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Published on L'info (http://www.info-ardenne.com/ardennes)

Déception à la route du poisson

By Olivier Weyrich
Créé 29/09/2005 - 09:54

L’équipe des Ardennais de Claudy Lepère est restée longtemps en tête avant d’être rétrogradée à la suite de quelques pénalités.
La déception était grande dans le clan des casquettes beiges. Aussi grande que la joie des casquettes noires, le signe distinctif des « Traits de la Famenne », revenus des profondeurs du classement pour terminer sur la deuxième marche du podium, précédés par les seuls français de « Bienvenue à la ferme ». Pour Gerald Dewit et son équipe, déjà victorieux de la première édition des « 24 heures de trait attelé » disputées l’an dernier entre Libramont et Mont-le-Soie, c’était la récompense de la persévérance, pour y avoir cru jusqu’au bout.

L'équipage ardennais de la
 

 

La « Route du Poisson », c’était l’itinéraire que des mareyeurs français, leur « ballon de marée » attelé à cinq chevaux de trait, prenaient au quotidien pour livrer frais aux Parisiens le poisson pêché sur la côte de la Manche. C’est ainsi que les chevaux de la race boulonnaise se sont illustrés sur les 70 lieues entre Boulogne-sur-Mer et Paris jusqu’à l’apparition en 1848 du chemin de fer. En juillet 1990, le Syndicat Hippique Boulonnais a lancé un défi aux autres races de trait françaises et européennes. En 1991, le premier itinéraire de la Route du Poisson collait à l’histoire, et d’anciens relais de la Poste aux chevaux accueillaient les participants. Au fil des éditions, la recherche de chemins évitant les grandes routes et les contraintes topographiques, a fait évoluer le tracé. Aujourd’hui, le parcours relie toujours Boulogne, premier port de pêche de France, à Paris. Et cette course contre la montre de 24 heures constitue l’épreuve principale de cette compétition. D’autres challenges, épreuves spéciales et souvent spectaculaires, sont venus compliquer la tâche des participants.
À commencer par le marathon du jeudi à l’hippodrome du Touquet qui voyait les " Traits de la Famenne " s’imposer.

Du flobart sur la plage de Boulogne…
Dès 18 heures vendredi, les équipes prenaient la… " Route " en direction de Paris. Deux heures plus tard, l’équipe bis alignait une paire de chevaux pour la redoutable épreuve du flobart qui consiste à traîner sur 125 mètres de plage un canot de pêche traditionnel de la côte boulonnaise. François Barchon se présentait au départ avec ses deux chevaux vedettes du film Le Poulain, tourné cet été dans nos régions avec Richard Borhinger. Il était le premier à approcher la ligne d’arrivée. Deux autres paires seulement allaient faire un peu mieux par la suite, alors que les «Traits de la Famenne» arrivaient cinquièmes. Pendant ce temps, les 16 attelages se rapprochaient de Paris, distante de 320 bornes, au rythme de 22 étapes d’une quinzaine de kilomètres à parcourir à une moyenne d’environ 12 kilomètres par heure. Après 5 départements et 110 communes traversées, les 800 participants et les près de 750 bénévoles qui les suivent se retrouvaient à l’hippodrome de Chantilly pour franchir la ligne d’arrivée. A ce moment, les Ardennais belges pointaient en tête du classement suivis par les Famennois. Tous les espoirs restaient permis…

… à l’exhibition sur l’hippodrome de Vincennes
Dimanche matin, à l’ombre de l’immense tribune de l’hippodrome de Vincennes avait lieu l’épreuve spéciale de maniabilité du «Vatel». Pour tester l’adaptabilité du meneur et son savoir-faire, la paire de chevaux emmène une lourde calèche du xviiie siècle sur un parcours retraçant des difficultés historiques. Là encore, nos deux équipes belges faisaient bonne figure. L’après-midi était ponctuée par la présentation des races de chevaux et par une course montée, en théorie au trot, mais pour certains au galop, sur la piste de Vincennes, devant les yeux ébahis des parieurs parisiens. La remise des prix allait confirmer la longue descente dans le classement des Ardennais et la remontée aux avant-postes des Famennois. Comme l’expliquait Claudy Lepère: « Nous avions une jeune équipe. Huit de nos meneurs n’avaient jamais participé à la Route. Notre but était d’arriver «entiers» à Paris, ce que nous avons réussi tout en nous comportant dans les spéciales. Sur la Route elle-même, jusqu’à la 17e étape, nous étions «tout bon.» Ensuite, deux de nos chevaux ont été pénalisés. Et nous avons pris tellement de points que nous avons glissé dans les profondeurs du classement… » Il n’empêche, les deux équipes ont renoué des relations de franche camaraderie de bon augure pour l’avenir. Les Belges, dans leur bel ensemble, se sont toujours battus avec courage et détermination. Leur convivialité et leur prestation d’ensemble méritent d’être soulignées. Leur engagement a été total. Il avait d’ailleurs reçu le soutien de la Province de Luxembourg, représentée durant la course par le député permanent Jacques Balon : « L’aide de la Province s’est concrétisée suite à la demande d’un bivouac commun pour les deux équipes. Ce soutien cadre parfaitement avec la défense du cheval de trait que je prône depuis deux ans. Ce cheval constitue un vecteur incontournable du développement rural. Quand on voit l’animation générée par la «Route du Poisson», ce sont à la fois les secteurs du tourisme, de l’économie et de la culture qui vivent, et qui vibrent, grâce au passage des chevaux…».
Les deux équipes n’avaient pas mis le cap sur Boulogne pour faire de la figuration. Au-delà du résultat final, nos Ardennais et Famennois ont démontré qu’il faudrait encore compter avec eux pour les prochaines éditions, qu’il s’agisse de la « Route des Vins et du Comté » fin août 2006 et sur leurs terres, pour la deuxième édition des « 24 heures », en septembre 2007.

P. Willems

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http://www.info-ardenne.com/ardennes/node/125