Hérisson et ramoneur

La période des fêtes débute généralement par la Saint-Nicolas. On dit de ce grand saint qu’il se glisse dans nos maisons par la cheminée. Mais, pour y parvenir, celle-ci doit être entretenue. Voici donc l’occasion de découvrir, ou redécouvrir, une profession souvent mal connue, celle de ramoneur.

Didier Evrard, ramoneur
 

 

Didier Evrard, la trentaine à peine passée, et originaire de Behème, dans la commune de Léglise, décrit ce qui est pour lui une activité complémentaire à son métier principal, celle de ramoneur : « En fait, je suis ardoisier. Mais depuis sept ans maintenant, je ramone également les cheminées.» En effet, selon Didier, il est très difficile, à l’heure actuelle, de vivre exclusivement du ramonage.
« Il faut compter une heure par cheminée. Il est donc utopique d’espérer ramoner huit cheminées par journée, et pour chaque jour de l’année. Cela représente tout de même beaucoup de foyers ! », ironise-t-il. Sans doute est-ce l’une des explications au manque d’attrait pour cette activité. Mais pour Didier, ce n’est pas la principale. Le danger, lié à la hauteur qu’exige ce métier ? « Non, ce n’est pas pour cela que de moins en moins de personnes exercent ce métier ! » répond franchement cet acrobate, habitué des toits, « Il est toujours possible de ramoner une cheminée par le bas, mais je ne le conseille pas. C’est la crasse qui démotive la plupart des gens ! L’image du ramoneur tout noir n’est pas une légende ! Après un ramonage, vous êtes vraiment sale…  Et c’est une crasse tenace ! , continue-t-il, le regard rieur …à tel point que je m’organise en fonction. Par exemple, j’effectue mes ramonages le vendredi, la veille de mes lessives ! Cela permet également aux clients de nettoyer la pièce le samedi, généralement jour de congé. »

A partir de novembre


La raison pour laquelle Didier, se moquant de cette crasse, a décidé de compléter sa profession d’ardoisier par cette activité est simple : « La période des ramonages débute en novembre, lorsque les gens recommencent à se chauffer. Ce sont donc des revenus supplémentaires à l’entrée de l’hiver. Il n’y a pas d’études à faire pour connaître ce métier mais comme j’ai eu la chance de l’apprendre chez mon ancien patron, en apprentissage, je me suis lancé.» Didier constate qu’au fil des années, les gens ont plus fréquemment recours aux services du ramoneur. « Je pense que ce phénomène est lié à la rigueur des assurances, explique-t-il, avant, les clients attendaient plusieurs années avant de m’appeler. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux me font venir tous les ans.» Et ces clients, qui sont-ils ? « Autant des jeunes que des personnes plus âgées. Il y a donc les habitués, ceux qui prennent rendez-vous chaque année. à ceux-là, il faut ajouter ceux qui viennent d’acheter une maison et qui me demandent d’en vérifier la cheminée. Enfin, il y a les personnes qui me téléphonent en urgence, parce que leur cheminée est complètement bouchée. Dans ce dernier cas, je me déplace directement si ces clients n’ont pas d’autre moyen pour se chauffer. »
Si la demande est plus fréquente, Didier estime, par contre, que la méthode n’a nullement changé. « L’outil utilisé s’appelle hérisson, précise-t-il, et nous poussons ce hérisson dans la cheminée, par le haut, pour faire tomber les crasses dans le foyer. Ensuite, je vérifie que le conduit est bien dégagé grâce à un miroir, que je place dans le bas, et dans lequel je dois distinguer la clarté du jour.» Selon le ramoneur, la seule différence réside dans les cheminées elles-mêmes : « Dans les nouvelles maisons, les cheminées sont plus étroites. Le ramonage y est donc plus facile et plus rapide. Une heure de travail suffit, alors que je dois compter jusqu’à une journée entière pour une ancienne cheminée.»

Petit conseil utile…
Enfin, Didier conclut par deux petits conseils, nécessaires pour bien entretenir sa cheminée :
« Absolument bannir le bois humide, car parti en fumée, il se colle aux parois de la cheminée. Et également éviter de maintenir un feu à bas régime toute la nuit car, dans ce cas, le conduit s’encrasse deux fois plus vite. Mieux vaut éteindre complètement le foyer.»

Virginie Juprelle