1972. De Neufchâteau à Habay, en passant par Assenois, la région est en émoi. On y tourne le premier feuilleton en couleur destiné à la RTB. L’arrivée des comédiens et des techniciens fait figure d’événement.
Trente-quatre ans après le tournage, réalisateurs et anciennes vedettes font leur retour à Neufchâteau. Rendez-vous est fixé en février prochain.
Ce fut un beau roman, c’est resté une belle histoire, et pour de nombreuses personnes de notre région, ce sont aussi beaucoup de bons souvenirs. Le renard à l’anneau d’or valut à Nelly Kristink le prix Rossel en 1948, un prix qui saluait une œuvre romantique, simple, l’histoire d’un jeune couple d’exploitants forestiers.
Entre 1972 et 1973, une équipe de jeunes acteurs et de techniciens du cinéma redonnent vie à cette histoire sympathique. Le roman situe l’histoire dans les Fagnes. Le feuilleton, lui, ne colle pas tout à fait au livre. Mais on y retrouve toute l’ambiance : le grand vent, la neige, la forêt, le feu qui crépite… L’important, c’est « l’atmosphère » comme l’expliquait Jacques Boigelot qui a signé l’adaptation.
Teff Erhat, le réalisateur du film qui est déjà revenu deux fois à Neufchâteau pour préparer avec le Centre culturel l’exposition commémorative, avait posé ses caméras au château d’Assenois, rebaptisé Rondbuisson pour le tournage.
Un journaliste a décrit Le renard à l’anneau d’or comme « une chronique campagnarde, où l’on tente de saisir la psychologie de quelques Ardennais, gens simples, vrais et solides – on fermera les yeux sur le casting qui a retenu Jean-François Poron (Gilles), un peu frêle pour un rôle d’exploitant forestier ! – si proches de leur terre et de leurs belles forêts…»
En réalité, il n’est pas sûr que les Ardennais se reconnaissaient dans les personnages de Gilles, François le garde-chasse, ou encore Marcie un brin sauvage et qui se fait bêtement mordre par son renard ! Non, en vérité l’événement était le tournage, la présence de caméras et de vedettes de la télévision. L’apparition des télévisions dans les foyers n’était que très récente et il était bien rare encore de voir à l’écran sa région et des gens de chez nous. D’ailleurs, beaucoup ne découvriront le feuilleton qu’en noir et blanc. Certains ont-ils seulement vu le film en couleur ?
Saviez-vous que Le renard à l’anneau d’or a été le premier feuilleton belge tourné en couleur ?
A l’occasion de l’événement commémoratif, le Centre culturel présentera sur grand écran la version couleur et on parle même d’une version disponible sur DVD !
Tout l’intérêt de revoir ce feuilleton qui marqua nos esprits est de jeter un regard sur l’Ardenne des années septante. Et nombreuses sont les occasions de redécouvrir, à travers ce film, la vie de ces années-là, la mode de l’époque, les voitures de papa, les paysages et les rues d’une époque douce et heureuse. Et les gens aussi ! Car ils sont nombreux à avoir joué les figurants. On reconnaîtra facilement par exemple l’abbé Felten, Aimé Lambert, évelyne Zabus, Hugo Beguin… ou encore les pompiers chestrolais participant à l’extinction de l’incendie fictif d’une mise à blanc !
Avec l’aide des techniciens de l’époque, l’équipe du Centre culturel de Neufchâteau a mis la main sur une documentation iconographique étonnante qui réveillera certainement de nombreux souvenirs chez ceux qui visiteront l’exposition.
Nous reviendrons plus en détail sur la préparation de cet événement dans notre prochain numéro.
Ol. Weyrich
La vedette à quatre pattes du feuilleton était un renard originaire de Rixensart. L’animal devait être lâché dans la nature selon les exigences du scénario. Pour l’empêcher de prendre la clé des champs, c’est dans un site clos – entouré par des filets de camouflage prêtés par l’armée – que la bête fut lâchée. Après qu’on lui a fait absorber un tranquillisant, ivre de liberté, le renard faisait encore des bonds de deux mètres de haut !
Sans doute énervé par ces tournages auxquels un renard n’est pas accoutumé, le héros mordit à la main sa maîtresse qui le tenait entre deux prises de vues.
Mais ça ne fut pas sa seule victime, paraît-il !