L’Académie d’été reste

Libramont et Neufchâteau viennent de débloquer un subside annuel de 12500 euros pendant deux ans qui permettra à l'Académie Internationale d'Été de continuer à proposer ces stages dans le Centre-Ardenne.

Académie d'été
 

Quelques jours à peine avant l'arrivée des premiers stagiaires, l'Académie Internationale d'Été a fait le point quant à l'avenir de l'institution. La question qui brûlait toutes les lèvres était de savoir si oui ou non ses deux milles stagiaires s'en iraient développer leurs talents à Virton. La réponse est tombée. Elle restera finalement implantée à Neufchâteau et à Libramont.
« Au terme de négociations fructueuses et d'une rencontre constructive entre les représentants de Neufchâteau et Libramont, un accord financier va prochainement nous lier à raison de 12 500 euros par an pendant deux ans, avec possibilité de renégociation durant la prochaine législation communale », explique Sébastian Pirlot, député wallon et président de l'AKDT.
En échange de ce soutien financier, le Conseil d'administration de l'Académie, qui compte déjà deux représentants de Neufchâteau (M. Lambrechts et D. Fourny), s'ouvrira prochainement à un administrateur communal libramontois.
Et Sebastian Pirlot de justifier ce choix de rester en Centre-Ardenne : « Le projet culturel que nous envisagions sur Virton était lui aussi de grande qualité, et le soutien financier proposé tout autant, mais l'importance des retombées économiques et touristiques pour le Centre-Ardenne générées par les activités de l'AKDT, la volonté de maintenir et de défendre les emplois directs et indirects que nous créons durant le mois de juillet sur Libramont et Neufchâteau nous commandent de choisir la continuité.»
Confrontée à un déficit structurel annuel de 100 000 euros, l'avenir de l'institution n'est toutefois pas rose pour autant. « Outre ces 12 500 euros, 11 800 euros supplémentaires viennent de nous être attribués dans la cadre de la Loterie Nationale via Marie Arena et Fadila Laanan, mais il nous reste encore à trouver 25 000 euros, via – espérons-le – une augmentation de la dotation de notre subside en provenance de la Communauté française. Nous rencontrerons à ce sujet, le 20 juillet, le chef de cabinet de la ministre présidente» explique le président.
Et Sébastian Pirlot d'ajouter: « Il nous faudra par ailleurs réfléchir, dans le futur, à une modification profonde de notre offre de produits, afin de nous adapter à l'évolution des mentalités. Il faudra créer un réseau en étoile, avec des partenaires locaux. Il faudra imaginer tout au long de l'année, et pour des initiatives ponctuelles, des activités décentralisées dans d'autres régions. Bref, il reste un long travail de réflexion à effectuer, un grand chantier de rénovation à mener. C'est à ce prix-là seulement que l'Académie Internationale d'été de Wallonie pourra continuer à faire rêver, à travers des stages de grande qualité. »
Le partenariat avec les communes de Libramont et Neufchâteau semble donc constituer un premier grand pas qui en appelle d'autres.

 

B. Gueuning


L’AKDT en chiffres

L'Académie est née il y a 43 ans à l'initiative de quelques « volontés » provinciales. Au début des années 1960, la culture institutionnalisée en Luxembourg se résumait en trois écoles de musique et une Académie des Beaux-Arts à Arlon. C'est dans ce contexte culturel que l'Académie d'été voit le jour. En 1975, elle est officiellement reconnue par le Ministère de la Culture. Deux ans plus tard, elle est reconnue établissement d'Utilité Publique associant dans sa gestion la Culture française et les Provinces wallonnes.
Les premiers stages d'artisanat se déroulaient à Martilly et, parallèlement à Saint-Hubert s'organisait un cours de piano. Rapidement, de nombreuses disciplines artistiques s'ajoutèrent à ces premiers ateliers.
L'AKDT propose aujourd'hui plus de 180 formations aux jeunes de 5 à 18 ans dans des domaines aussi variés que la musique, les arts plastiques, les danses et musiques traditionnelles, et les arts du spectacle. Une expérience culturelle et unique dispensée par quelque deux cents formateurs belges ou étrangers dotés d'une très grande expérience, et dont profitent près de deux mille stagiaires et artistes. Environ 1200 d'entre eux sont hébergés en internat, alors que l'AKDT met à la disposition des autres une liste des logements disponibles dans la région.
En matière d'emploi, l'AKDT génère quelque 300 emplois partiels pendant la période de stages, soit en juillet, mais également cinq emplois fixes. Son chiffre d'affaires avoisine le million d'euros, et vingt-cinq personnes composent son conseil d'administration.