29 octobre 1999 - n°133


Le Département production animale et systèmes agricoles

La Station de la Pomme de Terre - La Station de Libramont

C’est en 1937 qu’un arrêté royal du 29 juin crée la Station de Recherches pour l’Amélioration de la Culture de la Pomme de terre. Elle est située en Haute Ardenne, car l’altitude de cette région est moins favorable au développement des pucerons vecteurs des maladies à virus de la pomme de terre. Elle fut logée tout d’abord à Orgeo et ensuite à Libramont. En 1956, elle est installée dans des bâtiments construits pour elle par le Ministère des Travaux publics à Libramont. En 1968, son appellation fut modifiée en Station de la Pomme de Terre. En 1973, elle devient la Station de Haute Belgique en raison de sa mission élargie aux cultures pratiquées en Ardenne. Suite à un arrêté royal du 20 juin 1997 qui restructure le Centre de Recherches Agronomiques de Gembloux (établissement scientifique du Ministère des Classes moyennes et de l’Agriculture, Direction générale "Recherche et Développement"), les activités des onze stations sont recentrées au sein de sept départements.

Depuis la Station de Haute Belgique est devenue le Département Production animale et Systèmes agricoles, avec des compétences élargies.

Il comprend trois sites de recherche, l’un à Libramont, un autre à Mussy-la-Ville et le troisième à Gembloux.

Le Département P.A. et S.A. occupe soixante-sept personnes, dont quarante-trois à Libramont. Vingt-deux sont agents de l’Etat et quarante-cinq sont sous contrat dans le cadre de projets financés par le Ministère fédéral de l’Agriculture, par la Région wallonne ou par l’Union européenne. A titre d’exemple, voici quelques projets en cours : développement et faisabilité d’une nouvelle filière de production porcine en plein air ; développement de techniques rapides d’analyses pour la caractérisation de la qualité des pommes de terre ; phytotechnie de la prairie permanente répondant aux nouvelles exigences écologiques et économiques ; réaliser pour la culture de la pomme de terre les observations nécessaires et diffuser les avis et avertissements qui visent à une diminution de l’utilisation des pesticides.

A Libramont, le Département P.A. et S.A. dispose d’une trentaine d’hectares de prairies et de terres de cultures dont une partie est rassemblée autour des bâtiments, de deux étables pour abriter deux lots de vingt-quatre taurillons confiés par des éleveurs de la région, d’un atelier de digestibilité afin d’étudier, sur les moutons, la valeur des aliments (foin, ensilage...) et de hangars de stockage du matériel agricole et des productions (céréales, pailles...). Pour les travaux sur la pomme de terre, le Département P.A. et S.A. dispose d’un germoir, de chambres climatisées, de serres avec tables de culture hors sol (hydroponie), de laboratoires pour la culture in vitro, pour le contrôle des maladies à virus, pour l’étude de la qualité culinaire et de transformation. Un laboratoire d’analyse des fourrages et aliments pour animaux complète ces infrastructures.

Répondre à la demande de la société

"La recherche agronomique revêt un caractère indispensable", nous confie Mme Bartiaux, directrice du Département Production animale et Systèmes agricoles de Libramont. "Notre mission est de veiller à répondre à la demande de la société, notamment en matières d’environnement, de sécurité et de qualité des aliments et du bien-être animal.

Nous devons être attentifs à produire des produits sains pour le consommateur, exempts de résidus et ayant une bonne valeur nutritionnelle. En effet, la préférence du consommateur s’oriente fortement par rapport à des objectifs et des garanties quant à la santé. Nous devons aussi répondre à la demande du transformateur (de l’industriel) en veillant à la valeur technologique des produits (exemple : adapter une pomme de terre à la transformation en chips, en purée ou en fécule...).

Gérer la protection de l’environnement et développer une agriculture durable sont l’une des grandes orientations de la recherche. Le développement d’une agriculture durable ne signifie pas un retour aux méthodes utilisant peu de technologies. Il s’agit plutôt d’encourager une agriculture qui dépendra essentiellement de données écologiques, de systèmes d’information, sophistiqués parfois, d’outils d’aide à la décision. Pour gérer la protection de l’environnement, il faut connaître la complexité des processus biologiques, chimiques et physiques et mettre en évidence leurs interactions afin de prévoir et maîtriser les évolutions possibles. Cela sous-entend la mise en place de sites permettant un travail scientifique de longue haleine.

Il faut aussi gérer l’innovation et développer de nouveaux systèmes de production, cela signifie évaluer les nouvelles variétés, les nouvelles molécules, tester les nouveaux équipements. En conclusion, une agriculture performante, diversifiée, à haute valeur ajoutée, intégrée dans la filière agro-industrielle, respectueuse de l’environnement et socialement pertinente, passe par la recherche agronomique à laquelle notre département de Libramont participe."

L’étude de la pomme de terre depuis 1939

Mini-tubercules de pommes de terreDepuis sa création, la station de Libramont a pour mission la recherche sur l’amélioration de la culture de la pomme de terre. Diverses variétés sont issues de ses laboratoires dont notamment la Gasoré : variété résistante à diverses maladies, considérée à juste titre comme la pomme de terre du jardinier amateur, convenant à la production biologique et qui sera officiellement présentée à la presse en novembre.

Parmi les axes actuels de recherche citons : la participation à un projet de valorisation d’anciennes variétés, la culture par hydroponie, les services d’avertissement.

Les vieilles variétés de pommes de terre sont pour la plupart tombées dans l’oubli. Pourtant certaines d’entre elles connaissent encore la faveur des consommateurs grâce à leurs qualités particulières : il s’agit par exemple de la Corne de gatte, pomme de terre typique de Wallonie, de la Ratte du Touquet, de la Belle de Fontenay...

D’autres vieilles variétés ont été remises à la disposition des agriculteurs désireux de développer des petites niches commerciales. Au terme d’un programme de six ans subsidié par la Région wallonne, via le Conservatoire botanique de Wallonie, trente variétés ont été régénérées in vitro et évaluées sur un plan agronomique et culinaire. Six variétés pour lesquelles les producteurs wallons de plants ont montré un intérêt, sont actuellement multipliées à Libramont, à leur intention. Ce sont la Bonnotte, l’Etoile du Nord, l’Oeil de Perdrix, l’Oblongue d’Oléron, la Saucisse de Plougastel et la Vitelotte négresse.

Le laboratoire de virologie du Département, en collaboration avec l’Inspection générale des végétaux et produits végétaux, réalise des tests permettant le classement et la certification des plants de pommes de terre commercialisés en Belgique, ou exportés. Libramont contrôle donc le statut sanitaire des plants, d’une part en laboratoire pour détecter directement les différents virus (tests sérologiques) et d’autre part, en serre, en replantant les échantillons (tubercules) pour vérifier s’il y a développement des symptômes liés à des virus.

Pour combattre le mildiou de la pomme de terre, le Département de Libramont possède un service d’avertissement. Les dégâts provoqués par cette maladie peuvent être considérables. Les années ‘97, ‘98 et ‘99 ont démontré la nécessité absolue d’être bien informés pour réaliser une protection optimale. Chaque jour, les risques de développement de la maladie sont évalués grâce aux données fournies par trente stations météorologiques. Les avis de traitements sont diffusés dans leur région, à la fin de la période d’incubation dans le but de briser l’enclenchement du cycle suivant.

Un coup de téléphone au répondeur renseigne les agriculteurs et les jardiniers professionnels ou amateurs (abonnés au système) de manière claire et précise sur la situation de la maladie dans chaque région. La nécessité de pulvériser est signalée par fax ou par courrier. L’avis de traitement fixe la date optimale de pulvérisation ainsi que les types de fongicides à utiliser.

Il en résulte une meilleure efficacité de la lutte contre le mildiou, une réduction du nombre de pulvérisations et donc un gain d’argent et de temps.

Renseignements : Service d’avertissement de Libramont - tél. (061) 23 10 10.

légende de photo : Ci-dessus, une table de culture hors sol de mini-tubercules de pommes de terre. Cette technique (hydroponie) consiste à mettre les tubercules dans des billes d’argex (argile expansée) au lieu de la tourbe, du sable ou du terreau et de les alimenter avec une solution nutritive.

1re journée de l’agriculture biologique

Le Département de Production animale et Systèmes agricoles de Libramont organise, le vendredi 5 novembre prochain, la première "Journée de l’agriculture biologique". L’objectif de cette initiative est de dresser un état des lieux et des démarches et de la recherches en agriculture biologique tant en Belgique qu’en Europe.

Le Département de Libramont a entrepris l’année dernière la conversion d’une parcelle afin d’appliquer différents essais en agriculture biologiques : en production fourragère, céréales, pommes de terre...

L’agriculture biologique gagne lentement du terrain parce que le consommateur et l’industrie réclament ce type de produits. Cet engouement se vérifie par la recherche de produits plus naturels, plus sécurisants, dont on connaît l’origine. C’est une question de confiance.

Antérieurement, le produit bio était quasi exclusivement lié à un circuit de consommation direct : du producteur fermier au consommateur. Depuis 1992, une législation européenne définit ce qu’est véritablement le produit bio. Aujourd'hui, il y a donc une certification et un contrôle de ce qui est produit sous le label "bio". Maintenant les filières de distribution peuvent donc se développer de façon plus importante. La grande distribution ouvre ses rayons aux produits "bio".

En 1987, la Belgique comptait cent neuf producteurs bio. En 1998, on les estime à trois cents. C’est une illustration de la progression nette de cette activité. Celle-ci est encore plus importante en Ardenne puisqu’une grande partie de ces producteurs reconvertis à l’agriculture biologique sont des producteurs de bovins (lait et viande). La demande de ce type de produits par la grande distribution est importante. Il y a quelques années, la viande bio était importée d’Argentine pour répondre à la demande du consommateur. Aujourd’hui, la grande distribution travaille avec des filières régionales, mais la demande est croissante et l’offre ne suit pas.

Techniciens, chercheurs, enseignants, étudiants, agriculteurs sont invités à cette journée d’étude. Quelques moments forts sont à souligner : à 13h30, tour d’horizon des activités de recherches spécifiques à l’agriculture biologique en Europe par le professeur Gautronneau de l’Institut Sup. d’Agriculture Rhône-Alpes ; à 13h55, étude de l’impact de systèmes de culture biologique sur la fertilité des sols par A. Fliessbach, de l’Institut de Recherche en Agriculture Biologique (Suisse) ;

à 14h20, exposé sur le développement des recherches en élevage Ab : parasites et autres pathologies, quelles solutions ? par C. Mage de l’Institut Technique de l’Elevage (France).

Renseignements : (061) 23 10 10
Lieu de rendez-vous : Foyer culturel de Libramont

Le programme de la Journée Bio du 5 novembre

  • 13h00 : Accueil
  • 13h20 : Bienvenue et présentation des activités du CRAGx (R. Biston)
  • 13h30 : Tour d’horizon des activités de recherche spécifiques à l’agriculture biologique en Europe
    (Y. Gautronneau - ISARA - France)
  • 13h55 : Etude de l’impact des systèmes de culture bio. sur la fertilité des sols.
    (A. Flissbach - FIBL - Suisse)
  • 14h20 : Développement des recherches en élevage AB : parasitoses et autres pathologies, quelles solutions ?
    (C. Mage - ITEB - France)
  • 14h15 : Discussion
  • 15h05 : Pause café et séance de posters
  • 15h30 : Situation de l’agriculture biologique en Belgique : législation, production, reconversions, marché.
    (Ph. Ghesquière - CARAB - Belgique)
  • 15h45 : Situation de la recherche et de la vulgarisation en Belgique.
    (D. Jamar - CEB - Belgique)
  • 16h00 : Etude d’un système en agriculture biologique dans le contexte pédoclimatique des Ardennes
    ( D. Michelante, D. Stilmant - CRAGx)
  • 16h15 : ENOF - réseau européen d’agriculture biologique.
    (B. Godden - ULB - Belgique)
  • 16h30 : Discussion
  • 17h00 : Rafraîchissements, posters et clôture.

L’élevage du porc en plein air

Afin de répondre aux attentes des consommateurs soucieux du bien-être de l’animal et exigeant des produits de qualité, afin de proposer aux producteurs une piste de diversification, une étude sur l’élevage du porc en plein air a été entreprise, parallèlement, à Gembloux et à Libramont.

L’élevage en plein air permet de débuter en production porcine avec un minimum d’investissements et donc un minimum de risques financiers.

A Libramont, l’étude porte sur la faisabilité en conditions hivernales plus rigoureuses. Il y est testé, plus particulièrement , un modèle de cabane de mise bas en bois et un système d’abreuvement résistant au gel, limitant les gaspillages et assurant une distribution d’eau propre et saine.

On observe que les animaux en prairie sont plus robustes et moins sensibles au stress.

En Wallonie, la production animale reste fortement liée au sol et dès lors, une diversification comme le naissage de porcelets en plein air devrait y être encouragé. De plus, l’obtention d’un porc plein air labellisé répondrait à la demande actuelle formulée par des bouchers et transformateurs locaux et par les industriels de la charcuterie.

L’étude des prairies

L’objectif de ces recherches est de réexaminer et adapter les techniques d’exploitation et de valorisation des prairies permanentes aux nouvelles exigences économiques (réduction des coûts de production) et écologiques (limitation des atteintes à l’environnement) dans une perspective de développement durable.

  • Recherche de variétés et mélanges les mieux adaptés et les plus recommandables pour la création de prairies à pâturer.
  • Implantation d’espèces résistantes (luzerne et de dactyle) à la sécheresse : en Gaume et en Famenne des recherches sont effectuées sur des prairies particulièrement sensibles au manque d’eau.
  • Valorisation de la matière organique (fumiers, lisiers) produite à la ferme grâce à la technique du compostage (fermentation aérobie). Celle-ci offre divers avantages : réduction des odeurs, réduction des germes pathogènes et des semences de mauvaises herbes, diminution de la masse à transporter.

    Le compost permet de limiter les risques de lessivage de l’azote après épandage. En effet, la libération lente des éléments minéraux au fur et à mesure de la croissance de la plante réduit fortement le risque de pollution des nappes aquifères.

Les résultats de cette étude démontrent qu’il est possible de concilier une bonne efficience d’utilisation de l’azote et un faible impact environnemental.

Elevage et engraissement des taurillons sur les prairies wallonnes

Situé dans une région herbagère, le Département de Libramont s’attache à l’étude de l’utilisation de l’herbe et des fourrages par les bovins, plus particulièrement le Blanc Bleu Belge, mais aussi par des races françaises (Limousin, Blonde d’Aquitaine, Charolais).

L’alimentation à base de fourrages de la ferme, le passage en prairie confèrent une image globale de bien-être des animaux et de qualité de la production en conformité aux exigences des labels.

 

 

Le Musée des Celtes lauréat du Godefroid culturel

Le samedi 23 octobre dernier s’est tenue à Arlon la neuvième édition du Gala des " Godefroid ". Parmi les lauréats, figure le musée des Celtes de Libramont qui a reçu le Godefroid culturel. Véronique Hurt, directrice du Centre de Recherches Archéologiques en Ardenne (CRAA) et conservatrice du musée, a terminé récemment la fouille d’une tombelle celtique au Plane (voir L’Info n° 131). Tout en grattant le sol à la petite cuillère, elle répondait avec passion à nos questions portant sur son métier d’archéologue.

Quelle est la genèse d’une fouille ?

"Lorsqu’un site intéressant du point de vue archéologique est découvert - soit à la suite d’une prospection, soit à la suite de travaux tels que le terrassement d’une route par exemple -, il nous faut d’abord obtenir l’accord du propriétaire pour entamer une fouille. Après un travail de cartographie, qui d’ailleurs s’étendra tout au long de la recherche, un dossier de demande d’autorisation est introduit à la Direction des Fouilles de la Région wallonne. Ce service, après avoir consulté la Commission Royale des Monuments Sites et Fouilles et le Service d’Archéologie Provincial, donne ou non son accord à l’équipe d’archéologues."

Quelles sont les techniques utilisées ?

"Je vous dirai que les techniques sont très nombreuses et chacune adaptée au site. Dans le cas des tombelles celtes en Ardenne, nous effectuons un travail de terrassement circulaire. S’il s’agissait d’une villa, par exemple, la fouille s’effectuerait en carré ou en rectangle. Mais je pense qu’il y a une règle d’or appliquée à toutes les fouilles : c’est de travailler en ayant en permanence une vision parallèle du site, en plan et en coupe. L’horizontal pour analyser ce qui s’est passé au même moment dans le temps, c’est la vision synchrone ; le vertical pour disséquer la succession des événements."

Lorsque la fouille d’un site est terminée, quelles sont les suites données ?

"Il y a bien entendu la récolte des objets et leur restauration. Notre équipe réalise elle-même ce travail pour tout ce qui est roche ou céramique, par exemple. En ce qui concerne les objets en métal - tels que les armes ou les bijoux - nous cédons le relais à des ateliers de restauration. Vient après une phase très importante : l’étude de la fouille. Celle-ci se déroule en deux étapes : tout d’abord la description objective des faits, à l’aide bien entendu de cartes, de photos, de relevés... Ensuite vient l’étape de l’interprétation. Il s’agira ici de dater la découverte, d’effectuer des comparaisons, de réfléchir au choix de l’implantation du site... Cette étude est le fruit d’un véritable travail d’équipe, car bien souvent nous avons recours à de nombreuses autres sciences : la pédologie, la palynologie... L’archéologue ne saurait être spécialiste dans tous les domaines !"

Quelle est la principale difficulté rencontrée lorsque vous fouillez un site ?

"Je dirai qu’il faut avoir " les bons yeux ". Une fouille, c’est quelque part une destruction, ce qui veut dire que si je n’ai pas vu un élément ou relevé quelque chose, je ne pourrai jamais revenir en arrière. C’est un peu comme si vous lisiez un bouquin, et qu’au fur et à mesure, vous brûliez chacune des pages."

Vous avez effectué depuis quinze ans la fouille de quantité de tombelles celtes. Qu’espérez-vous encore découvrir ?

"Il y a encore tant de questions restées sans réponse ! Comment vivaient les gens de l’époque ? Où se procuraient-ils leurs matières premières ? Comment fabriquaient-ils leurs torques ou leurs fourreaux ? Quels étaient leurs cultes ? ... Tous ceux qui ont fouillé les tombelles en Ardenne ont écrit qu’il n’y avait pas d’épées chez nous. Or, récemment, nous en avons découvert une, la seule en Belgique à avoir un aussi bon contexte archéologique. Croyez bien que ce genre de découverte génère bien plus de questions que de réponses..."

Th.Gridlet

Le Musée des Celtes à Libramont : 061/22 49 76

Retour au sommaire



Publicityweb Référencement & E-marketing


Retour page d'accueil