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Voyage au gré du vent et des rencontresPour ce deuxième volet, nous partons à la découverte d’une famille de voyageurs : la famille Scholtes de Mellier, ou plus précisément de leur fille Caroline qui vit actuellement un aboutissement.
Pierre et Geneviève Scholtès, ses parents, nous racontent en quelques mots ce périple inhabituel :
Le site Internet de Caroline relate son parcours quotidien (http://www.travelpod.com/members/caroscho). Nous y avons pioché quelques extraits que nous vous livrons ici : C’est par le biais de « chouc-chouc » (train, Ndr) ou de bus, entassés, bondés d’autochtones que Caroline relie Shimla, Varanasi ou encore Pokhara ou Kathmandou au Népal. Aborder le Gange, qui a priori n’a rien d’attrayant, mais est essentiel pour la vie des locaux. « Pourtant, une promenade le long de ses gaths (abords du fleuve, Ndr) vous dévoile toute sa diversité et sa richesse: l'un se brosse les dents, l'autre se baigne, un homme y lave ses bœufs, certains font la lessive, les enfants jouent, d'autres se purifient et prient, un autre encore y jette les cendres d'un mort brûlé a deux pas, un bateau passe, et, merveille, un dauphin saute hors de l'eau à l'horizon. Tout cela parmi les ordures qui bordent la rive, les sorties d'égouts, les détritus d'effigies et offrandes, et les cadavres flottants ne pouvant être incinérés (bébés, femmes enceintes, sadhu - sorte de moine, Ndr -, etc.) C'est cela le Gange, un fleuve qui mène la vie à des contradictions qui, à mes yeux en tout cas, sont difficilement compréhensibles, bien qu'elles restent totalement respectables» écrit Caroline. De nature très sociable, et au contact facile, Caroline aime partager et aller à la rencontre des autres : « La visite d'un centre pour handicapés où j'aide à fabriquer des bougies par milliers pour la prochaine fête Diwali, mardi 1er novembre, m’amène à rencontrer les Indiens dans une certaine simplicité. Ces enfants handicapés mentaux ou physiques, atteints de la polio, ou d'autres maladies, si nombreuses, ont un regard empli de joie et de bonheur qui vous réchauffe le cœur. Ils sont fiers de vous présenter leur dessin, leur chanson ou leur danse lors d'un petit concours organisé dans une école. Vous ne pouvez vous empêcher de sourire de les voir si heureux, même si dans la plupart des cas ils vivent au sein du foyer familial un vrai calvaire, victimes des pires humiliations.» Ou bien encore parcourir à l’aventure, la faune et flore locales à Sauraha (Népal), petit village situé en bordure du Chitwan Park. Et là… la poésie se fait Caroline : « Nous optons pour un programme de canoë, marche dans la jungle et balade à dos d'éléphant, le tout étalé sur deux jours. Le début était très tranquille et relaxant: à l'aube on embarque dans une pirogue pour descendre la rivière, emportés doucement par le courant. On observe les oiseaux, aigrettes, canards de Sibérie, martins-pêcheurs... à l'ombre de quelques branchages, les yeux d'un crocodile émergent de l'eau comme deux billes immobiles. La brume diffuse à la surface de l'eau donne l'impression d'une tranquillité sauvage. Apres une bonne heure de navigation bercée au son de la pagaye, nous débarquons pour partir à la découverte de la jungle, accompagnés de deux guides. Marchant à pas feutrés, tentant d'observer le moindre mouvement et à l'affût du moindre bruit, le sentiment d'excitation à l'idée de rencontrer les animaux de la jungle nous envahit. Très vite, nous rencontrons des singes qui nous observent sagement perchés en haut d'arbres gigantesques. On voit des traces d'éléphants, de rhinos, d'antilopes, mais aucun ne se montre à nous. Apres quelques heures de marche, on débouche à nouveau sur la rivière au bord de laquelle un crocodile se tient figé et imperturbable. Un autre daigne tout de même a se lancer à travers les eaux pour nous démontrer la fluidité de sa nage. On parcourt ensuite les rives du fleuve, véritables étendues de plages où le soleil s'abat comme un couperet, et dans lesquelles nos pieds s'enfoncent à chaque pas. Le passage de tigres, éléphants, crocodiles et rhinos y ont d'ailleurs laissé de superbes traces. Traverser les multiples cours d'eaux n'est pas toujours aisé, mais nos guides ont la gracieuseté de nous porter d'une rive à l'autre pour ne pas perdre de temps à enlever et remettre nos chaussures. Ils portent des sandales, et l'un m'expliquera plus tard que c'est pour grimper plus vite aux arbres, pieds nus, si un rhinocéros vous attaque, car les chaussures glissent trop sur les troncs d'arbre... Rassurant !» En somme, c’est la proximité d’un cadre de vie différent du nôtre, côtoyer la pauvreté et les maladies. être confronté au surpeuplement indien, à la précarité et l’envie d’aider qui poussent Caroline à découvrir. S’immerger. Comme elle le dit si bien : « Un endroit de plus, un émerveillement de plus ». C’est aussi l’opportunité de rencontrer pour quelques jours des Mexicains qui font un trekking vers l’Himalaya, des Belges qui veulent créer une coopérative de commerce équitable (www.telluris.org) etc. Les témoignages et les souvenirs que Caroline partage sur son site Internet traduisent bien l’aventure qu’elle vit : partage, découverte et échange à l’état brut. Et si Caroline venait à s’installer là-bas ? « J’irais la retrouver » répond immédiatement sa maman. Mais la question ne se pose pas pour l’instant. Dans l’immédiat, Pierre et Geneviève Scholtès attendent le retour de leur fille pour passer ensemble les fêtes de fin d’année. Et enfin, je ne peux que vous conseiller d’aller visiter site Internet de Caroline (voir ci-dessus), car ses mots à elles sont bien plus forts que les miens quand elle vous conte son voyage au gré du vent et de ses rencontres.
Propos recueillis par Grégory Franceus
By Olivier Weyrich at 19/12/2005 - 16:18 | Régional | Reportage | Edition 283 | printer friendly version
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