29 octobre 1999 - n°133

Léglise

Un Coq de Cristal pour Vincent Pierrard

Sur les traces de son grand-père

Lors de la dernière Foire Agricole de Libramont, un Coq de Cristal a été décerné à Vincent Pierrard de Bernimont. Belle récompense pour ce jeune apiculteur qui a valorisé un coin sauvage en installant un rucher à flanc de vallée. Gamin, il accompagnait déjà son grand-père passionné par les abeilles. Sans le savoir, ils partageaient la même passion. Vincent avait en projet de faire réhabiter les ruches de son grand-père.

Vincent, qui travaille dans l’hôtellerie, entreprend de suivre des cours d’apiculture organisés par la Communauté française, au Val d’Attert. Il démarre son activité avec trois ruches et poursuit les cours au rythme de quinze dimanches par an durant deux ans. Il acquiert la technique et obtient le diplôme.

Vincent Pierrard se souvient bien de sa première production. Il était parvenu à remplir cent pots de miel. Tout fut vendu en un mois.

Notre jeune apiculteur, pris au jeu, fait passer son rucher à une dizaine de ruches et se lance dans l’amélioration de la qualité de son miel.

Une colonie calme

Pour peupler son rucher, Vincent choisit l’abeille Buckfast, d’origine italienne. C’est une race douce, mais très active. La colonie est calme, avec l’avantage de ne pas perturber le voisinage. Elle possède une autre qualité appréciée des apiculteurs : elle essaime peu. Au départ, le rucher était habité par l’abeille Carnica, très douce, mais qu’il faut contrôler souvent car elle essaime vite.

Actuellement, le rucher compte encore deux ruches colonisées par l’abeille "noire du pays".

Comme la plupart des bons apiculteurs, tous les deux ans, Vincent remplace les reines pour maintenir la pureté de la race, sinon la "noire du pays" recolonise les ruches.

Un miel toutes fleurs

Les extractions de miel s’étalent de mi-juin à mi-août. Vincent Pierrard commercialise deux miels de printemps, l’un à dominante de pissenlit, l’autre de ronce. Il propose également un troisième miel, d’arrière-saison, à dominante de trèfle, de ronce et de tilleul.

Avant la mise en pots, Vincent fait séjourner son miel dans un mélangeur. Cette maturation donne au miel une onctuosité qui lui permet de rester tartinable.

Cette année, les apiculteurs ardennais ont fait une très bonne récolte, tandis qu’en Gaume, la sécheresse a fait disparaître les fleurs. Habituellement, la Gaume est favorisée par son bon climat. Les floraisons y sont avancées d’au moins quinze jours. De plus les colonies s’y développent plus facilement qu’en Ardenne.

En Ardenne, on fabrique plus généralement un miel d’aubépine tandis qu’en Gaume, il s’agit d’un miel de pissenlits.

Une médaille d’argent puis un Coq de Cristal

"Il faut vivre avec son temps et suivre l’évolution de la technologie moderne. Il faut pouvoir pratiquer l’apiculture et valoriser le miel, produit de grande qualité, en utilisant les nouvelles techniques. Le produit est lentement revalorisé grâce aux nouvelles méthodes qui permettent de décristaliser le miel. Celui-ci ne durcit plus et est tartinable toute l’année" commente Vincent Pierrard. "Il y a un nouvel intérêt pour la nature, pour les produits traditionnels. L’apiculture bénéficie de ce nouvel élan. On peut rêver d’un nouveau développement de cette activité... si l’on n’en vient pas à la T.V.A."

C’est en 1997 que Vincent Pierrard reçoit sa première récompense : une médaille d’argent décernée par le Centre Apicole de Recherche et d’Information (le Cari), pour la qualité de son miel. Soumis à une analyse puis jugé par une trentaine de personnes composant le jury, le miel de la Margoutte obtient sa première distinction. Deux ans, plus tard, c’est-à-dire cet été, Vincent Pierrard remporte, pour sa première participation, un Coq de Cristal dans la catégorie des produits tartinables. Voilà une nouvelle distinction qui récompense une belle passion.

N’infligez pas la T.V.A aux apiculteurs

Dans le supplément de la "Libre Belgique", "La Libre Entreprise" du 31 juillet 1999, Alain Schockert, administrateur de banque lançait cet appel à nos responsables politiques : "C’est en tant qu’apiculteur et proche du monde apicole, que je m’adresse à eux : n’infligez pas aux apiculteurs belges (dont la population ne cesse de se réduire et qui ne détiennent que rarement plus de quinze ruches) des contraintes administratives inutiles et insupportables par de soudaines déclarations TVA imposées alors que jusqu’à présent ces contraintes étaient réservées aux seuls exploitants professionnels (possédant plus de cinquantes ruches). Il s’ensuit un émoi grandissant dans le monde apicole composé d’ailleurs majoritairement de pensionnés."

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