Un bateau pour le lac ?

Le projet d’un nouveau pavillon touristique sur les berges du Lac de Neufchâteau vient d’être présenté au conseil communal.
Coût estimé : 825 123 euros HTVA. Trop cher ? à vous de juger.

Un bateau pour le lac ?
 
 

 

Peut-être… dans quelques années… un pavillon d’accueil flambant neuf et à la hauteur des ambitions de la commune de Neufchâteau pour la vallée du lac ! Il se situerait en lieu et place des anciens vestiaires de la piscine du lac. Le projet vient, en tout cas, d’être présenté au conseil communal de la ville, qui a voté favorablement pour une demande de subsides auprès du Commis-sariat général au tourisme. Ce projet entre dans le plan de valorisation de la vallée du lac établi en 1998 par les services d’Idélux. En effet, une étude de ce service prévoit, entre autres, de revoir toute l’infrastructure d’accueil pour les promeneurs et les campeurs. « Suite à un schéma d’intention pour toute la vallée du lac, schéma approuvé par le conseil communal de Neufchâteau il y plusieurs années, précise Guy Lescrenier, échevin des travaux, il avait été décidé d’y construire un nouveau bâtiment d’accueil. L’incendie malheureux de la cafétéria du camping, l’année dernière, a précipité et fait bouger les choses ».

Ô mon bateau !
« L’architecture de ce nouveau pavillon est conçue un peu à la manière de la proue d’un navire, explique l’architecte Philippe Galloy, concepteur des plans présentés au conseil communal. « Le bâtiment sera entouré d’une terrasse suspendue en bois, qui symbolisera une avancée dans le lac. Un mât de plusieurs mètres de haut, sortant des eaux, viendra compléter le paysage. Un luminaire est prévu à son sommet, le but est de reprendre l’idée du phare. Le thème de l’eau est donc omniprésent.» De fait, le plan sous les yeux, il est difficile de ne pas y reconnaître l’image du bateau !
« L’objectif est également de donner l’impression, une fois dans le pavillon, de naviguer sur l’eau. C’est pourquoi nous avons privilégié le verre, en miroir du lac, ajoute l’architecte, les murs seront donc remplacés par des vitrages pour offrir une excellente vue ensoleillée sur le lac et donner ce sentiment de légèreté ».
Le choix des autres matériaux est aussi particulièrement symbolique. Les murs de soutènement seront en pierre du pays, « en continuation de la rive rocailleuse », et la terrasse est en bois, « en prolongement du coteau boisé », précise Philippe Galloy. L’eau est présente jusque dans les techniques de chauffage : « Afin de se chauffer économiquement et écologiquement, nous pourrions imaginer puiser l’énergie dans l’eau du lac grâce à des pompes à chaleur », explique l’architecte.
Enfin, pour éviter que ce bateau ne « coule », pour éviter tout risque d’inondation, le sol d’implantation sera relevé d’environ 75 centimètres.
Multifonctionnalité
« La vocation de ce pavillon doit, avant tout, être touristique », raconte Philippe Galloy. Pour ce faire, ce bâtiment d’environ 425 m2 d’emprise au sol accueillera en son sein un bureau de l’Office du Tourisme qui relayera les informations touristiques locales. Une salle modulable de 200 places et une mezzanine d’une capacité de 60 personnes sont également prévues. Des expositions et d’autres activités pourront y être organisées. À deux pas du Moulin Klepper, l’objectif de ce nouveau pavillon d’accueil n’est certainement pas de lui faire de l’ombre : « Ces salles ne seraient pas concurrentes mais complémentaires ! commente l’architecte, car ces nouvelles infrastructures permettraient, d’une part, d’accueillir des groupes plus importants, mais surtout de les restaurer. Avec une cuisine de 75 m2, nous avons un atout « réception » que nous devons mettre en valeur ». 
Ce lieu pourrait devenir une halte incontournable pour les touristes et les promeneurs, surtout après l’assainissement du lac.
Philippe Galloy ajoute que « La population de Neufchâteau pourrait aussi profiter du restaurant et de cet espace modulable. Ce bâtiment deviendrait, en même temps, la seule salle communale de réception, d’une capacité de 200 personnes, sur le territoire de la ville.»
« Les délais , conclut l’échevin des travaux, sont impossibles à déterminer. Ils dépendront des autres dossiers et des priorités. Si nous obtenons les subsides, nous devrons au moins attendre cinq ans…»

Pour quel budget ?
Pour réaliser ce projet, les coûts sont estimés à 722  448 euros, plus 102 675 euros d’honoraires, soit un total de 825 123 euros htva. Le Commissariat général au tourisme interviendrait à hauteur de 265 000 euros. La part communale serait de 561 084 euros. A cela s’ajoute la TVA. Les revenus de location ne sont pas connus.

Virginie Juprelle