Les brûlots
Lorsqu’il y avait une fête quelconque (Saint-Éloi, Sainte-Barbe, etc) dans les usines, chacun recevait une soucoupe avec deux morceaux de sucre superposés. On faisait chauffer du pèket, puis on le versait dans chaque soucoupe. On éteignait les lumières et chacun allumait son brûlot. Quand tout l’alcool avait brûlé, on buvait avec une petite cuillère le liquide un peu caramélisé. Tout cela en chansons et en joie, évidemment.
Et quand un brûlot était bien fini, on en recommençait un autre!
Les gâteaux à la poêle
À l’époque où l’on faisait le pain dans chaque maison, les enfants mendiaient des restants de pâte qu’ils roulaient en boules. Après les avoir aplatis, ils les cuisaient à la poêle avec une bonne rasade de saindoux. Une fois qu’ils étaient croustillants, on les saupoudrait de sucre et on les mangeait avec délice.
Ce plat rudimentaire a aussi sa version salée : on fait rissoler des lardons ; on les enlève, et dans la sauce on fait cuire les pâtons aplatis. Pour servir, on remet les crètons au-dessus de la galette…
Les figottes
Dans toute la région, à la saison des pommes, voici ce qu’on faisait de celles qui étaient abîmées ou blessées lors de la récolte. On les épluchait, on passait le vide-pomme, puis on coupait en tranches de 5 mm. On les enfilait sur des ficelles, puis on les suspendait d’un mur à l’autre dans une chambre sèche (on parle encore dèl tchambe aux pommes). Après un mois ou deux, elles devenaient brunes et on pouvait alors les garder dans une boîte en fer.
Pour les utiliser, on les faisait tremper une nuit dans de l’eau. On égouttait (en gardant un peu de ce jus), puis on les faisait cuire dans du beurre 20 minutes à feu doux avec un peu du jus récolté. Quand elles étaient cuites, on ajoutait le sucre.
On les servait avec du poulet, du lapin mais on en faisait aussi des tartes…
Les gaufres
Le mot « gaufre » vient de « Walfre » XIIe s.
En vieux français, wafel veut dire « rayon de miel ». C’est une pâtisserie de pâte légère, cuite entre deux fers qui lui impriment un dessin en relief. Longtemps, les fers étaient à deux longs manches et se posaient sur le feu de la cuisinière. Aujourd’hui, ils sont électriques. Chez moi, quand des amis s’annonçaient, ma mère « faisait des gaufres » : c’était un rite. On les consommait telles quelles ou avec du sucre ou de la confiture.
Pour huit personnes (25 gaufres) :
175 g de beurre,
1/2 litre de lait,
3 œufs,
500 g de farine,
300 g de sucre,
un paquet de levure chimique,
un paquet de sucre vanilliné,
une petite cuillerée à café de sel.
1. Faire fondre le beurre dans le lait
2. Casser les œufs, mettre les jaunes crevés avec le lait et garder les blancs.
3. Mélanger la farine avec le sucre, la levure express, le sel et le sucre vanilliné.
4. Mettre doucement le liquide dans la farine et mélanger.
5. Battre les œufs en neige ferme.
6. Mélanger les blancs battus à la pâte sans les briser.
Quelques conseils :
- On gagne à laisser reposer la pâte une heure au moins
- À la sortie du fer, les gaufres sont croustillantes. Après une heure ou deux, elles deviennent molles et on peut les rouler.
- On peut ajouter sur les gaufres: du sucre, des confitures, de la crème Chantilly, des fruits...
- Les fers à revêtement antiadhésifs ne demandent plus à être graissés...
L'Almanach gourmand de l'Ardenne, Jean DELAHAUT, Weyrich éd. Humour, gourmandise
et authenticité. 77 recettes du terroir et un grand nombre d'histoires ou d'anecdotes du bon vieux temps. Format 17 x 24,5 cm, 174 pages et 128 illustrations, disponible en librairie au prix de 24 euros.