mi-parcours, le B.C.C.A. se retrouve troisième, ex-aequo avec Sombreffe, sa
bête noire (trois défaites en trois rencontres pour les Chestrolais). La premier
choc du millénaire contre... Sombreffe se solde par une victoire, avec 15 points
d’écart. Les quelque cinq cents supporters y étaient certainement pour quelque
chose.
Avec ce résultat, arrimant solidement l’équipe à la troisième place, la relégation
est bien évidemment à oublier. Ce phénomène est, hélas, encore trop fréquent
pour les clubs luxembourgeois, limités par la densité de population en qualité
et en taille.
Neufchâteau, espérons-le, restera dans le tiercé de tête. Chaque match est important,
notamment celui de ce dimanche 21 janvier à 16h00 contre Beringen. Retenons
également les dimanches 11 et 18 mars, lors de la venue des actuels premiers
(Profondeville et Wilsele) à la salle Chenot-Fontaine.
Le devin qui, il y a deux ans d’ici, ne voyait pas ce que faisait la bande à
Jean-Marie en IVe nationale avait raison: elle vaut même peut-être mieux que
la IIIe.
Guy PIERRARD
D’abord une équipe de copains
Le
succès du BCCA, c’est d’abord une question d’esprit. On pourrait comparer un
peu le club à une grande famille où tout le monde a grandi ensemble, où les
vedettes du terrain succèdent à une génération de joueurs qui aujourd’hui grimpent
dans les gradins pour encourager les jeunes dans leurs éclats.
Rencontre avec Jean-Chritophe Bossicart, le deuxième des trois frères, pour
qui le basket c’est presque toute la vie !
L’info : - Qui sont les gars du basket de Neufchâteau ?
Jean-Christpohe B. : - C’est une bande de jeunes qui donnent toute leur
énergie pour le basket. C’est un peu comme les Gaulois, on est tombé dedans
quand on était petit. L’école de basket, l’entraînement quotidien a permis d’améliorer
notre niveau. La motivation étant maximum, ça donne une super équipe !
L’info : - C’est déjà une longue histoire...
J.-Chr. B. : - L’école de basket a formé beaucoup de joueurs. Je pense
que maintenant on voit le fruit de toutes ces années de travail. Grâce à cette
formule on compte de bons joueurs autant chez les garçons que chez les filles.
L’info : - Quelles sont les qualités d’un bon groupe comme le vôtre ?
J.-Chr. B. : - Au-delà de l’aspect technique et formation, tout le monde
a une bonne connaissance de chacun. Notre amitié ne se limite pas au basket.
On vit beaucoup de choses ensemble. C’est un groupe où règne une bonne ambiance,
on a les mêmes objectifs, les mêmes projets... Je ne sais pas si ça se voit,
mais d’abord on joue pour s’amuser et tant qu’à faire...
L’info : - Quand on connaît toute l’énergie dépensée par toute l’équipe
de gens qui encadrent le club et qui l’anime, quand on entre sur le terrain
pour un match, est-ce que l’on a un sentiment de responsabilité ?
J.-Chr. B. : - Personnellement, je ne l’ai jamais ressenti. Mais c’est
sûr qu’on fait tout pour être les meilleurs et pour gagner. Quand on monte sur
le terrain, on sent bien que le public attend du spectacle.
L’info : - Comment l’équipe gère-t-elle le succès et l’enthousiasme des
supporters ?
J.-Chr. B. : - Je crois qu’on se laisse porter ! On est bien conscient
qu’il faut assurer. De toutes façons, on se donne à fond !
L’info : - On a beau dire que c’est une bande de copains... pour en arriver
là c’est le résultat d’une somme de travail et d’efforts.
J.-Chr. B. : - Chez nous, aucun joueur n’est payé, pourtant ailleurs
ça paye ! Chez nous, il y a beaucoup de motivation. Si on joue pour le plaisir
ça n’empêche pas qu’il faut effectivement travailler. Les entraînements sont
nombreux, mais on essaye de ne jamais les manquer. C’est vrai que c’est difficile
et il arrive que l’on soit fatigué, mais il y a une telle motivation...
L’info
: - Qu’est-ce qui te paraît essentiel dans cette expérience ?
J.-Chr. B. : - C’est difficile à dire parce que ça nous apporte tellement
de choses positives. Mais je crois que ce qui nous touche le plus, c’est la
part de bonheur, ou plutôt de rêve que l’on donne aux gens d’ici, à tous les
supporters qui viennent faire la fête quand on joue ! Je crois que ça c’est
très satisfaisant. C’est peut-être ça qui nous motive à nous démener sur le
terrain.
Propos recueillis par
Olivier Weyrich
Juste un petit mot !
Le plus beau reste peut-être à venir !
Jouer dans une division supérieure constitue pour une équipe un nouveau challenge. Mais bien souvent l’euphorie du titre conjuguée avec quelques bons résultats en début de saison permettent de vivre une année tranquille, voire de viser le top cinq ou plus haut. En outre une nouvelle équipe peut bénéficier d’un effet de surprise non négligeable.
Toutefois, nombre d’observateurs sont d’accord pour reconnaître que la 2e saison après la montée est la plus difficile. C’est l’année de la confirmation. L’effet de surprise est passé. Les pièges sont nombreux : déconcentration, motivation moindre, sentiment de facilité…
L’équipe fanion du BCCA a écrit pendant les saisons 98-99 et 99-2000 les plus belles pages de son histoire : montée en 3e nationale, matches de Coupe de Belgique contre des adversaires prestigieux : Pepinster, Spirous Charleroi, Atomics Bruxelles.
Après une saison et demie en 3e nationale, les joueurs chestrolais font toujours preuve d’un bel enthousiasme. Le plus beau reste peut-être à venir.
Er. Meunier
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