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Published on L'info (http://www.info-ardenne.com/ardennes)

Saint Nicolas avait des jouets, mais il pouvait très bien ne rien donner…

By Olivier Weyrich
Créé 05/12/2005 - 16:56

Dans son Almanach gourmand de l’Ardenne, Jean Delahaut nous livre sa vision de l’Ardenne à table. Cet ouvrage, riche de nombreux conseils et recettes, compte aussi quelques belles histoires du bon vieux temps. Interrogé sur les traditions de la fête de saint Nicolas, voilà ce que Jean Delahaut nous raconte :

 

L'Almanach gourmand de l'Ardenne, Jean DELAHAUT, Weyrich éd. Humour
 


« Qu’avait-il dans sa hotte, le saint Nicolas de notre enfance?  Des jouets, évidemment. Ils ont toujours existé : on montre au Musée du Louvre à Paris, un sanglier sur roulettes qui n’a pas moins de deux mille ans ! Saint Nicolas avait des jouets, mais il pouvait très bien ne rien donner.  Si l’enfant n’avait pas été sage, n’avait pas tenu ses promesses, père Fouettard, le fidèle compagnon noir, donnait une verge, tout simplement et c’étaient les pleurs, le gros chagrin », explique malicieusement Jean Delahaut.
« Mais faisons l’inventaire de cette hotte si tentante…  On y trouvait de grosses toupies, de toutes variétés:  il y en avait même qui faisaient de la musique.  De merveilleuses poupées s’habillaient de robes de bal.  Les plus chères avaient la figue en faïence et devaient être maniées avec délicatesse.  Pour les plus pauvres, le celluloïd existait:  il y avait même des bébés baigneurs pour habituer les petites filles aux joies de la maternité.  La poupée de chiffon pouvait subir tous les chocs : elle pouvait même servir d’oreiller.  
On sortait des guerres.  Les soldats de plomb étaient  habillés comme les militaires avec des pantalons rouges et des galons noirs.  Ils y en avait dans toutes les positions: tireurs d’élite ou même canonniers en position devant leurs pièces de guerre.  Et on jouait à la guerre 14 comme on disait.
Dans le même ordre d’idées, il y avait les Indiens d’Amérique dont l’histoire hantait les esprits. Et là, c’était l’arc et les flèches et même le tomahawk.
Les jeux de construction se passaient de père en fils et les cubes se multipliaient, permettant tous les bâtiments du monde.
Pour les plus riches, il y avait les trains électriques qui amusaient autant les pères que les fils.
Les boîtes de méccanos permettaient des constructions de longue haleine.  Des grues qui fonctionnaient à la main, mais aussi branchées à des minimachines à vapeur qui coûtaient une fortune et qui n’étaient pas sans danger.»
Et pour les filles ? « Pour les filles… toutes destinées à être un jour fidèles épouses et ménagères, saint Nicolas avait pensé à tout : fer à repasser, petit foyer cuisinière, casseroles, batteries de cuisine, assortiment d’assiettes et de verres qu’on appelait ménagère.
Un jour que ma tante Lydie avait fait le grenier, elle avait trouvé de tout petits verres provenant de cet ancien jouet.  Au café, pour faire une blague à un client, elle lui servit sa goutte dans un de ces petits récipients minuscules. On attendit sa réaction… Il but la mini-gorgée, se dirigea vers la fenêtre et, lançant le verre dans la rue, il s’écria : T’es trop p’tit po v’nu au cabaret! Ainsi se terminait la vie des jouets de saint Nicolas ! »

L'Almanach gourmand de l'Ardenne, Jean DELAHAUT, Weyrich éd. Humour, gourmandise et authenticité. 77 recettes du terroir et un grand nombre d'histoires ou d'anecdotes du bon vieux temps. Cet almanach est destiné à tous les gourmands, jeunes ou moins jeunes, friands de bonne chère et attachés aux traditions de l'Ardenne.
Format 17 x 24,5 cm, 174 pages et 128 illustrations, disponible en librairie au prix de 24 euros.


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http://www.info-ardenne.com/ardennes/node/261