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21 juin 2002 - n°180 et 181
Croque-Notes à Rossignol
Quand une jeune fille de province, un peu naïve, prend le train pour la ville, elle a une bonne raison : retrouver son amie denfance. Mais sans adresse précise, a-t-elle une chance dans la métropole ? Certes, des gens travaillent, dautres causent et les Croque-notes chantent ! La trentaine denfants, âgés de trois à douze ans, ont ému le public avec leurs saynètes et leurs chansons gaies de ce spectacle de printemps. Les costumes étaient dépoque et le décor fait maison ! ; des façades de quatre mètres de haut peintes sur du jute tendu, fixé à des cadres de bois. La troupe avait déjà joué des spectacles plus familiaux à loccasion de Noël, dans son repère de La Chapelle. Cétaient La petite fille aux allumettes et Les Croque-Notes ou les mages à la recherche de létoile de Noël, pour ne citer que les derniers. Cest la troisième fois que le Centre culturel de Rossignol invite le petit groupe de chanteurs, musiciens et comédiens amateurs entraînés par Pierre Graff et Catherine Godfraind-Noël. En 2000 déjà, Théo Mertens accompagnait Les Croque-Notes dans un concert aussi bucolique que poétique. Lan passé, pour le plaisir de tous, lensemble a revisité la fable bien connue du Lièvre et la tortue. Les répétitions ont lieu chaque samedi de 10 h 30 à 12 h, à la Chapelle dAssenois (Léglise), en fonction du calendrier scolaire et elles sont ouvertes à tous les amateurs de spontanéité, de théâtre, de musique. Contact : Catherine Noël 0474 272 959
Patrimoine à sauvegarder
Ce petit pont, on ne le voit presque plus. Il est à proximité de la gare de Lavaux, au lieu-dit "Naleumont". Jadis, il était très fréquenté. Des clients lempruntaient pour venir au moulin de Lavaux y moudre leur grain. Juste à côté, il y avait une tannerie. Leau de la Mellier était retenue en aval pour le fonctionnement du moulin et tout un système de trop-plein permettait dévacuer lexcédent deau au-delà du pont. Depuis que les meules de pierre se sont tues, leau nest plus déviée et la totalité passe sous le pont. Elle vient saper le tablier à chaque crue et elle emporte pierre par pierre du pont. La construction du moulin est antérieure à celui de la ligne ferroviaire, quant au pont, il existait bien avant le moulin... Une végétation abondante le mange de partout. Un arbre de dix centimètres de diamètre pousse dans sa masse et une couche dherbe recouvre les pavés et les larges pierres des trottoirs. Quand Josette Lobet, qui vit tout près depuis
cinquante ans, a appris quil allait être démoli, elle sest
empressée de contacter des associations de sauvegarde du patrimoine,
comme "Qualité Village Wallonie" qui possède une antenne
à Mellier. "Cest vrai quil na plus dutilité,
puisquun autre pont passe à quelques mètres, mais jai
été saisie à lidée de voir ce pont disparaître.
Il est un des témoins le plus âgés du site de Lavaux. Il
a vu construire le moulin, puis le train passer..." Du côté des responsables communaux, il y a longtemps que lon sest résigné. La démolition semble dailleurs loption la plus réaliste si on ne veut pas attendre que le pont tombe tout seul et crée quelque difficulté au moment des crues. "Aucun projet de restauration nest envisageable, nous dit le bourgmestre, les travaux nécessaires seraient trop importants et nous navons pas de moyens pour rénover un pont à lécart de tout et qui na plus que pour utilité le charme dexister". Mais le bourgmestre et son équipe se défendent bien de nêtre pas attentifs au petit patrimoine et à lopportunité de rénovation. Pour preuve les projets de restauration des lavoirs de Bernimont et de Louftémont sont prévus dans le cadre du PCDR et du PDR. Rappelons aussi la rénovation du portique du cimetière de Mellier (coût de la subvention : 6197 e - 250.000 F) et celle des abreuvoirs de Les Fossés qui viennent de sachever. Mais toutes les pistes sont-elles épuisées
pour sauver le pont ? Lidée de rénover le site grâce
à un chantier de bénévoles vient de voir le jour. Elle
doit être encore explorée. "Qualité Village Wallonie"
peut-elle jouer la liaison entre les locaux et de jeunes maçons ? La
commune peut-elle fournir des matériaux ? De lavis du bourgmestre,
cette idée nest pas réaliste. Le chantier nécessite
des hommes expérimentés et la sécurité nest
pas assurée. Le cas de ce pont au charme incontestable est une
belle illustration de la problématique de la sauvegarde du patrimoine.
Face aux contraintes budgétaires et aux critères imposés
par certains programmes, les édiles nont pas toujours la solution
pour mettre en uvre une opération de rénovation. Trop souvent,
le citoyen reste un témoin passif et tarde à tirer la sonnette
dalarme. Faut-il toujours attendre une action extérieure pour entreprendre
le minimum ? Trop souvent la fatalité lemporte. |
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