Du crayon écarlate

Nous y revoilà encore ! Tel un diable, je ressors de ma boîte ce 10 juin. Dès que l’avenir du pays est en jeu, on fait en effet appel à moi.On va encore m’attacher à une chaîne, dans une cabine sans douche. De nombreuses mains, moites ou rêches, vont encore me tripoter. L’indécis me porte à la bouche, l’inspiré me prend pour me reposer avec méthode, le motivé dégaine plus vite que Lucky Luke, le « un peu bête » me fait écrire n’importe quoi (j’en rougis toujours).J’en vois de toutes les couleurs : du bleu, de l’orange, du rouge, du vert, et même du noir.« L’État, c’est moi ! », disait le roi Louis XIV. De même : l’élection, c’est grâce à moi ! Et dire que beaucoup de collègues ont déjà été remplacés par des ordinateurs, machines opaques à une véritable démocratie.Bon, c’est pas le tout : je me taille. Un crayon d’élections ne fait pas attendre le secrétaire communal.Et avec ça, une bonne quatorzaine législative !

Guy Pierrard