Les éoliennes ont le vent en poupe à Vaux-sur-Sûre. Quatre projets sont à l’étude. Les habitants de Chenogne craignent l’encercelement.
Le vent qui souffle dans la commune de Vaux-sur-Sûre a-t-il des vertus uniques en Belgique? On pourrait le croire au vu des différents projets éoliens qui se multiplient sur son territoire depuis quelques mois. Face à cet élan, le bourgmestre Yves Besseling reste serein. « Nous avons déjà connu différentes présentations publiques, mais je pense que c’est mettre la charrue avant les bœufs. Que les promoteurs reçoivent toutes les autorisations nécessaires et puis il conviendra ensuite de présenter tout cela au public. On n’en n’est pas encore là. »
Retour sur les différents desseins qui pourraient voir le jour à Vaux-sur-Sûre. Il y a tout d’abord la prolongation du champ éolien de Sainte-Ode. Dans la suite des six premières éoliennes, huit autres devraient venir s’y adjoindre dans les prochains mois. L’enquête publique est terminée. Les nouvelles se présenteront sur deux rangées et se partageront sur les deux communes.
Un deuxième projet soutenu par la société Aspiravi a pour objet la réalisation d’un autre champ éolien aux abords des villages de Villeroux et de Senonchamps, à quelques mètres de l’autoroute E42. Idélux pourrait d’ailleurs profiter de l’occasion pour récupérer des terres et mettre en route la zone artisanale du poteau de Morhet.
L’associatif s’est également lancé dans l’éolien. Vent d’Houyet a déjà érigé dans sa région et aimerait à présent amener son principe d’implication citoyenne dans un projet. L’étude est réalisée sur les hauteurs des villages de Morhet et de Jodenville.
Et enfin, le petit dernier présente sept éoliennes à proximité de Chenogne.
La crainte de Chenogne
Trop, c’est trop, pour les habitants de ce village qui craignent à présent d’être encerclés par les grandes dames aux trois branches. « L’implantation de sept éoliennes de 150 m de haut à 1200 ou 1300 m de chez moi à vol d’oiseau gâcherait irrémédiablement le paysage à la fois champêtre et forestier que je peux contempler depuis ma fenêtre et nuirait ainsi fortement à ma qualité de vie, souligne Roger Marquet qui a décidé de se lancer dans le combat contre l’implantation des éoliennes, notamment par l’entremise d’une pétition. Il faut savoir que la beauté du paysage fut un des arguments qui me firent choisir l’endroit où bâtir la maison destinée à abriter ma retraite et celle de mon épouse. La destruction de ce panorama aurait, j’en suis sûr, des conséquences néfastes sur ma santé et mon équilibre psychologique. Par ailleurs, l’ensemble des projets constituerait une des parois de l’espèce de grillage ainsi construit tout autour de Chenogne. De quelque côté vers lequel on se tournerait, le regard buterait immanquablement sur une des rangées de véritables « sentinelles » géantes que constitueraient toutes ces éoliennes. Et je n’ai pas envie de me sentir prisonnier ! Nous avons déjà vue sur les éoliennes de Sainte-Ode - Tillet (en tous cas, nous, les habitants des hauteurs de Chenogne) et j’estime qu’ainsi, nous avons déjà payé notre part d’inconvénients pour le bien de l’environnement et de la collectivité. Pourquoi dès lors s’acharner sur Chenogne en en faisant le centre géographique d’un losange dont les quatre côtés seraient faits de rangées d’éoliennes ? Y a-t-il quelqu’un qui en veut particulièrement aux habitants de Chenogne ? Ou bien quelqu’un s’est-il dit qu’il valait mieux concentrer tous les mécontentements sur les quelque 200 habitants? »
M. Marquet a envoyé des lettres tout de go pour que la situation de son village ne soit pas oubliée.
Th. Lefèvre