Sur les traces du passé

Quel est le rapport entre Libramont et la comtesse Ermesinde ? Qui sait qu’un berger… allemand a sauvé Libramont d’une destruction totale par bombardement ? Comment s’est passé le retour des prisonniers de guerre ? Qui connaît l’histoire de l’église de Saint-Pierre ? Les réponses à toutes ces questions ont été publiées dans le premier bulletin de liaison, paru en juin dernier, du Cercle Art et Histoire de Libramont-Chevigny.

l’église de Saint-Pierre
 
 

 

Le deuxième, d’une probable longue série, sortira des presses à la fin de ce mois. L’occasion d’évoquer son contenu avec l’initiateur de ce cercle, Olivier Orianne, ainsi que l’histoire encore jeune d’une commune dont le passé ne manque toutefois pas d’intérêt.
Le nouveau bulletin sera disponible fin du mois. « Nous conservons le format A5, le papier glacé et la couleur d’appoint. Pour le contenu, nous avons choisi de proposer des rubriques qui reviendront dans chaque édition », explique Ol. Orianne. Dans ce deuxième numéro, il sera question de notre bibliothèque du cercle à caractère historique et dont les ouvrages sont disponibles à la consultation, précieusement conservés dans une armoire du Centre culturel dont le contenu est géré par Louis Smeets. Les dernières acquisitions y seront mentionnées. « Nous avons décidé d’animer les réunions trimestrielles du comité avec des invités. La dernière, en novembre, a reçu Marcel Perreaux, originaire de Libramont. Cet ancien journaliste de La Meuse est venu nous raconter ses souvenirs d’enfance. Nous avons enregistré ses propos sur une cassette audio afin de garder des traces. La rubrique La petite histoire résumera des faits historiques, dont des anecdotes que les gens ne connaissent pas. Comme celle de Madame Franck, d’origine allemande, qui a aidé des personnes de Libramont à aplanir leurs problèmes avec la Kommandantur pendant la guerre. Vers la fin de ces années pénibles, un officier allemand est venu la trouver et lui dire de se sauver parce qu’il était prévu de bombarder Libramont, considéré comme un noeud de communication à détruire. Or l’officier avait perdu son chien et en avait parlé à Madame Franck qui lui proposa un marché. Si elle retrouvait le berger allemand, Libramont serait épargné. Elle l’a retrouvé…» Cet épisode est raconté par Guy Lassine. Dans la rubrique Souvenirs de guerre, Louis Siméon avait entamé un article sur le retour des prisonniers de guerre. La suite sera complétée par des photos de prisonniers libramontois.
Suite encore dans la deuxième édition, mais dans la rubrique Notre patrimoine, avec l’histoire de l’église de Saint-Pierre, article rédigé en 1994 par l’abbé Mouzon, originaire de Neuvillers et décédé entre-temps.
« Nous allons inaugurer un courrier des lecteurs, en partie parce que nous avons reçu une lettre de réaction émanant du président du Cercle de Neufchâteau et concernant la création de la gare de Libramont. L’histoire dit que les « bourgeois » de Neufchâteau n’ont pas voulu du train et l’ont « rejeté » à Longlier. Cet argument serait balayé par la décision prise à l’époque de privilégier la ligne des crêtes au détriment de la ligne des vallées, plus coûteuse. Ce courrier de nos homologues chestrolais fait le point sur ce choix...»
Le bulletin du cercle d’histoire est disponible auprès de ses membres, au Centre culturel, à la bibliothèque, à l’Office du tourisme, au Musée des Celtes et dans les librairies de Libramont. Il est possible de s’abonner et de le recevoir. Aujourd’hui, la publication compte soixante abonnés. La liste ne demande qu’à s’allonger !

P.W.
 
 
Olivier Orianne
 
 
L’info : – Comment est venue l’idée du Cercle ?
Ol. Orianne : – « J’ai lancé la machine en 1997. Il y avait déjà eu un cercle qui s’appelait Les Amis du Ban de Chevigny. Comme je me suis toujours montré intéressé par l’histoire de ma commune, je regrettais qu’il n’y ait plus rien. Même si Libramont n’a pas une histoire très ancienne, et peu de vestiges ou monuments exceptionnels à part les églises de Saint-Pierre et Sainte-Marie, il y a quand même un passé historique qui méritait à mes yeux de relancer un cercle autour de ce sujet. Au départ, j’ai rassemblé quelques personnes intéressées par le projet, dont des gens qui collectionnaient les cartes postales anciennes de Libramont. On les connaissait, on a vite fait le tour pour constituer un petit groupe et créer une association de fait en 1997, transformée en asbl en 2000…».

L’info : – Quelles ont été jusqu’à présent vos principales actions ?
Ol. Orianne : – « Notre première activité a consisté à participer aux journées du patrimoine avec la mise en valeur de la Voie Saint-Antoine qui suit l’ancienne voie romaine de l’église de Saint-Pierre à celle de Sainte-Marie. Le petit circuit de promenade tracé alors avait bien… marché. Ce fut encourageant pour la suite. En 99, nous avons monté une exposition dans le cadre du centenaire de la paroisse de Libramont. En 2000, lors du centenaire de l’ancienne commune, le Cercle a proposé une autre exposition baptisée Libramont au fil des siècles, avec la comparaison entre des vues anciennes et actuelles. Nous avons également publié deux livres : Libramont-Chevigny, retour sur images, avec des cartes postales anciennes de toute la commune. En 2002, notre deuxième bouquin s’est inspiré de l’exposition Libramont-Chevigny au fil du siècle et a pu être édité avec l’aide de sponsors. Comme tout cercle historique digne de ce nom, il y eut aussi quelques conférences. L’an dernier a jailli l’idée de disposer d’un bulletin de liaison, destiné à motiver les membres, les tenir informés des activités, diffuser des articles à caractère historique sur la commune. Un petit groupe de travail s’est constitué, avec un comité de rédaction. Le premier numéro est sorti en juin. Il a été décidé que notre publication serait un semestriel, avec des parutions en juin et décembre…»

L’info : – Quels sont vos projets ?
Ol. Orianne : – « Les bonnes idées ne manquent pas : une conférence en septembre 2006 animée par Jacques Bredael, une soirée rencontre autour de Marie Howet avec des personnes qui l’ont connue, assortie de la lecture de ses poèmes, la publication des textes d’une conférence, animée par le professeur Jean-Marie Pierret, sur l’origine des noms de lieux de la commune avec un historique des villages… Nous avons aussi des projets d’expositions dont une sur les cartes topographiques, pour retracer l’évolution de la commune à partir de ce type de documents, et une autre sur le patrimoine archéologique en collaboration avec le Musée des Celtes. Nous aimerions, le temps d’une exposition, ramener à Libramont des pièces qui dorment pour une part à Saint-Hubert et une autre aux Musées du Cinquantenaire à Bruxelles. La concrétisation de pareil projet est liée à l’obtention de subsides. Nous envisageons de rencontrer des aînés pour recueillir leurs témoignages dans toutes les sections et villages de la commune afin d’établir une sorte de registre de leurs souvenirs…»

Propos recueillis
par P. Willems.

Contact : 0485 13 67 11
e-mail : o_orianne@hotmail.com