19 octobre 2001 - n°166 et 167


L’école hôtelière à l’oeuvre dans le vignoble du Beaujolais

Brouilly, St-Amour, Fleurie, Moulin a Vent... Les élèves ont fait connaissance avec les crus du Beaujolais.
Récit d’une semaine de vendange.

Comme l’an passé, les élèves de 5e et 6e technique de qualification hôtelière de l’Institut Centre Ardenne (ICA) à Libramont sont partis sur les routes de France pour participer aux vendanges. Cette fois, c’est la région du Beaujolais qu’ils avaient choisie comme destination. Le Beaujolais viticole couvre une surface totale de 35000 hectares. La région, elle, représente 55 km du nord au sud et 25 km d’est en ouest. Elle se situe géographiquement entre Mâcon et Lyon.

C’est à Fleurie que les étudiants de Libramont ont posé leurs bagages, hébergés au nord du Beaujolais où se situent les dix crus. Ces derniers constituent 25% de la récolte totale. Les crus sont les fleurons de la production. Leurs noms sont bien connus : Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin a Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régné, Côte de Brouilly et Brouilly. Ces crus sont aptes à prendre quelques années de bouteille (trois à sept ans). Contrairement aux vins issus du vignoble de la plaine : le Beaujolais et les Beaujolais Village ne gagnent pas à vieillir.

Elèves de 5 et 6e technique de qualificatilon hôtelièreC’est donc sur les coteaux de Fleurie et de Moulin à Vent que nos futurs maîtres-coqs ont empoigné la serpette dans les vignes de monsieur Collin, vigneron-exploitant, qui compte déjà trente ans de métier. Une des spécificités de la vinification beaujolaise qui allie les traditions et les techniques modernes est la récolte obligatoire à la main, afin de préserver l’intégrité des grappes. Les raisins ainsi cueillis sont mis en cuve sans subir aucun écrasement. C’est ce qu’on appelle la vignification en grappe entière. En Beaujolais, on ne compte qu’un seul cépage. Il s’agit du Gamay (noir à jus blanc). Ce cépage produit des vins rouges. Grâce à son bois tendre, les vendangeurs peuvent cueillir à la serpette, au lieu du traditionnel sécateur. Cette technique est plus rapide, donc plus rentable. Ainsi, en moyenne, les élèves de Libramont ont cueilli 350 kg de raisin par jour !

Dans le Beaujolais, la conduite de la vigne est plus exigeante qu’ailleurs en travaux manuels à cause de la forte densité des plantations et de l’escarpement des parcelles. La densité de plantation est la plus forte du monde, soit sept à treize mille ceps à l’hectare. Les coteaux de vignes sont à une altitude moyenne de trois cents mètres. Le climat se caractérise par des hivers souvent rigoureux, des printemps humides, des étés chauds et secs, avec des maximums de température parmi les plus élevés de France, et des automnes cléments. Toutefois, Fleurie a subi une sévère grêle fin juillet de cette année. Certains raisins ont séché, d’autres ont pourri. Le rendement sera donc moindre. Pour déguster le vin issu des vendanges, les élèves de l’école d’hôtellerie devront patienter encore quelques mois. D’ici là, ils pourront estomper leur soif en dégustant le Beaujolais Nouveau, commercialisé le troisième jeudi de novembre. Fruités et pétulants de jeunesse, ces vins conviviaux font souvent l’affaire pour consoler les impatients !

Elèves de 5 et 6e technique de qualificatilon hôtelièrePour affiner leurs connaissances oenologiques, les élèves de Libamont ont participé à une dégustation à la cave de la coopérative où les raisins de la récolte sont mis en cuve. Ils ont pu ainsi comparer différents millésimes de Moulin à Vent, Fleurie ou Morgon... un moment inoubliable ! Outre les crus, les apprentis vendangeurs ont pu découvrir ce qu’on appelle dans le Beaujolais le “paradis”. Une espèce de jus de raisin trouble sorti tout droit du pressoir. Cette boisson se boit durant deux ou trois jours seulement, et est proposée comme apéritif sur la table des vendangeurs. Certains ont même emporté dans leur valise une autre boisson locale appelée “Riquiqui”. Une addition de paradis et de marc. Cet apéritif est comparable au muscat.

Evidemment, les vendangeurs n’ont pas manqué de respecter la tradition des soirées de détente qui récompensent les travailleurs de la vigne... Bref, les élèves de la section hôtellerie ont vécu une nouvelle expérience très enrichissante qui, vécue en tout début d’année scolaire, permet de former un bon groupe pour traverser l’année scolaire sans trop d’encombre !
Ol. Weyrich


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