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19 octobre 2001 - n°166 et 167
Leau, enjeu de demain à la claire fontaine, men allant... Symbole de la pureté, des origines, la source jaillit en force ou affleure dans la discrétion. Elle est recherchée pour les vertus de son eau ou pour la musique quelle produit en sortant de terre. Tantôt utilisée pour la boisson ou comme force motrice, elle a valeur économique. Warmifontaine, la Fontaine des chiens, Les Eaumonts, Marfontaine, autant de noms de lieux ou de villages qui chantent leau. Les uns viennent remplir leurs bouteilles au chemin du Hays, les autres préfèrent leau de Grapfontaine. Les uns vantent telle source, les autres ne consomment que leau de telle autre.
Qua-t-elle donc de spécial cette eau de source ? Et puis comment se fait-il quelle sorte à un endroit et pas à un autre ? Que se passe-t-il entre le moment où il pleut et le moment où leau sort de terre ? Leau de source, à la fontaine, est-elle contrôlée comme leau du robinet ? Quand il pleut, quand il neige, de leau sintroduit lentement dans le sol. En descendant, elle sinsinue dans de multiples cavités. Tant quelle ne rencontre pas dobstacle, elle progresse vers le bas. Mais il arrive un moment où elle est bloquée par de la roche, de largile. Cela dépend de la nature du sol. Si leau continue darriver mais ne sait plus séchapper, la pression va augmenter. Des forces vont sexercer dans tous les sens et cest lendroit de moindre résistance qui va céder. Leau passe par la brèche et avance jusquà lobstacle suivant. Dobstacle vaincu en obstacle vaincu, elle finit par trouver lair libre. Une source naît dans une prairie, un bois. Leau peut parfois emprunter des chemins très compliqués. Descendre très bas et puis remonter, prendre des années avant de sortir du sol ou quelques heures, ou changer de température ! Lhydrogène et loxygène, qui composent notre eau, ont la capacité de réagir avec toutes sortes déléments : le fer, laluminium, le manganèse, Et leau par son action de lessivage et dérosion, a la capacité demporter une collection de choses : des particules de terre, des micro-organismes, des engrais La pureté dune eau de source va donc dépendre du chemin parcouru dans le sol et le sous-sol et surtout de lactivité humaine exercée sur la zone récoltant cette eau. Quest-ce que nous avons sous nos pieds, ici, en Ardenne centrale ? Un botaniste, sans même se pencher, vous dira tout de suite, un sol frais et argileux. Parce quon trouve la renoncule rampante (le bouton dor), du genêt, la digitale Un pédologue, sarmera dune pelle et creusera pour observer le profil du sol et il donnera le nom des différents horizons visibles sous formes de lettres, mais il nous parlera surtout de phyllosilicate, cest-à-dire dargile. Un géologue, lui, nous dira que nous sommes sur le synclinal de Neufchâteau, cest-à-dire sur du Siégenien supérieur. Nous voilà bien avancés ! Ce que savons en tout cas, cest quà Warmifontaine il y a des ardoises du " schiste " et quon trouve, en jardinant, des morceaux de roches blanches ressemblant au menhir du faubourg ou au polissoir de la chapelle du Sart. Nous sommes sur un sol schisto-gréseux ! Nous avons deux constituants principaux : de largile et de la silice (du sable). Ces deux constituants se trouvent dans le sol à des stades dévolution différents. Ils sont plus ou moins métamorphisés. Largile se trouve sous forme de pâte non fendillée, sous forme de schiste ou sous forme de phyllade (nos ardoises). La silice se trouve sous forme de sable, de grès, de quartzite. Et pour compliquer le tout, largile et la silice se mélangent pour donner différentes roches. Ce que nous retiendrons, cest que le terrain schisto-gréseux est plus ou moins fissuré, désagrégé, et que leau peut sinfiltrer, mais comme largile est imperméable, elle naura pas tendance à descendre très bas. Cest comme cela quune période de sécheresse un peu longue se verra rapidement au débit dune source. Cest comme cela aussi quun produit quelconque présent dans la terre se retrouvera rapidement dans notre eau de source. Que ce soit du désherbant, du mazout, du shampooing-voiture ou les produits découlement dun tas de fumier. Au réservoir de Neufchâteau leau est analysée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la moindre anomalie détectée par le système informatique déclenche une alarme chez un responsable qui vient immédiatement voir ce qui ne va pas. De plus, un laboratoire agréé indépendant vérifie les données quatre à cinq fois par an. Dautre part, les zones de captage de leau de distribution sont étroitement surveillées. Les eaux de sources ne sont pas logées à la même enseigne ! Pour mieux comprendre, nous allons nous rendre dans le charmant village de Grapfontaine et pourquoi pas ? faire un petit bond dans lhistoire. A lépoque de la pompe à bras et des éviers de pierre Il y a à peine un siècle, dans ce village et les autres villages de la région, les routes étaient en terre battue. Lors des pluies, les voies publiques se transformaient en boue. Largile du sol a la propriété demmagasiner une part dhumidité et de ne pas drainer. Les tas de fumier dégoulinaient. Le bétail était logé sous le même toit que lhabitant. Pour sapprovisionner en eau, les villageois prélevaient leau à la rivière ou lextrayaient dun puits. Ces puits étaient souvent creusés dans la cave sous la cuisine. Une pompe permettait dalimenter lévier en pierre, typique de lArdenne, placé dans lembrasure de la fenêtre. Lévacuation se faisait à travers le mur. Les eaux sales couraient dans la rue et les microbes avaient vite fait de sintroduire dans les murs de schiste des puits qui nétaient pas jointoyés. En 1921, dans le canton de Neufchâteau, sur 1472 puits, 447 étaient contaminés ou douteux. Même leau des fontaines pouvait être infectée. Cest dans ce contexte que le 9 novembre 1930,
le conseil communal de Grapfontaine veut trouver une solution. Vu létat
défectueux de la fontaine et de ses abords, dépourvue même
dabreuvoir (
), le Collège échevinal désigne
un conducteur de la voirie vicinale pour dresser les plans de devis des travaux
à exécuter à la dite fontaine. Laffaire était complexe ! Les choses avançaient mal. Cest ainsi que le 4 octobre 1933, vu la sécheresse persistante, les habitants de Grapfontaine sont totalement privés deau et obligés daller puiser un liquide infect dans un puits abandonné. Comme le projet est dressé et que le captage laisse écouler une eau saine et suffisamment abondante, le Collège décide de réaliser les travaux de toute urgence. Il réquisitionne des ouvriers chômeurs, qui sont payés deux francs cinquante à trois francs lheure, pour entreprendre ce que tout le monde attend. La fontaine a traversé les années, la distribution deau individuelle a vu le jour, des routes impeccables desservent le village, lhygiène a pris ses droits. Et la qualité de leau dans tout cela
? Il y a deux ou trois ans, la commune de Neufchâteau la fait analyser.
Verdict : leau de la fontaine nest pas potable ! Un panneau a été
placé pour le signaler
mais quelques jours plus tard, il avait disparu.
Lavis se promène dans la nature et les gens viennent boire à
la fontaine. Est-ce le son de londe qui donne une idée de pureté
?
Leau, enjeu de demain A lépoque des grandes buées La lessive cest simple comme la poudre et facile comme pousser sur un interrupteur ! Adieu baquets et briques de Marseille, mains gercées et maux de dos. Les magasins sont remplis de produits extraordinaires et de machines ingénieuses. Et leau, qui pense à leau ?
Rien nest plus embarrassant quun rayon de supermarché rempli dune multitude de produits pour la lessive. Les marques se bousculent, il y a des grands et des petits cartons, de la poudre et des lessives liquides ! Sans parler des tablettes et des formules concentrées, des savons râpés et des blanchissants. Et pour corser le choix, il y a des produits écologiques plus verts que verts ! Alors, avec ou sans phosphate votre lessive ? Du temps de nos grands-mères on ne se posait pas tant de questions. On avait une sorte de savon quon râpait dans leau chaude pour nettoyer la vaisselle ou les sols, frotter le linge et laver les enfants ! On était déjà bien contents den avoir du savon. Quand on nen avait pas, on le fabriquait avec des graisses animales et de la soude caustique. Posons notre problème et essayons de le résoudre clairement. Ce que nous voulons aujourdhui, cest un produit pour laver le linge. Une substance qui, en une heure trente, enlève toutes les taches, préserve les couleurs, donne un blanc éclatant, supprime les odeurs. Et encore, le linge doit être facile à repasser et légèrement parfumé. Nous souhaitons en dernier lieu que leau sortant de la machine à laver soit facile à épurer. Quand nous sommes face à un lavoir, nous nous disons que jadis, nos ancêtres arrivaient au résultat que nous souhaitons, mais que cela prenait du temps et que le travail était imprortant. Décortiquons leur savoir-faire et cherchons des pistes. Les grandes " buées "
Si on faisait subir ce traitement à nos
chemises actuelles, après une dizaine de lessives, il ne resterait plus
que les boutons. Cest bien de regarder en arrière, mais les textiles
ont changé. Ils contiennent des mélanges de fibres. Elles sont
synthétiques comme lacrylique et le polyester, animales comme la
laine et la soie, végétales comme le coton ou le lin. A vêtements
modernes
produits adaptés. Nos poudres à lessiver sont en
fait des assemblages de matières susceptibles de convenir dans toutes
les situations. Elles contiennent du savon, cest vrai, mais aussi des
antimousses et anticalcaires, des azurants, des enzymes, etc. Certaines substances
agissent dès trente degrés, dautres attendent les soixante
degrés pour se réveiller. Elles ne sont en contact avec le linge
quune vingtaine de minutes, donc elles sont " mordantes ".
Un tour de la question et on constate que quatre facteurs influencent nos fameuses lessives : la technique, la température, le temps et le produit. Pour la technique, nos machines sont performantes. Elles battent et essorent très bien. Pour la température, on préfère les basses pour préserver les fibres synthétiques. Restent le temps et le produit. Une grande société productrice de détergents a mené une série dexpériences. Avec les poudres actuelles, si on bat le linge dix minutes, quon le laisse reposer trois heures et quon continue le cycle on peut réduire la dose en deux. Pour un linge qui supporte le trempage. Une autre société produit une poudre composée exclusivement déléments naturels, mais elle lave moins bien. Alors on en rajoute ! Les solutions sont à portée de la
main et il faut les trouver parce que les exigences en matière denvironnement
sont de plus en plus sévères, à juste titre. Si le produit
idéal nexiste pas encore, on sait déjà que pour une
propreté du linge respectueuse de leau, il faudra adapter les programmes
des machines et
réinventer la poudre !
Les anciennes photographies du lavoir dHarfontaine
sont rares, même très rares. Dailleurs qui en possède
? Cest la question que se pose Alain Goebels chargé de lorganisation
des festivités à loccasion de linauguration de la
restauration du lavoir (qui aura lieu sous toutes réserves le 4e dimanche
de mai 2002). Lunique photo dépoque retrouvée à
ce jour est celle que nous vous présentons ci-dessus. Si vous êtes
en possession de pareil document, nhésitez pas à contacter
A. Goebels 061 27 95 58 (après 19h). Merci. |
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