Editorial
Ce n’est pas fête tous les jours, nous sommes d’accord.
Cependant, le 27 septembre est une journée importante : si nous avons congé, c’est grâce à la Wallonie, et même à la Communauté dite française. Cette date fait écho à une page de l’histoire de l’indépendance belge : la retraite, dans la nuit du 26 au 27 septembre 1830, des troupes hollandaises qui, sous la conduite du prince Frédéric (deuxième fils de Guillaume Ier d’Orange), étaient entrées dans Bruxelles, le 23 septembre.
Le Luxembourg a commémoré cet événement à Libramont, selon une tradition bien ancrée, avec un peu d’avance le week-end dernier.
Nous y sommes. Les rentrées sont arrivées : rentrée de votre bimensuel préféré (que vous tenez en main), rentrée des classes (et donc à l’école et à la papeterie), rentrée littéraire (et donc chez l’éditeur et le libraire), rentrée parlementaire (toujours chaude), rentrée sportive (sur les terrains couverts ou non), rentrée télévisée (dans le fauteuil), rentrée des associations (qui, pleines de vitalité, reprennent aussi le collier)… Tout le monde rentre. Il faut dire qu’avec le temps du mois d’août, cela peut se comprendre. Ce ne sont pas les sorties qui ont fait fureur ces dernières semaines. Cela nous laisse du temps pour sortir nos vêtements d’hiver de la naphtaline et refaire le plein d’anti-angines et antirhumes dans la pharmacie. En attendant les sorties politiques précédant élections communales et provinciales… Et avec ça, une bonne quatorzaine !
Ah! l’été. Quelle saison nous avons là, cette année ! On n’y croyait pas trop, on n’y croyait plus! Et pourtant, avec ce temps digne du Vaucluse français, voilà de quoi siroter une Tchèsté ou une Rulles avec une tranche de Sanglochon ou d’Orval. C’est aussi l’occasion d’une sortie : Juillet musical, festival de contes, stages folk ou poterie, expositions en tout genre (pourquoi pas Marie Howet au musée gaumais de Virton?), musées d’intérieur ou de plein air… Un clin d’œil spécial à la Semaine chantante, qui fête en août ses quarante années d’existence et de présence à Neufchâteau. Merci à Monique Fontaine et Pierre Nicolas. Rien ne manque. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Pas besoin de courir loin pour trouver son bonheur. Voilà donc de quoi passer agréablement du bon temps, seul ou en famille, touriste ou centre-Ardennais. Et avec ça, un tout bon juillet-août.
Je termine la lecture du livre éponyme de Vincent De Raeve, paru récemment aux éditions Couleurs livres. J’en reste pantois, tellement c’est beau et direct. Constat superbe et effarant à la fois. Extrait : « Suis-je fou ou différent ? Peut-être que de ne pas trouver de plaisir à être dans la galerie commerçante à baver sur des habits ou des télévisions plasma est devenu indécent. Je n’aime pas les parcs d’attraction, les complexes cinématographiques, les pièges à touristes, les fast-foods, les châssis en pvc, les trucs nickel sans droit à l’erreur… Cela ne m’amuse pas. Mais j’aime lire des histoires à mes enfants, tous les soirs. J’aime être dans mon jardin et écouter les oiseaux qui se disputent dans la haie. J’aime refaire le monde en picolant. J’aime caresser mon idiot de chien qui perd ses poils toute l’année…» Etre plus ou avoir plus, telle est la question. C’est l’auxiliaire qui fait l’essentiel. Etonnant, non? Et avec ça : une toute bonne quatorzaine.
A propos de l’A.K.D.T. Les hirondelles font le printemps, l’Académie d’été… ben, l’été (du moins à Libramont et Neufchâteau). L’AKDT existe chez nous depuis plus de quarante ans. Elle permet à plus de deux mille participants de débuter ou de se former plus professionnellement dans une palette de disciplines culturelles (arts plastiques, cinéma, musiques, théâtre…). Certains voudraient la voir ailleurs et, périodiquement, «on» évoque son départ. Le monde culturo-politique travaille-t-il réellement pour conserver chez nous cet instrument que d’autres, apparemment, nous envient? Ou préfère-t-il se «chamailler» et laisser partir des stages qui n’existent pas autrement dans notre province. Cela permettrait enfin de se consacrer à la pérennité de la structure existante et de se donner les moyens de la rendre plus efficace, de tendre vers l’idéal et d’être aussi professionnels que ne le sont les formateurs invités.
Nous vivions dans un pays où une Malienne pouvait se promener en rue avec une petite fille de deux ans ; où un enseignant pouvait faire une remarque à des élèves sans recevoir des coups ; où tout le monde payait ses impôts, ce qui en diminuait le montant pour tous ; où chacun réalisait un travail bien fait plutôt que de râler contre son collègue ou son voisin ; où tous les politiciens s’occupaient de « politique », c’est-à-dire de « gestion de la cité » plutôt que de celle de leur gloire ou portefeuille (même si l’arbre pourri ne doit pas cacher la saine forêt) ; où nous éviterions un ulcère à notre estomac parce que le temps serait meilleur ; où … J’ai rêvé d’un monde fait d’humains, pour l’humanité. Puis je me suis réveillé. Il pleuvait, mais je me suis dit que je pouvais contribuer à changer cela. Avec vous ? Et avec ça, une toute bonne quatorzaine ?
L’événement est désormais connu de tous ou presque. En effet, cette année se tenait dans la Vallée du Lac, à Neufchâteau, la 13e édition du Rhéto Trophée, cette grande journée sportive durant laquelle 120 écoles sélectionnées – soit 720 élèves – sont mises en concurrence. L’objectif de l’exercice est de boucler trois parcours en réalisant le meilleur temps. Les épreuves sont nombreuses et variées : descente de la Semois en kayak biplace au départ de Chiny, parcours d’orientation au départ du site de la Morépire, escalade, traversée du lac en bateau gonflable, death ride para-commando… Bref, un sacré défi ! Cette année, deux équipes «locales» ont terminé dans le top5. à la troisième place, celle de l’Institut St-Joseph de Libramont qui avait remporté le Trophée en 2005, suivie des rhétos de l’Institut St-Michel de Neufchâteau. Bravo à eux et rendez-vous en 2007 pour faire mieux encore !
Progression constante ? Rêve qui devient réalité ? Aboutissement ? Comment faut-il qualifier l’accession du BCCA en D2 ? Depuis la saison 94-95 le BCCA n’a plus quitté les divisions nationales. Cinq années en 4e nationale, suivies de sept saisons en 3e agrémentées de quelques exploits et autres matches de gala en coupe de Belgique. Ce lundi 24 avril, les portes de l’antichambre de l’élite se sont ouvertes. Belle récompense pour tout le travail accompli par la « bande à Jean-Marie ». Le rêve des fervents supporters se concrétise. Dès le début de saison, ils caressent le secret espoir que leurs protégés gravissent un échelon. C’est chose faite. Gageons qu’ils seront encore nombreux et enthousiastes l’année prochaine afin d’encourager leurs favoris. La D2, c’est l’aboutissement pour la grande famille du BCCA, incontestable porte-drapeau du basket luxembourgeois. Toutes nos félicitations !
A la suite du marché aux bestiaux du mercredi 12 avril dernier, un accident grave est survenu à Neufchâteau. Une vache en retard d’embarquements s’est évadée de l’enceinte du marché. Folle ou affolée, la bête a dévalé les rues de la petite cité vers la Vallée du Lac. L’incident serait resté anecdotique si la vache n’avait pas chargé un homme sur son parcours. A l’heure où nous bouclons ce journal, son état de santé est inquiétant voire désespéré.
A l’heure où j’écris ces lignes, le ciel est bas, il tombe des cordes et les rivières sortent de leur lit. L’hiver n’en finit pas, et par définition, quand il pleut, le soleil ne brille pas. Résultat, les mines sont renfrognées et ça bougonne dans les chaumières. La tendance climatique est même à l’orage sur Neufchâteau. Depuis plusieurs semaines, on sentait qu’un mauvais vent annonçait la tempête. Mais la bourrasque se précise. La petite cité entre dans la tourmente. Les mois à venir vont être difficiles. L’agitation politique prend une tournure dangereuse. Le capitaine ferait bien de reprendre son navire en main, car cette fois il n’est pas sûr que le bateau résiste à la houle.
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