|
29 octobre 1999 - n°133
La Station de la Pomme de Terre - La Station de Libramont
Depuis la Station de Haute Belgique est devenue le Département Production animale et Systèmes agricoles, avec des compétences élargies. Il comprend trois sites de recherche, lun à Libramont, un autre à Mussy-la-Ville et le troisième à Gembloux. Le Département P.A. et S.A. occupe soixante-sept personnes, dont quarante-trois à Libramont. Vingt-deux sont agents de lEtat et quarante-cinq sont sous contrat dans le cadre de projets financés par le Ministère fédéral de lAgriculture, par la Région wallonne ou par lUnion européenne. A titre dexemple, voici quelques projets en cours : développement et faisabilité dune nouvelle filière de production porcine en plein air ; développement de techniques rapides danalyses pour la caractérisation de la qualité des pommes de terre ; phytotechnie de la prairie permanente répondant aux nouvelles exigences écologiques et économiques ; réaliser pour la culture de la pomme de terre les observations nécessaires et diffuser les avis et avertissements qui visent à une diminution de lutilisation des pesticides. A Libramont, le Département P.A. et S.A. dispose dune trentaine dhectares de prairies et de terres de cultures dont une partie est rassemblée autour des bâtiments, de deux étables pour abriter deux lots de vingt-quatre taurillons confiés par des éleveurs de la région, dun atelier de digestibilité afin détudier, sur les moutons, la valeur des aliments (foin, ensilage...) et de hangars de stockage du matériel agricole et des productions (céréales, pailles...). Pour les travaux sur la pomme de terre, le Département P.A. et S.A. dispose dun germoir, de chambres climatisées, de serres avec tables de culture hors sol (hydroponie), de laboratoires pour la culture in vitro, pour le contrôle des maladies à virus, pour létude de la qualité culinaire et de transformation. Un laboratoire danalyse des fourrages et aliments pour animaux complète ces infrastructures.
Répondre à la demande de la société "La recherche agronomique revêt un caractère indispensable", nous confie Mme Bartiaux, directrice du Département Production animale et Systèmes agricoles de Libramont. "Notre mission est de veiller à répondre à la demande de la société, notamment en matières denvironnement, de sécurité et de qualité des aliments et du bien-être animal. Nous devons être attentifs à produire des produits sains pour le consommateur, exempts de résidus et ayant une bonne valeur nutritionnelle. En effet, la préférence du consommateur soriente fortement par rapport à des objectifs et des garanties quant à la santé. Nous devons aussi répondre à la demande du transformateur (de lindustriel) en veillant à la valeur technologique des produits (exemple : adapter une pomme de terre à la transformation en chips, en purée ou en fécule...). Gérer la protection de lenvironnement et développer une agriculture durable sont lune des grandes orientations de la recherche. Le développement dune agriculture durable ne signifie pas un retour aux méthodes utilisant peu de technologies. Il sagit plutôt dencourager une agriculture qui dépendra essentiellement de données écologiques, de systèmes dinformation, sophistiqués parfois, doutils daide à la décision. Pour gérer la protection de lenvironnement, il faut connaître la complexité des processus biologiques, chimiques et physiques et mettre en évidence leurs interactions afin de prévoir et maîtriser les évolutions possibles. Cela sous-entend la mise en place de sites permettant un travail scientifique de longue haleine. Il faut aussi gérer linnovation et développer de nouveaux systèmes de production, cela signifie évaluer les nouvelles variétés, les nouvelles molécules, tester les nouveaux équipements. En conclusion, une agriculture performante, diversifiée, à haute valeur ajoutée, intégrée dans la filière agro-industrielle, respectueuse de lenvironnement et socialement pertinente, passe par la recherche agronomique à laquelle notre département de Libramont participe."
Létude de la pomme de terre depuis 1939
Parmi les axes actuels de recherche citons : la participation à un projet de valorisation danciennes variétés, la culture par hydroponie, les services davertissement. Les vieilles variétés de pommes de terre sont pour la plupart tombées dans loubli. Pourtant certaines dentre elles connaissent encore la faveur des consommateurs grâce à leurs qualités particulières : il sagit par exemple de la Corne de gatte, pomme de terre typique de Wallonie, de la Ratte du Touquet, de la Belle de Fontenay... Dautres vieilles variétés ont été remises à la disposition des agriculteurs désireux de développer des petites niches commerciales. Au terme dun programme de six ans subsidié par la Région wallonne, via le Conservatoire botanique de Wallonie, trente variétés ont été régénérées in vitro et évaluées sur un plan agronomique et culinaire. Six variétés pour lesquelles les producteurs wallons de plants ont montré un intérêt, sont actuellement multipliées à Libramont, à leur intention. Ce sont la Bonnotte, lEtoile du Nord, lOeil de Perdrix, lOblongue dOléron, la Saucisse de Plougastel et la Vitelotte négresse. Le laboratoire de virologie du Département, en collaboration avec lInspection générale des végétaux et produits végétaux, réalise des tests permettant le classement et la certification des plants de pommes de terre commercialisés en Belgique, ou exportés. Libramont contrôle donc le statut sanitaire des plants, dune part en laboratoire pour détecter directement les différents virus (tests sérologiques) et dautre part, en serre, en replantant les échantillons (tubercules) pour vérifier sil y a développement des symptômes liés à des virus. Pour combattre le mildiou de la pomme de terre, le Département de Libramont possède un service davertissement. Les dégâts provoqués par cette maladie peuvent être considérables. Les années 97, 98 et 99 ont démontré la nécessité absolue dêtre bien informés pour réaliser une protection optimale. Chaque jour, les risques de développement de la maladie sont évalués grâce aux données fournies par trente stations météorologiques. Les avis de traitements sont diffusés dans leur région, à la fin de la période dincubation dans le but de briser lenclenchement du cycle suivant. Un coup de téléphone au répondeur renseigne les agriculteurs et les jardiniers professionnels ou amateurs (abonnés au système) de manière claire et précise sur la situation de la maladie dans chaque région. La nécessité de pulvériser est signalée par fax ou par courrier. Lavis de traitement fixe la date optimale de pulvérisation ainsi que les types de fongicides à utiliser. Il en résulte une meilleure efficacité de la lutte contre le mildiou, une réduction du nombre de pulvérisations et donc un gain dargent et de temps. Renseignements : Service davertissement de Libramont - tél. (061) 23 10 10. légende de photo : Ci-dessus, une table de culture hors sol de mini-tubercules de pommes de terre. Cette technique (hydroponie) consiste à mettre les tubercules dans des billes dargex (argile expansée) au lieu de la tourbe, du sable ou du terreau et de les alimenter avec une solution nutritive.
Le Département de Libramont a entrepris lannée dernière la conversion dune parcelle afin dappliquer différents essais en agriculture biologiques : en production fourragère, céréales, pommes de terre... Lagriculture biologique gagne lentement du terrain parce que le consommateur et lindustrie réclament ce type de produits. Cet engouement se vérifie par la recherche de produits plus naturels, plus sécurisants, dont on connaît lorigine. Cest une question de confiance. Antérieurement, le produit bio était quasi exclusivement lié à un circuit de consommation direct : du producteur fermier au consommateur. Depuis 1992, une législation européenne définit ce quest véritablement le produit bio. Aujourd'hui, il y a donc une certification et un contrôle de ce qui est produit sous le label "bio". Maintenant les filières de distribution peuvent donc se développer de façon plus importante. La grande distribution ouvre ses rayons aux produits "bio". En 1987, la Belgique comptait cent neuf producteurs bio. En 1998, on les estime à trois cents. Cest une illustration de la progression nette de cette activité. Celle-ci est encore plus importante en Ardenne puisquune grande partie de ces producteurs reconvertis à lagriculture biologique sont des producteurs de bovins (lait et viande). La demande de ce type de produits par la grande distribution est importante. Il y a quelques années, la viande bio était importée dArgentine pour répondre à la demande du consommateur. Aujourdhui, la grande distribution travaille avec des filières régionales, mais la demande est croissante et loffre ne suit pas. Techniciens, chercheurs, enseignants, étudiants, agriculteurs sont invités à cette journée détude. Quelques moments forts sont à souligner : à 13h30, tour dhorizon des activités de recherches spécifiques à lagriculture biologique en Europe par le professeur Gautronneau de lInstitut Sup. dAgriculture Rhône-Alpes ; à 13h55, étude de limpact de systèmes de culture biologique sur la fertilité des sols par A. Fliessbach, de lInstitut de Recherche en Agriculture Biologique (Suisse) ; à 14h20, exposé sur le développement des recherches en élevage Ab : parasites et autres pathologies, quelles solutions ? par C. Mage de lInstitut Technique de lElevage (France). Renseignements : (061) 23 10 10
Lélevage du porc en plein air
Lélevage en plein air permet de débuter en production porcine avec un minimum dinvestissements et donc un minimum de risques financiers. A Libramont, létude porte sur la faisabilité en conditions hivernales plus rigoureuses. Il y est testé, plus particulièrement , un modèle de cabane de mise bas en bois et un système dabreuvement résistant au gel, limitant les gaspillages et assurant une distribution deau propre et saine. On observe que les animaux en prairie sont plus robustes et moins sensibles au stress. En Wallonie, la production animale reste fortement liée au sol et dès lors, une diversification comme le naissage de porcelets en plein air devrait y être encouragé. De plus, lobtention dun porc plein air labellisé répondrait à la demande actuelle formulée par des bouchers et transformateurs locaux et par les industriels de la charcuterie.
Létude des prairies Lobjectif de ces recherches est de réexaminer et adapter les techniques dexploitation et de valorisation des prairies permanentes aux nouvelles exigences économiques (réduction des coûts de production) et écologiques (limitation des atteintes à lenvironnement) dans une perspective de développement durable.
Les résultats de cette étude démontrent quil est possible de concilier une bonne efficience dutilisation de lazote et un faible impact environnemental.
Elevage et engraissement des taurillons sur les prairies wallonnes Situé dans une région herbagère, le Département de Libramont sattache à létude de lutilisation de lherbe et des fourrages par les bovins, plus particulièrement le Blanc Bleu Belge, mais aussi par des races françaises (Limousin, Blonde dAquitaine, Charolais). Lalimentation à base de fourrages de la ferme, le passage en prairie confèrent une image globale de bien-être des animaux et de qualité de la production en conformité aux exigences des labels.
Le Musée des Celtes lauréat du Godefroid culturel
Quelle est la genèse dune fouille ? "Lorsquun site intéressant du point de vue archéologique est découvert - soit à la suite dune prospection, soit à la suite de travaux tels que le terrassement dune route par exemple -, il nous faut dabord obtenir laccord du propriétaire pour entamer une fouille. Après un travail de cartographie, qui dailleurs sétendra tout au long de la recherche, un dossier de demande dautorisation est introduit à la Direction des Fouilles de la Région wallonne. Ce service, après avoir consulté la Commission Royale des Monuments Sites et Fouilles et le Service dArchéologie Provincial, donne ou non son accord à léquipe darchéologues." Quelles sont les techniques utilisées ? "Je vous dirai que les techniques sont très nombreuses et chacune adaptée au site. Dans le cas des tombelles celtes en Ardenne, nous effectuons un travail de terrassement circulaire. Sil sagissait dune villa, par exemple, la fouille seffectuerait en carré ou en rectangle. Mais je pense quil y a une règle dor appliquée à toutes les fouilles : cest de travailler en ayant en permanence une vision parallèle du site, en plan et en coupe. Lhorizontal pour analyser ce qui sest passé au même moment dans le temps, cest la vision synchrone ; le vertical pour disséquer la succession des événements." Lorsque la fouille dun site est terminée, quelles sont les suites données ? "Il y a bien entendu la récolte des objets et leur restauration. Notre équipe réalise elle-même ce travail pour tout ce qui est roche ou céramique, par exemple. En ce qui concerne les objets en métal - tels que les armes ou les bijoux - nous cédons le relais à des ateliers de restauration. Vient après une phase très importante : létude de la fouille. Celle-ci se déroule en deux étapes : tout dabord la description objective des faits, à laide bien entendu de cartes, de photos, de relevés... Ensuite vient létape de linterprétation. Il sagira ici de dater la découverte, deffectuer des comparaisons, de réfléchir au choix de limplantation du site... Cette étude est le fruit dun véritable travail déquipe, car bien souvent nous avons recours à de nombreuses autres sciences : la pédologie, la palynologie... Larchéologue ne saurait être spécialiste dans tous les domaines !" Quelle est la principale difficulté rencontrée lorsque vous fouillez un site ? "Je dirai quil faut avoir " les bons yeux ". Une fouille, cest quelque part une destruction, ce qui veut dire que si je nai pas vu un élément ou relevé quelque chose, je ne pourrai jamais revenir en arrière. Cest un peu comme si vous lisiez un bouquin, et quau fur et à mesure, vous brûliez chacune des pages." Vous avez effectué depuis quinze ans la fouille de quantité de tombelles celtes. Quespérez-vous encore découvrir ? "Il y a encore tant de questions restées sans réponse ! Comment vivaient les gens de lépoque ? Où se procuraient-ils leurs matières premières ? Comment fabriquaient-ils leurs torques ou leurs fourreaux ? Quels étaient leurs cultes ? ... Tous ceux qui ont fouillé les tombelles en Ardenne ont écrit quil ny avait pas dépées chez nous. Or, récemment, nous en avons découvert une, la seule en Belgique à avoir un aussi bon contexte archéologique. Croyez bien que ce genre de découverte génère bien plus de questions que de réponses..." Th.Gridlet Le Musée des Celtes à Libramont : 061/22 49 76 |
|
Publicityweb Référencement & E-marketing |
Retour page d'accueil |