Cimetière deviendra jardin

En collaboration avec les parcs naturels de Lorraine (F), de la Haute-Sûre et de l’Our (GDL), le parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier participe à la 4e édition du Festival international des « Jardins… à suivre ».

Autour du thème des jardins, de la biodiversité et du développement durable, trente-deux jardins inédits ont été imaginés et aménagés par des artistes, paysagistes et architectes de jardins. Dans le parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier, ce sont sept jardins qui ont été créés et qui seront à la fête durant tout l’été. Nous vous en présentons deux, à Sibret et à Mellier où l’on a investi les anciens cimetières avec beaucoup d’élégance.

à Mellier
L’église classée et son cimetière adjacent sont les témoins de l’histoire du village de Mellier et de la vie de ses habitants. La lecture des épitaphes des tombes encore dressées situe ce cimetière à la fin du xixe siècle et au début du xxe, à un moment clé de l’histoire du village (contemporain à la construction de la ligne de chemin de fer – l’idée du voyage). Le site est un lieu de mémoire qu’il convenait de respecter. Mais au-delà de sa nature spirituelle et de sa dimension patrimoniale, ce site détient une atmosphère éminemment romantique. Son aspect actuel n’est pas sans rappeler certains tableaux du peintre romantique Caspar D. Friedrich.
Le voyage des plantes : un voyage dans le temps. Le projet consiste à créer un verger, sur une prairie fleurie, dans la tradition européenne du moyen âge des vergers-cimetières ou viridarium. Dans le jardin des morts, les fruitiers revêtent un symbolisme puissant : les racines descendent au royaume des morts et la tête des arbres touche au royaume des cieux. Ils permettent le voyage des âmes. La prairie fleurie, par son aspect naturel et faussement négligé, permet d’accentuer le côté romantique du cimetière. Les allées tondues dessinent une croix, divisant la prairie en quatre parcelles.
La prairie est composée ­d’espèces végétales à fleurs rustiques adaptées au sol et au climat de la région. Quant au verger, il est paré de néfliers, un arbre fruitier ancien, aujourd’hui méconnu, mais qui s’inscrit dans les légendes ardennaises. C’est un bel arbre, dont le port tortueux, la floraison, le fruit et la couleur automnale des feuilles sont intéressants.

 

Cimetière deviendra jardin
 

à Sibret
Le village de Sibret est une des plus anciennes localités ardennaises, même si, aujourd’hui, l’évolution urbanistique et les divers progrès lui ont fait perdre un peu de son caractère typique. Le vieux cimetière est un lieu de recueillement depuis de nombreux siècles. Dans cet espace de forme triangulaire, situé au cœur du village, s’entassent de ­nombreuses pierres tombales. D’après un calcul portant sur un passé de dix siècles, on estime le nombre de défunts inhumés à cet endroit à huit mille ! Ces lieux, même délaissés, marquent par leur forte « présence ».
Le visiteur va parcourir un espace et suivre le voyage des arbres. Paysage multiple où interviennent l’arbre coupé, l’arbre vivant, l’ardoise, socle de la région, dans une diversité de formes, de textures, de couleurs, d’approches.
La stèle est l’une des plus anciennes « marques » de recueillement. On la trouve dans des civilisations très différentes, sur tous les continents.
Dans ce jardin sont installées trois stèles, composées d’un tronc d’arbre entre deux pièces de schiste. Le visiteur pose ses mains sur une plaque de schiste. Ses pieds reposent sur une autre plaque de schiste : les troncs sont dressés sur des socles en schiste. Le visiteur est ainsi « relié » au socle des Ardennes.
Ce sont aussi des stèles-accoudoirs : le visiteur peut s’appuyer, se reposer. La stèle devient un point isolé d’où le visiteur observe l’espace qui l’entoure. Chaque stèle est orientée vers une partie différente du cimetière.

L’inauguration du Verger des âmes à Sibret aura lieu le 30 juin et la fête du Verger des âmes à Mellier est prévue le 1er septembre. D’autres jardins sont à découvrir dans notre région, à Habay, à Fauvillers, à Martelange… Pour en savoir plus ou pour se procurer le guide des jardins Le voyage des plantes, contacter le parc naturel : tél. 063 45 74 77.
Sources : Journal du Parc