Un journal que l’on regrettera

En prenant le téléphone pour recueillir quelques réactions à la suite de la disparition de L’info, on peut constater que la nouvelle est souvent accueillie avec beaucoup de désolation. Ce journal était un outil bien utile et lu de tous, la preuve sans doute que ce périodique s’était véritablement imprégné de la vie de la région.

André Goffinet
Collaborateur d’Olivier Weyrich, chargé de la mise en pages du journal
« On peut dire qu’au niveau professionnel, c’est un soulagement. Il faut se rendre compte du travail que ce journal demandait. Pour chaque numéro, il faut consacrer aux moins quinze heures de travail pour la mise en pages, rassembler les textes, contacter les clients, réunir les photos nécessaires… Il faut aussi savoir que le bouclage en lui-même est stressant. On court beaucoup, certains textes arrivent au dernier moment, chaque fois, c’est un bouclage à la dernière minute. Pour moi, sa disparition permettra de mieux gérer les autres secteurs de la maison d’édition, du moins avec du stress en moins ! »

André Lecomte
 

André Lecomte
Ancien bourgmestre de Léglise
« L’info, c’était un journal qui est très bien fait, sa qualité de papier, sa mise en pages… c’était chaque fois une belle réalisation. Il s’agissait d’un bimensuel qui était extrêmement apprécié et lu. Sa gratuité et sa distribution toutes boîtes permettaient à tous de se tenir informés sur les événements de notre région. À mon sens, c’est une perte dommageable dans le relais de l’information de nos communes. »

Jean-François Blondlet
Président de l’association des commerçants de Neufchâteau
« C’est une décision que je comprends, mais que je regrette amèrement. C’était un journal privilégié par le monde associatif. Il était le relais des activités de nombreuses associations,  mais il était aussi un espace publicitaire important. Je pense qu’il était lu par la plupart des habitants des communes de la région. J’ai l’intime conviction que sa disparition est le reflet de la situation commerciale actuelle…  Il était ancré dans la vie associative et c’était un plaisir de le lire. Je ne le regretterai pas seulement en tant que commerçant mais aussi comme Chestrolais. »

Guy Modart
Habitant de Lahérie
« J’y ai écrit des textes en wallon du temps de l’abbé Mouzon, au tout début du journal. ça fait déjà pas mal de temps. Je crois que c’était déjà Olivier Weyrich qui s’en occupait… C’est dommage, on aimait bien lire les petites nouvelles du coin… »

Jean-François Lechat
Employé au Centre culturel de Neufchâteau
« Dans chaque numéro, j’avais un encart qui me permettait d’annoncer les activités de la quinzaine du Centre culturel, cela à un prix intéressant. C’est un outil de diffusion pertinent qui touchait une population qui allait bien au-delà de la commune de Neufchâteau. De plus j’avais le droit pour, certaines activités, à un rédactionnel qui offrait une excellente promotion.  Je le regretterai. »

Ingrid Bodson
 

Ingrid Bodson
Échevine du commerce à Libramont
« C’est triste d’apprendre cela. C’était le seul petit journal que je lisais. Il avait cette qualité de couvrir plusieurs communes objectivement. Le fait de ne pas avoir de pub en première page donnait un aspect plus soft, moins orienté commercial, ce qui se ressentait au niveau rédactionnel. »

Nelly Gendebien
 

Nelly Gendebien
Ancien bourgmestre de Neufchâteau
« Je me rappelle encore le premier numéro qui, si je me souviens bien, était distribué par Olivier lui-même, dans les boîtes aux lettres de Longlier. C’était un journal important pour la commune de Neufchâteau. Je comprends que tout change, mais c’est dommage. Il avait des articles fort intéressants qui relataient la vie communale. Ce journal mettait tout le monde au courant. Vous pouvez demander à n’importe qui, on vous dira que c’est une grosse perte ! Toutes les activités du week-end étaient annoncées dans ce bimensuel. Personnellement j’attendais chaque numéro. »

 

Thierry Gridlet
 

 

Thierry Gridlet
Collaborateur occasionnel de L’info, un des responsables de Natagora
« C’est un journal qui a beaucoup d’importance dans le Centre-Ardenne dans la mesure où il est ouvert à toutes les composantes de la vie sociétale. C’est une porte ouverte vers la culture, l’environnement, l’économie, le patrimoine et l’histoire de notre région. J’étais correspondant à L’info et je tiens à rendre hommage à Olivier ­Weyrich, le remercier chaleureusement pour avoir été attentif à faire en sorte que les gens connaissent leur région et en soient respectueux. L’info était le reflet d’une région qui est encore préservée. Le journal a permis de sensibiliser le lecteur sur le bel endroit dans lequel nous habitons. Sa disparition va créer un grand manque. Les lecteurs attendaient, tous les quinze jours, la parution pour savoir ce qui allait se passer dans leur commune. Sa gratuité a été un atout et a permis à certaines personnes, qui n’ont pas les moyens de se payer un abonnement d’un quotidien, de se tenir au courant de ce qui se passait dans sa région. En 1989, j’étais parmi les premiers rédacteurs à écrire dans L’info, principalement sur les réserves naturelles et les cigognes noires. Ce journal qui, au départ, était une simple feuille A3, je l’ai vu grandir pour arriver au format que nous connaissons aujourd’hui. La première page a toujours offert une photo de qualité qui montrait la région sous un bel angle. C’est aussi ça L’info, des articles qui montraient l’aspect positif des actions mises en œuvre. J’ai juste un regret… c’est de ne pas avoir pu écrire un mot sur l’introduction des castors au bord de nos rivières. Peut-être aurai-je l’occasion dans une nouvelle mouture ? »

Véronique Arnould
… dont les photos étaient régulièrement en première page de notre journal
« Par rapport à d’autres journaux qui ont une qualité de papier terne et un agencement confus, L’info a cette qualité de papier et une organisation claire qui donnent envie de lire. Je ne suis pas la seule à le dire, la plupart des échos qui me sont parvenus ressemblent exactement à ce que je pense. Des articles superbes… certains gardent même chaque parution, on ne fait pas ça avec les autres journaux. Je ne dis pas ça parce que certaines de mes photos étaient publiées mais quand vous voyez la première page de L’info, on vous invitait à lire la suite. »
 
Louis Lejeune
Président du cercle d’histoire Terre de Neufchâteau
« Sa disparition va créer un vide. Il donnait des informations fort intéressantes, le programme de ce qui allait se dérouler dans la quinzaine… Je le lisais entièrement. J’ai gardé chaque numéro chez moi. Plus tard, ces journaux deviendront sans doute une source importante au niveau historique pour la région… Les plus anciens numéros le sont déjà. On y avait des informations qu’on ne pouvait pas trouver dans des quotidiens tels que l’Avenir ou la Meuse. »

 

Sophie Jacques
 

Sophie Jacques
Bourgmestre de Léglsie
« L’info, c’était un peu comme la rivière du jeudi au bord de laquelle je m’asseyais pour sentir battre le pouls du Centre-Ardenne.
Merci, L’info ! »

André Poncin
Guichetier au bureau de poste de Léglise
« Je suis déçu de le voir disparaître. Vous savez, je travaille dans un bureau de poste, et lorsqu’on avait le malheur d’oublier de déposer L’info dans une boîte aux lettres, la personne concernée venait directement le réclamer. C’était un journal qui s’intéressait à tous et qui a mis en valeur des personnes peu connues du grand public. C’était un journal avec un esthétisme travaillé qui avait épaté des amis bruxellois… »

Roland Collot
 

Roland Collot
Ancien rédacteur de L’info, conseiller communal à Neufchâteau
« L’info, c’était un lien pour de toute la population chestrolaise et bien au-delà. Il suscitait le débat, exposait la vie communale dans tout ce qu’elle a de plus varié. Il informait, faisait découvrir des personnages, mettait en avant des actions… L’édito de Guy Pierrard était pertinent, parfois piquant, mais faisait réfléchir beaucoup de monde… même ceux qui sont sur la scène politique ! Des événements ont pu être mis au jour grâce à L’info. Je trouve frustrant de le voir disparaître, on va perdre en qualité d’information, surtout pour les personnes qui ne peuvent plus se déplacer. La disparition de L’info, c’est l’envol d’une partie de l’âme chestrolaise… »

Marie-Claire Étienne
Responsable de la chorale les Boutons d’Or
« C’était un journal clair, attrayant, coloré. On le lisait avec plaisir et avec plus de facilité qu’un autre quotidien. Il était l’annonceur des faits culturels, le relais entre le public et les Boutons d’or. C’était un journal de proximité, facile à contacter, d’un accueil toujours chaleureux, c’est ce que j’en retiendrai. »

Donatien Liesse
 

Donatien Liesse
Directeur du Parc Naturel de la Haute Sûre Forêt d’Anlier
« Je suis surpris d’apprendre qu’il cesse de paraître, surtout qu’il était fort apprécié. On l’a utilisé principalement pour échanger des articles qui paraissaient dans le Journal du Parc naturel de la Haute-Sûre.  L’info couvrait les communes de Bertrix et de Libramont, dans lesquelles, on n’était pas distribué. Il est navrant de perdre ce relais. »

Anne-Sophie Roblain et Robert Dries
Boulangers à Longlier
« C’était un bon journal. Pas trop long à lire, bien aéré, et lu par une grosse partie de la population. Nous y avions notre publicité car on savait qu’il était lu et apprécié de tous.
Mais il faut parfois faire des choix quand on gère une entreprise, et ceux-ci ne sont pas toujours compris par le tout monde… »

Propos recueillis
par Christophe Bodet