21 juin 2002 - n°180 et 181

Région

Oser construire en bois !

Oser construire en bois !"Un franc de bois sur pied donne deux francs de bois scié ou seize francs de bois fini". Pour parler en euros, nous dirons que la valeur d’un arbre augmente considérablement, plus on va loin dans le travail, dans le produit présenté sur le marché. Au moment où on "repense" la forêt et où l’on se rend compte que les habitations en bois réapparaissent, cette petite phrase prononcée par Daniel Ledent vaut son pesant d’or.

"Si l’on retourne dix ou vingt ans en arrière, on se souvient que les gens qui voulaient construire en bois passaient souvent pour des originaux. D’autant plus qu’ils avaient tendance à vouloir installer des chalets de type suisse ou finlandais, tels qu’ils les avaient vus en vacances. Ils voulaient transposer un style particulier en Ardenne, avec des toits dépassants, des angles sortants, explique Daniel Ledent, député permanent, bien qu’on aurait pu imaginer des zones de chalets par exemple. Mais à l’époque, l’urbanisme était très frileux vis-à-vis de ces habitations. Maintenant, les mentalités ont évolué."

La maison en bois a été oubliée pendant toute une période. Des matériaux comme les briques, les tuiles, les blocs ont inondé le marché. Il y avait une forte pression économique, industrielle et aussi la crainte du feu. "Il y avait d’autres phénomènes, continue Daniel Ledent; à l’époque on produisait du bois mais il n’était pas propre à la construction. Le bois utilisé pour les maisons doit être serré, sans nœuds et séché. Le séchage du bois a été très longtemps un gros problème pour les entreprises; d’ailleurs nous avons favorisé et offert des séchoirs à certaines scieries pour qu’elles puissent obtenir des produits de meilleure qualité. Maintenant encore, nous avons un problème d’approvisionnement en bois pour les maisons. Nous importons beaucoup des pays nordiques. Une chose à savoir, c’est que plus un arbre pousse où il fait froid, plus ses cernes sont rapprochés et plus il est dur. Mais il existe des solutions technologiques pour remédier à cela. On peut fabriquer des poutres ou des éléments en plusieurs couches accolées, ce qui augmente la résistance."

Une certaine maîtrise du bois

Daniel LedentJadis l’urbanisme ne voulait pas voir le bois, mais aujourd’hui les projets de lotissements sont en nette progression. "On ne peut que se réjouir du travail de Monsieur Haubertin* du service de l’urbanisme d’Arlon qui a fortement dynamisé ce type de construction, ajoute Daniel Ledent. Ce qui manque encore, ce sont des architectes qui osent le bois. On les comprend parce que quand on regarde le nombre d’heures consacrées à l’étude des constructions en bois dans la formation des architectes, on constate qu’ils ont moins d’heures pour le bois que pour le ou les aliments. "Il faut inciter à l’utilisation du bois dans les constructions agricoles, explique encore Daniel Ledent, mais aussi développer des entreprises capables de proposer des abris, des étables à des prix compétitifs. Pendant toute une période on voyait ces hangars bombés en tôle ; ils ne coûtaient pas cher, parce qu’ils étaient fabriqués en grande quantité. En imaginant des constructions standardisées et faciles à installer, on pourrait arriver à mettre sur le marché des produits faciles et rapides à monter. Mais les entreprises et les bureaux d’études doivent vraiment être spécialisés, par rapport aux maisons, parce que les portées, les dimensions sont différentes. L’acheteur a besoin de garanties dans le temps. Cela demande des connaissances spécifiques et notre rôle est justement de favoriser et stimuler ce secteur… entre autres bien sûr." métal. Et puis ce que l’on construit, ce ne sont plus des chalets mais de véritables maisons en bois, des ponts, des étables et des bâtiments agricoles, etc. Les bureaux d’études doivent aussi se développer et comprendre le bois. C’est un matériau vivant, qui se tasse avec le temps. Il se comporte d’une façon très spécifique. Il est nécessaire d’acquérir la maîtrise du bois. D’autre part, il permet beaucoup d’inventivité, de créations originales. Certaines maisons sont de véritables œuvres d’art."

Lancer une dynamique du bois

Beaucoup d’habitants de la province pourraient trouver cette phrase surprenante. Les forêts couvrent quarante-sept pour cent du territoire. Ici, le bois on connaît ! Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un véritable mouvement est à imprimer dans la filière bois – il est d’ailleurs sous-jacent depuis une quinzaine d’années – et il faut aller de plus en plus vers des produits finis. Exporter des grumes, produire du bois de palettes, des piquets de clôture sont des débouchés, mais vendre du multiplex, ou des maisons prêtes à assembler apporte une beaucoup plus grande valeur ajoutée. Et nous avons le capital humain, scientifique et le sol pour le réaliser. "Le bois se conduit en forêt, de la graine qui donnera l’arbre aux soins à lui prodiguer pour qu’il soit droit, sans nœuds et sain. De nouvelles industries doivent se lancer dans ce secteur et c’est le rôle des pouvoirs publics de pousser vers la production de produits finis, d’apporter ce plus créateur d’emplois."

Quand ton médecin ne peut plus rien pour toi, construis-toi une maison en bois

Daniel Ledent aime répéter ce proverbe chinois. "C’est un aspect que je trouve très sympathique et puis c’est agréable de construire sa maison soi-même, en peu de temps. Les loisirs prennent de plus en plus de place et les gens apprécient d’autant mieux de mettre la main à la pâte, enfin au bois. Pardonnez-moi, dit-il pour conclure, le bois c’est un peu ma passion". C’est vrai que même sa carte de visite est en cette matière !

B. Herry

Le secteur agricole, une niche économique à investir.

Les agriculteurs ont tendance à construire étape par étape, en fonction de leurs besoins. Le bois se prête également très bien aux constructions de ce créneau parce qu’il joue un rôle régulateur, que ce soit au niveau de l’humidité ou de la température. La tôle est à l’origine de phénomènes de condensation, de coups de chaleur, ce qui est défavorable au bétail ou au stockage des denrées comme le foin

Une maison facile à construire

Oser construire en bois !Le concept est encore neuf dans la région : construire une maison en bois ! Et pourquoi pas ? L’idée se propage, séduit de plus en plus de candidats bâtisseurs ou des ateliers de menuiserie qui perçoivent là une niche économique intéressante.

Ce mouvement, bien amorcé, manque encore de producteurs de bois indigènes, puisque pour l’instant les matériaux viennent surtout d’Europe du Nord.

La maison à ossature bois est une construction dans laquelle l’ensemble des structures porteuses sont réalisées en bois : les murs, les poteaux, les poutres, la charpente, etc. La finition extérieure n’est pas nécessairement en bois. Le bâtisseur a le choix entre la brique, la pierre, l’aluminium, les matières plastiques, l’ardoise ou le bardage en bois. Le seul élément qui change par rapport à une maison traditionnelle est que les blocs de béton sont remplacés par une “ossature bois”. Et comme les règlements d’urbanisme n’imposent pas une technique de construction, mais seulement l’implantation, les volumes, l’aspect des façades et les matériaux de parement, la maison à ossature bois trouvera sa place sur n’importe quel terrain.

“Il y a quatre ans, on ne parlait pas encore de maisons à ossature bois”

Oser construire en bois !Plusieurs possibilités s’offrent à l’amateur d’une maison en bois : les panneaux préfabriqués, la construction en bois massif ou encore le principe de l’ossature en bois. Cette troisième solution, appelée MOB en jargon de menuisier pour “maison à ossature bois”, a l’avantage d’être utilisable partout, quelles que soient les exigences de l’urbanisme.

Ce type de construction, très durable si elle est bien réalisée, cumule les atouts.

Son isolation thermique est excellente. Le bois, de par sa nature, est un excellent isolant thermique parce qu’il contient beaucoup d’air dans sa structure et son inertie est faible ; il n’emmagasine pas la chaleur comme le fait un mur en béton, en brique ou en pierre. La maison sera facile à chauffer puisqu’il suffira de chauffer l’air et non les murs, ce qui signifie des économies à long terme en matière d’énergie. Le chauffage électrique y est d’ailleurs tout à fait adapté. Les jours de grande chaleur, la maison se rafraîchira plus rapidement en fin de journée qu’une construction traditionnelle.

La construction est très rapide : le producteur vous la livre à domicile ! En deux semaines, la maison peut être montée et elle est quasiment habitable puisqu’il ne faudra pas attendre de période de séchage.

Présente partout dans le monde, mais très peu chez nous !

Oser construire en bois !C’est un mode de construction bien rôdé, malgré ce que l’habitant de notre région pourrait penser. En effet, il est très répandu à travers le monde, quel que soit le climat. En Europe du Nord ou de l’Est, en Sibérie, en Chine ou au Japon, en Nouvelle-Zélande ou en Amérique du Nord, dans les régions montagneuses de l’Europe, les maisons en bois sont “traditionnelles”.

A l’heure où l’on se préoccupe de la protection de l’environnement, la construction en bois ou son usage plus général sont parfaitement d’actualité. Le bois demande peu d’énergie pour sa transformation et pas du tout pour sa production, si l’on excepte l’attention qu’il nécessite au niveau de l’entretien des forêts.

La menuiserie Maquet de Libramont a déjà un bon nombre de constructions en ossature bois derrière elle. Au départ, en 1942, l’occupation de cette menuiserie était tout à fait classique. Etablie à Sibret, l’atelier vivait tranquillement de portes, de fenêtres, de caisses, de cercueils ou de berceaux. A la fin des années cinquante, Gaston Maquet passe la main à son fils qui donne un souffle nouveau à la petite menuiserie de village. En 1963, la famille entreprend un voyage à Recogne. Les affaires tournent bien et en 1974, l’entreprise doit s’agrandir. Un nouvel atelier est créé. Au début des années quatre-vingt, Yves Maquet, la troisième génération, est obligé de tenir la barre de la société à la mort de son père. La menuiserie générale est abandonnée pour laisser place à la production de portes et fenêtres en bois. C’est vers la fin des années quatre-vingt que la menuiserie Maquet commence doucement la construction de bâtiments en bois. Une maison en 1987, deux en 1988. Le régime est d’une ou deux maisons par an et puis, en 1996, les activités prennent de l’ampleur. Yves, son frère Dominique, aussi menuisier, et Olivier, le comptable de la famille, sont maintenant à la tête d’une entreprise qui occupe deux secteurs importants : deux tiers du chiffre d’affaires sont issus des portes et châssis et l’autre tiers de la “maison à ossature bois”. Johann Meurisse, gradué en construction a été engagé pour diriger les “MOB”, et il avoue : “Il y a quatre ans, on ne parlait pas encore de maisons à ossature bois dans les études de conducteur de travaux. Ma spécialité au début, c’était le béton, le bâtiment traditionnel ou les travaux de génie civil !”

Malgré tout, il s’y est mis aisément et il dit en riant : “Construire une maison en bois, c’est très facile, tout ce qu’il faut, c’est une bonne scie”. C’est un raccourci, bien entendu, parce qu’avant d’avoir une maison à ossature bois sur un terrain, il est nécessaire de franchir une série d’étapes.

“Quand des clients arrivent ici ,ils savent déjà très bien qu’ils veulent une maison en bois. Convertir un amateur de construction traditionnelle au bois est difficile. Nos clients sont en général informés ; ils ont souvent consulté plusieurs entreprises et connaissent tous les avantages du bois, explique Johann Meurisse. Là où ils ne s’en sortent pas c’est dans la comparaison. Les techniques et les possibilités de choix de matériaux sont tellement différentes qu’il est quasi impossible d’établir une comparaison valable.

La première étape consiste à leur expliquer ce que nous fabriquons. S’ils sont convaincus, ils viennent avec leurs plans de maison et nous les transposons à la construction en bois. Peu d’architectes créent en bois dès le départ. En règle générale, ils dessinent une maison traditionnelle et c’est nous qui dressons les plans de la maison à ossature bois selon les désirs des clients.”

Légère comme une plume

Oser construire en bois !Une maison en bois pèse entre cinq et sept fois moins qu’une maison en dur. Malgré cela, les constructeurs souhaitent toujours garder des fondations comme celles nécessaires à une maison traditionnelle. “Dans quelques années, les gens finiront peut-être par admettre que c’est inutile, mais pour l’instant, ils gardent toujours une base comme s’ils allaient monter des murs en blocs.” Johann Meurisse conserve donc la base de l’habitation et redessine les plans avec du bois. Une fois que tout est recalculé, que les passages des câbles et canalisations sont repensés, il commande son bois. “Pour l’instant, on achète à des négociants du bois – du mélèze, du cèdre…- qui vient principalement de Suède, parce qu’on ne trouve pas encore de production locale capable de suivre dans les commandes avec certitude. Quand je prends mon téléphone pour acheter les matériaux, je dois les recevoir pendant la semaine qui suit, dans la bonne dimension, dans les bonnes quantités et séché. Il y a même des matériaux qui viennent du Canada : les solives ajourées. Nous en sommes d’ailleurs les importateurs uniques pour le Benelux.”

Quand le plan est bouclé et les commandes assurées, Johann Meurisse envoie les données à l’atelier portes et châssis et l’autre partie à l’atelier MOB. Dans ce second atelier, le pilote de la fameuse “bonne scie” reçoit une liste de bois à couper. D’abord les grandes pièces et ensuite les plus courtes, de façon à réduire les déchets. Un système pneumatique permet de présenter le bois à couper au millimètre près et la scie équipée d’un compas coupe dans l’angle souhaité.

Le gros du travail est réalisé en atelier... au sec !

Dès que tous les bois sont coupés aux bonnes dimensions, ils sont placés sur un grand établi et assemblés. Les ouvriers y fixent un film pare-vapeur, un panneau d’OSB. Ce sont des copeaux de bois “orientés” et collés. On met de la laine de roche dans les vides et on termine avec un film micro- perforé. Le côté intérieur de l’habitation est étanche et plus on va vers l’extérieur de la structure, plus l’humidité éventuelle peut s’évacuer. Les panneaux terminés sont rangés, prêts à partir sur le chantier. “On va essayer de pouvoir placer un panneau supplémentaire en atelier : la finition plâtre. Cela nous permettrait d’effectuer cette étape au sec et dans une meilleure position que sur le terrain.”

“Quand les fondations sont terminées et prêtes à recevoir les murs, nous allons sur le chantier pour effectuer toutes les mises à niveau. Le lendemain matin, le camion arrive et en fin de journée, le rez-de-chaussée est déjà terminé.”

“Fabriquer des maisons à ossature bois, c’est facile, répète Johann Meurisse, il faut juste une bonne scie ! Maintenant, on voit que la concurrence arrive à grands pas. Mais nous, nous avons quand même l’avantage d’avoir une bonne centaine de réalisations derrière nous et donc une certaine expérience de cette activité.”

B. H.

Deux semaines suffisent

“Le confort d’une maison en bois est incomparable !”

Oser construire en bois !La maison en bois gagne du terrain sur le marché de l’immobilier neuf. Ce type d’habitation est très répandu dans le monde. Son arrivée chez nous va-t-elle bousculer nos bonnes vieilles bâtisses traditionnelles ? Ou est-ce un logique retour d’un mode de construction oublié au profit de la vague industrielle du début du siècle passé ? L’expression " avoir une brique dans le ventre " est en mutation. Les années à venir nous diront s’il est plus judicieux d’y avoir " un arbre ".

Monsieur et Madame Boland sont sur le point de terminer leur maison à ossature bois. Avant de poser le premier bloc de fondation, ils avaient parcouru des salons, s’étaient informés des différents types de constructions et avaient visité bon nombre d’habitations témoins. Ils ont eu quelques hésitations, mais ils avaient néanmoins une certitude : ils voulaient une maison avec une finition en bois apparent à l’extérieur. Depuis environ cinq ans, c’est permis dans certains lotissements. Ils ont opté pour une construction à ossature bois, c’est ce qui leur plaisait le plus. L’intérieur est modulable et hormis le plafond, ils ne souhaitaient pas avoir du bois partout. Ce système ne se tasse pas, puisque les bois sont placés verticalement et en plus, ils sont certains d’être gagnants au niveau énergétique." En plein hiver, grâce aux fenêtres et à l’orientation, la température était agréable dans la maison alors qu’il n’y avait pas encore de chauffage, explique Madame Boland. Nous n’avons d’ailleurs pas installé de radiateur dans les chambres, c’est inutile."

“Nous avons élevé les fondations nous-mêmes. Quand elles ont été finies, le constructeur est venu avec tous les éléments. En trois semaines, la maison était terminée. Tout avait été monté et préparé en atelier.”

Le bardage est en cèdre et le bas de l’habitation est parachevé avec du schiste de Bretagne aux reflets roux, assortis à la couleur du bois. “Nous avons juste demandé la réalisation des murs et des châssis. Le reste, nous l’avons exécuté nous-mêmes. Au bout du compte, la maison ne sera pas moins coûteuse qu’une maison traditionnelle. Il n’y a que les parois des murs qui changent. L’équipement électrique, l’installation des sanitaires, de la cuisine sont identiques dans une autre construction.”

“La cheminée, isolée du bois, sera construite à l’extérieur. C’est une précaution contre les incendies. Madame Boland termine : “Le confort d’une maison en bois est incomparable. On met la main sur un mur en pierre ou sur un mur en bois, on sent tout de suite que le second est plus agréable. La maison vient d’une entreprise de la région de Vielsalm, mais la toiture a été posée par un couvreur du village. ça, on y tenait beaucoup.”

Commémoration du Circuit des Ardennes

Commémoration du Circuit des ArdennesL’évènement approche à grands pas. Les heureux propriétaires de vieilles machines sont sûrement occupés à bichonner les tôles et les chromes, à remettre un peu d’huile ou à vérifier les derniers graisseurs. La tension est dans l’air. Revivre une épopée aussi extraordinaire que le Circuit des Ardennes est exceptionnel.

La toute première course automobile sur circuit routier avait lieu le 3 juillet 1902. Un siècle plus tard, les 13 et 14 juillet, de véritables pièces de musées vont parcourir des kilomètres de macadam.

Plus de septante véhicules, datant d’avant 1918, sont déjà inscrits pour le parcours du samedi. Pour le dimanche, ce sont plus de quatre cents ancêtres qui sont fourbis. Les inscriptions seront probablement arrêtées à cinq cents et les départs répartis sur la boucle afin de répartir la masse de voitures au cours de la journée.

Les spectateurs n’ont plus qu’à rechercher de vieilles redingotes et de vieux chapeaux, de belles dentelles et des ombrelles, pour admirer ces magnifiques automobiles. Et surtout, préparer des tonnes de pellicules pour fixer ce moment inoubliable.

Les véhicules exécuteront la boucle : Bastogne, Champlon, Saint-Hubert, Libramont, Neufchâteau, Habay, Martelange et à nouveau Bastogne.

Pour des lecteurs différents

Pour des lecteurs différentsOn lit actuellement des discours alarmistes sur la montée de l’illettrisme, sur la désaffectation du public pour l’écrit, sur son détrônement au profit de l’oral, mais l’écrit est loin d’avoir disparu, même s’il est peut-être un peu moins présent et valorisé sous ses formes instituées et littéraires.

C’est dans le cadre de la découverte de nouvelles formes d’écriture ou de transmission de la langue que le mercredi 22 mai, la Maison locale de la Ligue Braille, située à Libramont, ouvrait ses portes à une journée de rencontre de la Bibliothèque et de la Ludothèque de la Ligue Braille avec leur public de la province de Luxembourg.

Rencontres avec Ariane Everaerts, ludothécaire et Quentin Houbion, bibliothécaire.

L’info : “Ariane Everaerts, quelles sont les spécificités de votre ludothèque ?”
Ariane Everaerts : “La ludothèque propose deux cent cinquante jeux adaptés au handicap visuel : inscriptions en braille, lettres agrandies, repères en relief. Les règles des jeux sont enregistrées sur cassettes, transcrites en braille ou imprimées en grands caractères. Un prêt gratuit de quatre jeux maximum pour une durée d’un mois est possible via des envois postaux gratuits depuis Bruxelles.”

L’info : “A qui s’adresse votre ludothèque ?”
A. E. : “Principalement aux personnes handicapées de la vue et leur entourage et aux étudiants et professionnels exerçant leurs activités dans l’aide aux malvoyants et aux aveugles.”

L’info : “Comment un habitant de la province de Luxembourg peut-il avoir recours à vos services ?”
A. E. : “Il lui suffit de s’inscrire en remplissant un dossier adapté. Cette inscription est gratuite.”

L’info : “Pourquoi organiser cette journée de rencontre à Libramont ?”
A. E. : “Parce que la Ligue possède quatre maisons locales en Wallonie (Charleroi, Namur, Liège et Libramont) mais aucune ne dispose d’une ludothèque adaptée. Une journée de sensibilisation à nos activités était donc nécessaire.”

L’info : “Quentin Houbion, quels types d’ouvrages proposent votre bibliothèque ?”
Quentin Houbion : “Il existe trois types de formats. Près de neuf mille titres différents enregistrés sur cassettes, ce qui représente plus de cent mille cassettes. Mille huit cents titres différents en livres format grand caractère. Et dernièrement, trois mille six cents titres différents sont disponibles en braille. La bibliothèque possède également une section documentation regroupant des dictionnaires et encyclopédies, des monographies, des revues, des mémoires et travaux de fin d’études et des bibliographies, répertoires et annuaires.”

L’info : “Combien de lecteurs fréquentent votre bibliothèque à Bruxelles ?”
Q. H. : “Quatre mille lecteurs inscrits gratuitement profitent de nos services à travers le prêt direct ou le prêt postal gratuit en Belgique et à l’étranger (pays francophones). Ce prêt est limité à un mois. Les réservations se font par téléphone et par catalogue. Il existe un service d’enregistrement gratuit par des bénévoles à domicile pour les ouvrages indisponibles à la bibliothèque. La Ligue dispose également d’un service d’enregistrement dans un studio bruxellois. Ce service fonctionne avec des bénévoles.
Une journée d’animation comme celle-ci nous permet de rencontrer un nouveau public, d’analyser ses attentes, de présenter les services de la bibliothèque et d’aider les gens à constituer des listes de livres.”

L’animation proposée ce 22 mai se tenait dans les locaux le la Maison de la Ligue Braille à Libramont. Cette antenne locale propose de répondre aux questions et attentes de la population concernée en offrant un suivi par rapport aux avantages sociaux et fiscaux offerts par la Ligue Braille (carte nationale de transport, tarifs téléphoniques avantageux, réductions diverses…). Environ sept cents personnes sont concernées par ce service dans notre province. Un travail discret mais fondamentalement utile et nécessaire.

Pascal Dabe

Ce jeu de puissance quatre peut être facilement adapté aux personnes non-voyantes. Le tout était de trouver la bonne idée !

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