Ceux qui ont tenté de traverser le carrefour de Recogne aux heures de pointe, ou l’avenue de Bouillon pour passer de la rue Tibêtême à la rue Sur-le-Chêne, comprendront aisément que la Commune de Libramont se dote d’un Plan de Mobilité. Présenté à la presse le 8 décembre, aux habitants via une édition spéciale du Libr’Infos le 9, ce plan fera l’objet d’une réunion publique ce jeudi 15 décembre à 20heures à la cafétéria du football.
Voici, en résumé, ce qu’il faut savoir de ce Plan communal de Mobilité, un PCM qui veut faire rimer mobilité avec sécurité.
À l’échelle régionale
Rappelons que la commune de Libramont-Chevigny est l’une des plus vastes de Belgique. Sa position centrale au cœur du plateau ardennais lui vaut de jouer un rôle de pôle sous-régional en termes administratif, scolaire, commercial et industriel. De ce fait, la commune attire quotidiennement un trafic tant de véhicules particuliers que de poids lourds venant de tout le plateau. De plus, en raison de sa situation géographique à mi-chemin entre Namur et Luxembourg, la commune est également une réserve de main-d’œuvre pour ces pôles d’emplois dont les aires d’influence ne cessent de s’étendre. Cela se traduit en termes de déplacements par des navettes sortantes utilisant l’axe de communication régional qu’est l’A4-E411. Le phénomène de navettes entrantes et sortantes s’observe également au niveau de la gare SNCB de Libramont qui se situe sur l’axe européen Bruxelles-Luxembourg en cours de redéveloppement.
La croissance démographique de Libramont-Chevigny au cours de ces dernières années reflète cette situation. On constate que les quartiers en forte croissance sont localisés à proximité des axes de communication.
Les infrastructures routières
L’amélioration des infrastructures routières à l’échelle régionale dépasse largement le cadre de ce PCM. Cependant, la présence sur le territoire de la commune de deux axes majeurs : l’autoroute A4-E411 et la N89 doit être prise en compte car ils jouent un rôle important dans la desserte de Libramont-Chevigny tout en supportant des trafics de transit de plus en plus importants. L’autoroute A4-E411 est un axe d’importance européenne qui possède deux échangeurs desservant directement la commune par l’intermédiaire des N89 et N40. Cette dernière, reliant Mons à Arlon via Givet, a perdu sa fonction de transit régional au profit de l’autoroute A4-E411. Mais elle joue encore aujourd’hui un rôle important de déviation locale en cas de fermeture de l’autoroute (accidents /impraticabilité hivernale). La N89 a une vocation plus régionale. Elle complète le réseau autoroutier en permettant les échanges Nord-Sud. Elle supporte quelque 14000 véhicules par jour au sud de l’A4-E411 et près de 10000 au niveau du zoning industriel de Recogne.
Les points noirs
Les gros problèmes rencontrés se situent entre Libramont-Centre et le carrefour de Recogne, d’autant qu’entre ces deux points se situent une série de carrefours.
Principal accès de Libramont, le carrefour de Recogne accueillera un rond-point. Il sera provisoire dans un premier temps afin de vérifier son efficacité. Un second est également envisagé à l’intersection de la rue du Flosse et de la route de Neufchâteau.
Les deux feux rouges occasionnent de longues files aux heures de pointe. La création d’un rond-point au «carrefour de l’intérim» permettrait de supprimer les feux et de réduire les files.
Au carrefour de Neuvillers, autre point noir, un rond-point permettrait de ralentir la vitesse et aux usagers d’accéder plus aisément à la N40.
La traversée de Lamouline, où rares sont ceux qui respectent le 50km/h, sera modifiée avec un rétrécissement de la chaussée aux entrées de la localité et un élargissement du bas-côté pour aménager un îlot central et une bande pour tourner vers Saint-Pierre.
La parole aux Libramontois(es)
Dans le dépliant qu’ils ont reçu dans leur boîte aux lettres, les habitants de la commune sont invités à renvoyer un coupon précisant « la localisation et la description d’un danger ». Sur la base de ces réponses, des priorités seront établies. Le Plan communal de Mobilité complet est disponible jusqu’au 22 décembre à la maison communale. Après la phase d’analyse et de diagnostic, une phase de cadrage des objectifs, et enfin une phase d’élaboration, le PCM libramontois aura atteint son double objectif : améliorer conjointement la mobilité et la sécurité. « Le plan n’est pas encore figé. Il est appelé à évoluer », ont ensemble précisé Pierre Arnould, Paul Jérouville et Jean-Marie Stousse.
P. Willems