Une initiative originale de la bibliothèque communale de Libramont-Chevigny. L’occasion de mélanger musique, poésie, édition et gastronomie.
En ces premiers jours d’automne, il fait bon se serrer bien au chaud au sein d’ambiances intimistes et chaleureuses. Le goût des veillées nous revient à la bouche. Ces soirées où le temps s’écoule lentement, où contes, récits et magie se lient savamment au cœur de la nuit. Une invitation à l’écoute, au rêve et à la convivialité.
Cabaret littéraire
Qui dit cabaret littéraire dit nourriture pour l’âme et pour le corps. Le menu proposé par les responsables de la bibliothèque communale de Libramont est copieux et alléchant. Nous ne nous attarderons pas sur le sympathique menu gastronomique concocté par un traiteur régional ; c’est affaire de goûts et de saveurs. Tournons-nous plutôt vers le menu artistique bien fourni de cette tentante soirée. Dès 19 h, le groupe Cordacoustiqua ouvrira le ban avec son répertoire de reprises de chansons françaises à textes. Ces cinq artistes émailleront la soirée d’œuvres de Brel, Ferré, Brassens et autres. Deux guitaristes chanteurs, un trompettiste, un pianiste et un contrebassiste composent ce quintet au service d’une chanson de qualité.
19 h 35, place à la littérature belge en présence d’un de ses meilleurs représentants, Vincent Engel. Né en 1963, Vincent Engel, alias Jean-Baptiste Morgan, est professeur de littérature et d’histoire contemporaines à l’université de Louvain, où il dirige également le centre d’études de la nouvelle. Critique littéraire et essayiste, il a reçu de nombreux prix littéraires en Belgique. En 2001, il a notamment obtenu le prix Victor Rossel des jeunes, pour Retour à Montechiarro (Fayard, 2001). Vincent Engel a publié plusieurs ouvrages, en particulier, Oubliez Adam Weinberger (Fayard, 2000), Mon voisin, c’est quelqu’un (Fayard, 2002), Requiem vénitien (Fayard, 2003), Raphaël et Laëtitia (Mille et une nuits, 2003), Les Angéliques (Fayard, 2004), Le Son de Mala-Léa (Grand miroir, 2006) et Les Absentes (Lattès, 2006). C’est encore à la lecture que ce passionné consacre ses heures de loisir, avec une priorité à la littérature française. Cohen, Camus, Gary, Tristan, Hesse, Mann, Calvino composent un panthéon littéraire tout personnel.
21 h 15, Mimie Poncelet débarque avec des contes plein sa hotte. Des histoires issues des forêts profondes avec leur cortège d’animaux étranges, de personnages énigmatiques et d’atmosphères envoûtantes. Elle a été bercée par les histoires contées au coin du feu par les parents, les grands-parents et les visiteurs de passage dans son village de Alle-sur-Semois. Un de ses derniers ouvrages, Les fées et les Fés ça existe ! paru chez Weyrich Édition, est un petit bijou de poésie, d’humour et de féerie. Comme elle le précise souvent, les conteurs sont seuls avec leurs mots pour emmener leurs publics dans le monde des contes. Mimie reviendra une deuxième fois lors de cette soirée en alternance avec le groupe Cordacoustiqua.
Enfin, aux environs de 22 h 30, place à un échange entre Olivier Weyrich, Mimie Poncelet et Jules Boulard. Ce dernier est un habitué des pages de L’Info qui ont déjà souligné la qualité de ses écrits et plus particulièrement de son roman L’envol de l’émouchet contant la migration des Luxembourgeois au xixe siècle, vers les terres promises d’Amérique du Nord. Cet auteur d’origine ardennaise a toujours été passionné par les lettres. Licencié en philologie romane, il consacre sa carrière professionnelle à l’enseignement. Pour lui, « Écrire est un besoin et un plaisir par lequel on explore… ». Auteur de plusieurs ouvrages, Jules Boulard s’intéresse aussi à la poésie, au théâtre et à la dialectologie wallonne. De plus, c’est un excellent orateur à la passion communicative. Nul doute que ses échanges avec Olivier Weyrich et Mimie Poncelet seront interpellants quand on connaît leur amour respectif pour l’Ardenne et ses richesses.
Afin de lier la sauce en cuisine et sur scène, il est nécessaire d’avoir recours à des chefs habitués à cet art difficile : Jean-Pierre Pirson, journaliste et animateur, entre autres, de Le Maga sur la radio VivaCité Luxembourg et Olivier Orianne, journaliste à votre télévision de proximité TV Lux s’en chargeront.
Ce samedi 20 octobre, quand à la fin de la soirée, les spectateurs repus et contents reprendront la route, ils auront le ventre et la tête remplis des senteurs et images indispensables pour attendre patiemment d’autres cabarets aussi utiles que nécessaires en ces temps de gavages télévisuels quotidiens.
P. Dabe
Info et réservations : 061 23 34 80.