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Marjorie Kellen danse le mondeDepuis quelques années, on croisait de plus en plus rarement les boucles noirs et les yeux bleus de Marjorie Kellen dans les rues de notre cité. Où était-elle passée depuis sa sortie de rhéto ? Un petit bonjour de temps en temps à l’Académie d’été nous rassurait sur ses projets artistiques. En ce début d’automne, elle posait ses bagages pour quelques semaines dans la maison familiale. L’occasion rêvée de faire le point sur ses années de découvertes et de travail dans l’univers de la danse. Danser jusqu’à tomber… « Danser… », prononcez le mot et le visage de Marjorie s’illumine. Elle est tombée en amour pour cet art lors d’un projet chorégraphique réalisé l’année de ses 18 ans. Un travail professionnel encadré par la chorégraphe Gabriela Koutchounova et présenté à la Maison de la culture d’Arlon. Un coup de foudre éclairant ses choix de carrière. Le spectacle s’appelait Fragments d’être et résume en quelques mots une philosophie de vie. Chercher l’être humain, le rencontrer, le débusquer au centre de rencontres improbables, de projets communs, d’initiatives artistiques aussi « déraisonnables » que réalistes. On est pas sérieuse quand on a 18 ans… Une audition à Bruxelles puis l’entrée dans une école de danse à Salzbourg. Une année de cours de danse classique et contemporaine. La rencontre d’un professeur qui l’oriente et l’invite à rejoindre la prestigieuse école du « Theatre School of Amsterdam ». Noyé dans une école ouverte à toutes les formes d’arts vivants, le cours de danse doit se battre pour marquer son territoire. Heureusement, le directeur de l’époque est un défenseur des expérimentations en danse contemporaine. Marjorie est la plus jeune de sa classe, ce qui l’amène à travailler encore plus pour imposer sa marque. Cours techniques, le matin, en tant que danseuse et chorégraphe. Puis ateliers plus ouverts et créatifs, l’après-midi, pour permettre à chaque élève de tracer sa route. L’école n’étant parfois pas assez encadrante, chaque élève doit faire ses choix et bousculer l’institution. Dès la 2e année, Marjorie part un mois au Burkina Faso, à Ouagadougou pour participer à un festival. Deux semaines de stages et de performances avec un groupe de musiciens et de danseurs pour aboutir à la création du spectacle Immersion africaine. Ayant pris goût à cette expérience, elle va multiplier les rencontres et les voyages. Septembre 2006, direction la Pologne en collaboration avec les dix élèves de sa classe pour un mois de création d’un projet qui sera finalement monté à Amsterdam en milieu d’année scolaire. Mars-avril 2007, grâce notamment à l’aide financière de l’association ZONTA (le Zonta est une association internationale de service-clubs regroupant des femmes (éventuellement des hommes) qui assument des responsabilités dans la vie politique, économique, sociale, éducative ou culturelle), Marjorie passe deux mois en Afrique du Sud, pays natal de l’ancien directeur de son école. En tant qu’artiste invitée, elle réalise concrètement ce qu’est le travail professionnel au sein d’une compagnie. Elle y peaufine déjà ce qui sera son spectacle de fin de 4e année, un solo de 25 minutes réalisé de A à Z. Fin juin 2007, son diplôme de danseuse-chorégraphe en poche, elle repart en Afrique pour deux mois. De sa propre initiative, elle finance un voyage au Sénégal afin de travailler avec Germaine Acogny, danseuse et chorégraphe de Mudra Afrique et créatrice de « L’école des sables », une véritable institution mondialement reconnue. Un village au cœur de la brousse où deux salles, dont l’une sur le sable, accueillent des danseurs du monde entier sélectionnés sur leurs expériences et leurs motivations. Deux mois de stages intensifs où 40 danseurs dont 20 Africains vont explorer la danse contemporaine métissée aux couleurs de l’Afrique. L’occasion pour Marjorie de nouer de nombreux contacts pour sa future carrière. Des projets plein les pieds
En janvier ou février 2008, Marjorie reprendra la route destination Londres, où par coïncidence son frère vient de s’installer. Elle y travaillera avec une danseuse et chorégraphe brésilienne sur un projet déclinant les relations interculturelles en l’homme et la femme. Ensuite, en juin 2008, retour à « L’école des sables » pour un stage préparatoire à une production tchadienne. Quinze danseurs se présenteront à cette sélection dont six seront choisis pour un mois de perfectionnement en Lybie en décembre 2008 avant une tournée en Afrique en 2009. Parallèlement à ces projets, Marjorie envisage de créer, en décembre 2007, un duo avec un danseur-chorégraphe béninois, directeur artistique du Ballet national du Bénin. De plus, dans un futur proche, elle voudrait créer un spectacle pour enfants dans la philosophie des prestations des « Clowns sans frontière ». Ajoutons que ses rêves seraient aussi de mixer différentes formes d’arts (sculpture, théâtre, mime, musique, danse…) afin de monter une énorme production en fonction d’un lieu ou encore de collaborer à un spectacle plus intimiste qui tournerait dans les villages de pays proches ou lointains. À 18 ans, Marjorie n’envisageait pas sa vie sans danser tous les jours. À 24 ans, son corps et son expérience ont relativisé les choses et lui ont appris la patience. Gageons que sa passion et ses nombreux projets lui permettront de danser encore longtemps, longtemps, longtemps… By Olivier Weyrich at 26/11/2007 - 16:47 | Neufchâteau | Culture | Edition 325 | printer friendly version
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