Ceux qui poussent leur promenade jusqu’au château de Herbeumont ont remarqué que depuis quelques mois certaines parties de l’édifice ne sont plus accessibles au public. En effet, les vieux murs en attente de restauration se sont fragilisés et de nombreuses pierres se sont déjà détachées.
C’est seulement en 1973 que l’on commença à dégager le site du château d’Herbeumont. Il a fallu d’abord déboiser car les forêts l’avaient envahi. Et c’est vers 1976, à la suite de quatre campagnes de fouilles menées par le Service national que l’on peut apprécier ses vestiges comme on les voit encore aujourd’hui. C’est seulement après un travail énorme de restauration que l’on rendit le site accessible au public.
Trente ans après, Herbeumont n’envisagerait pas de vivre sans son château. Est-il à ce point vital à la vie économique de la cité ? à cette question, Julien Gengoux, échevin et amoureux du château – presque concierge – répond un oui ferme et sans hésitation. « Il y a tout le temps quelqu’un, s’exclame-t-il, et particulièrement en été. Le château et son point de vue sont une véritable attraction. » Et l’entrée est gratuite, faut-il le rappeler ?
Depuis 1935, c’est la commune qui est propriétaire du château. C’est elle qui gère le site, qui en a la surveillance et l’entretien.
Un arrêté royal de 1938 a classé le château et ses abords en raison de sa valeur historique et archéologique. Grâce à ce classement, l’administration communale bénéficie d’une subvention de 80% pour les travaux de restauration. Deux grands chantiers de travaux ont déjà été menés à bien et ont permis de sauver une bonne partie de l’enceinte. Mais il en reste deux autres. Les plans de restauration sont terminés et les dossiers sont introduits auprès de l’administration compétente. Mais le temps presse. Les murs d’origine se laissent aller. « Idéalement, il faudrait que tout soit fait pour fin 2006 afin d’arrêter l’hémorragie, explique Julien Gengoux, mais je crains que pour des raisons budgétaires ce ne soit plus long .»
Un peu d’histoire
Le château d’Herbeumont a été construit au sommet d’une crête rocheuse qui domine les méandres de la Semois de quelque cent onze mètres. Depuis la fin du xe siècle et jusqu’en 1200, le territoire de la seigneurie d’Herbeumont faisait partie intégrante des «Terres d’Orgeo». L’ensemble relevait du comté de Chiny. C’est Jehan, le fils cadet de la maison de Walcourt et fondateur de la maison d’Orgeo, qui « se réserve la roche pour y construire sa maison ». Quatre grandes familles se sont succédé à la tête de cette seigneurie créée en 1268 : les maisons d’Orjo (1268-1420), de La Marck-Rochefort (1420-1544), de Stolberg (1544-1574) et de Löwenstein (1574-1796). Le château fut investi par les troupes de Louis XIV le 21 août 1657. Incendiée, la place forte fut abandonnée et rasée. La seigneurie d’Herbeumont n’en resta pas moins la propriété de la famille Löwenstein jusqu’en 1796. Les quelques travaux partiels effectués vers 1900, puis en 1942 par les « Camps de travail » n’avaient heureusement pas trop entamé l’intégrité du site. C’est véritablement en 1976 que le Service national des Fouilles lui rendit le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. à Herbeumont, comme dans la plupart des autres sites archéologiques, les objets contemporains des premières périodes d’occupation sont rares. Ce sont les couches de la dernière destruction et de l’abandon qui fournissent la grande part du matériel archéologique. La plupart des vestiges d’intérêt sont encore visibles à la maison communale. Aujourd’hui, le château d’Herbeumont est un élément important du patrimoine architectural de la région et un site capital pour le secteur touristique du bassin de la Semois.