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Olivier Delait : « le dépassement de soi »Il fait encore sombre ce matin du 15 août 2005 quand les participants au triathlon d'Embrun plongent dans le plan d'eau de Serre-Ponçon. Parmi cette marée humaine, Olivier Delait, mérite sportif 2004 de la commune de Libramont. Il s’est inscrit sur la longue distance, ce qu’on appelle dans le jargon l’Ironman. 3,8 km à la nage pour commencer. Ensuite 188 km à vélo avec un dénivelé positif de 3600 m dont l'ascension de l'Izoard, un des plus hauts cols que franchissent parfois les coureurs du Tour de France. Celui-ci culmine en effet à 2361 m. Une fois l'épreuve vélo terminée, il ne reste plus qu'à effectuer un marathon. Rien moins que ça! Dur, dur ! Très éprouvant pour les organismes.
Olivier est intarissable lorsqu'il nous narre son expédition. C'est à la lueur de torches installées sur des kayaks et le bateau des pompiers que nous nageons dans le lac de Serre-Ponçon. Il n'est que 6h du matin, il fait encore sombre. L'eau n'est pas très chaude. Après 59 min d'efforts, sortie de l'eau. Prendre bien le temps de se sécher, de se changer. Enfourcher sa bicyclette et nous voilà partis pour 188 km… Après quelques semaines de récupération salvatrices, Olivier nous livre ses impressions, ses sensations. L’Info : Tes impressions après une telle épreuve? Olivier Delait : À vrai dire il convient mieux de parler d’une épreuve que d’une course. Au sein des participants, il règne plus un sentiment d’entraide qu’un esprit de compétition. C’est le dépassement de soi qui prime. C’est une épreuve très dure mais la beauté des paysages aide à surmonter les moments de doute. Il faut aussi savoir gérer son énergie, marcher quand c’est nécessaire, accepter de se faire dépasser par d’autres. L’Info : Justement, as-tu éprouvé des doutes durant cette journée ? O.D. : J’ai ressenti un premier moment de doute dans l’Izoard. La difficulté du parcours ajoutée au vent de face, c’était pénible. Le soutien moral de la famille postée à des endroits critiques du parcours permet de surmonter les doutes. L’Info : Comment t’es-tu préparé ? O.D. : Il faut compter à peu près onze mois de préparation. Le plan d’entraînement comprend de la natation, du vélo et de la course à pied. Lors d’une aussi longue préparation, il est important de bien se connaître, d’être à l’écoute de ses sensations. Le gros danger est de se renfermer dans son plan d’entraînement. Il faut pouvoir prendre du recul par rapport au plan initial. L’Info : As-tu repéré le circuit avant la course ? O.D. : Oui effectivement. ça aide. à certains endroits, j’avais d’ailleurs apposé de petites marques au sol pour repérer les points clés, les points difficiles. C’est une façon de les apprivoiser, les démystifier. L’Info : Comment t’alimentes-tu pendant la course ? O.D. : Pour la partie vélo, bananes, barres énergétiques et boissons énergétiques. Pour la partie course à pied, j’ai préféré le gel et les boissons. L’Info : Comment se passe l’après-course ? O.D. : Une fois l’épreuve terminée, massage. J’ai dû aussi être mis sous perfusion pour récupérer. Le lendemain une vingtaine de minutes de natation. Au début c’est dur de se jeter à l’eau mais ça fait un bien fou après. La semaine qui suit, trois fois natation, trois fois vélo mais de façon très relax. Le corps souffre d’un déséquilibre au point de vue hormonal et oligo-éléments. Entre 15 jours et 3 semaines après l’épreuve, on atteint un pic de forme au point de vue physiologique. Le danger à ce moment est de vouloir trop en faire. Il faut gérer ses émotions. Disons que pour récupérer complètement, il faut compter deux mois. Ér. Meunier |
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