À l’initiative du Centre culturel et de la bibliothèque de Tintigny, le dynamique Jean-Paul Vasset accueille
le grammairien André Goosse au Centre culturel de Rossignol ce samedi 15 décembre à 20 heures.
Depuis quelques années, la grammaire française connaît un étonnant regain d’intérêt dans le monde de l’édition. D’Éric Orsenna à Patrick Rambaud, les auteurs se succèdent pour saluer la complexité parfois, la beauté souvent de notre langue. Dans ce domaine, « Le Bon Usage » fait preuve d’une éternelle jeunesse. Tiré initialement à 3000 exemplaires en 1936, l’ouvrage élaboré par le grammairien Maurice Grevisse, originaire de Rulles, se présente comme une grammaire destinée aux élèves de l’enseignement secondaire. L’ouvrage riche d’exemples puisés chez 124 auteurs connaît un succès immédiat auprès d’un large public. Les plus grands grammairiens et écrivains de l’époque, dont André Gide dans les pages du supplément littéraire du Figaro en 1947, vont saluer ce travail minutieux. Maurice Grevisse publiera également une série de manuels reconnus pour l’enseignement secondaire. Il disparaît le 4 juillet 1980 après avoir confié les rênes du Bon Usage à son gendre, André Goosse.
André Goosse naît à Liège le 16 avril 1926. Les nombreuses lectures qu’offre la bibliothèque paternelle éveillent une passion certaine pour la langue française. Il entame des études de philologie romane en 1945 à l’Université catholique de Louvain où il rencontre Marie-Thérèse Grevisse, fille de l’illustre grammairien. Ils se marieront en 1950. Après une expérience dans l’enseignement secondaire, il devient professeur dans son université en 1967. Déjà membre de plusieurs institutions littéraires, il entre à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique le 9 octobre 1976. Il en devient le secrétaire perpétuel de 1996 à 2001. Il préside encore aujourd’hui le Conseil international de la langue française. Très vite associé à son beau-père, il prend sa succession afin d’assurer la pérennité du Bon Usage. Avec toujours plus de rigueur, André Goosse continue à actualiser ce gigantesque tableau de la langue française. À 81 ans, il achève la réalisation de la 14e édition de l’ouvrage. Cette dernière mouture propose une mise à jour substantielle du contenu, fruit d’un travail de plus de 14 ans. Les innovations principales sont un contenu enrichi et actualisé, reflet de l’évolution constante de la langue française ; une nouvelle structuration de l’ouvrage au travers d’un nouveau format et d’une mise en pages revue pour une meilleure lisibilité ; et une version électronique disponible sur Internet pour les utilisateurs de l’ouvrage imprimé. Le Bon Usage édition 2007, en chiffres c’est 40 700 exemples (25 % de plus que la précédente édition), 2 500 auteurs cités (25 % de plus) dont les classiques : Marcel Proust, André Gide, Gustave Flaubert, Victor Hugo, François Mauriac… et les contemporains : François Weyergans, Bernard-Henri Lévy, Érik Orsenna, Michel Houellebecq, Philippe Claudel, Amélie Nothomb… C’est aussi 10 200 renvois internes (30 % de plus), 5 800 compléments en marge (notes historiques, remarques, …) et 1 600 pages. De quoi satisfaire les plus exigeants.Une des nouveautés les plus intéressantes est l’attention portée aux particularismes régionaux (régions de France, Belgique, Suisse, Québec et Amérique francophone), tant pour la prononciation que pour la syntaxe grâce aux exemples donnés par des spécialistes (Rézeau, Seutin-Clas, Boulanger, Thibault, etc.), relevés dans des œuvres d’auteurs locaux ou parfois notés sur le terrain. Le Bon Usage reste un des fleurons de l’édition belge. Il est étonnant que le monde éditorial français ne l’ait pas encore accaparé. Raison de plus pour le défendre et le redécouvrir en profondeur en rencontrant sa cheville ouvrière, André Goosse. Avec Jean-Marie Pierret, Chestrolais d’origine, et professeur émérite de l’U.C.L.
P. Dabe
Réservations souhaitées au 063/41.31.20.