Vous avez dit « chouette »?

Détestée par les uns, considérée comme mauvais présage, abhorrée pour ses cris, clouée sur les portes pour conjurer le mauvais sort, elle émerveille, charme et fascine les autres par son visage en  forme de coeur, son allure élégante. Les sentiments de l’homme à son égard sont ambigus...

 

La chouette hulotte
 
une chouette
 
 

 


A l’origine, la chouette effraie était un oiseau rupestre, c’est-à-dire vivant dans les rochers. De nos jours, même si on la rencontre encore exceptionnellement nichant dans des crevasses de rocher ou parfois dans des trous d’arbres, elle se tient à proximité de l’homme, dans ses bâtisses : greniers, vieilles maisons, granges, clochers (d’où son autre appellation « effraie des clochers »).
Divisée en une trentaine de races réparties plus ou moins également à travers le monde, l’espèce se présente sous différentes teintes de plumage. Le dos de l’effraie est d’un roux très chaud tirant sur le brun, barré de larges bandes couleur vieil argent et ponctué de petits points clairs. Le dessous du corps est parfois presque blanc, finement criblé par endroits d’une délicate moucheture noire. Mais ce qui frappe chez ce petit rapace nocturne (35-40 cm de hauteur), ce sont les  disques faciaux blancs qui forment un coeur cerné de plumes plus foncées. D’ailleurs, Georges Brassens a un jour écrit que l’effraie portait son coeur au milieu de la figure. Enfin, les yeux de ce rapace sont noirs, soulignés d’une tache de plumes brun roux.
Appelée aussi dame blanche, la chouette fut souvent la cible de légendes et de superstitions. Combien de maisons hantées, soi-disant, étaient en fait habitées par la dame blanche : fantôme blanc s’envolant sous le nez du visiteur, chuintant et claquant du bec... Il n’y a pas très longtemps, dans nos campagnes, ne passait-elle pas pour annoncer la mort? Elle avait alors très mauvaise réputation et chaque fois que l’on pouvait en capturer une, on la clouait sur une porte de grange pour conjurer le sort...
Immobile toute la journée, elle attend patiemment la venue de la nuit. Elle quitte alors son refuge pour mener la chasse aux petits rongeurs. L’effraie se guide à l’ouïe plus que les autres rapaces nocturnes. Elle repère les micromammifères, ses proies favorites (surtout des campagnols et des musaraignes), grâce aux cris suraigus que ceux-ci émettent au cours de leurs randonnées nocturnes en quête de nourriture.
Dans nos régions, les hivers rigoureux peuvent décimer les populations de chouettes effraies. Cependant, à la faveur d’hivers doux et de l’abondance des petits mammifères, elle maintient alors un taux de reproduction élevé, et après quelques années favorables, rétablit sa population pour un moment.

Chouette! Ils sont nés.
Souvent dans le courant du mois d’avril, la femelle effraie pond de quatre à sept oeufs blancs qu’elle dépose sur un « nid » rudimentaire, en fait constitué de pelotes de réjection (boulettes que les rapaces – entre autres – rejettent par le bec, et qui contiennent ce qu’ils ne peuvent pas digérer : os, poils… de leurs proies). Chose assez étonnante, madame Effraie n’attend pas d’avoir pondu le dernier oeuf pour démarrer la couvaison. Couchée sur sa future famille, elle cesse de chasser. Désormais, ce sera le mâle qui durant la couvaison la ravitaillera. Au bout d’un mois, c’est l’éclosion. Comme la femelle n’a pas commencé à couver les oeufs tous à la même date, les jeunes ne sortent pas en même temps. Il faut parfois même plusieurs jours pour que le cadet montre le bout de son bec. Ce qui explique que les jeunes effraies soient souvent de tailles fort différentes. La croissance des jeunes est assez lente. à l’âge de quinze jours, leurs yeux s’ouvrent seulement. Cependant, à quarante jours, ils sont aussi lourds que leurs parents. Leur beau plumage commence pourtant à peine à recouvrir le duvet grisâtre qui leur servait de toison. Deux mois après leur naissance, ils sont complétement emplumés. La sortie est proche. En attendant, quel concert lorsque la nuit s’installe... Ce sont des ronflements, des reniflements, des chuintements, des soupirs et des claquements de becs... Finalement, âgés d’environ 80 jours, les petits quittent leur aire et entament leur dur apprentissage de chasseurs, aidés en cela encore durant les premiers temps  par les adultes.

Pourquoi il est dur d’être effraie?

De nombreux facteurs de risques planent sur la dame blanche. Protégée en Belgique depuis 1956, cet oiseau a souvent été ressenti comme une nuisance, et les persécutions volontaires ont constituté une cause majeure de disparition. Ensuite, les populations de ces rapaces sont fort affectées par les hivers rudes et les conditions climatiques (pénurie de proies). Les changements agricoles, les pesticides et les collisions avec des véhicules sont également des facteurs influençant défavorablement les populations. Enfin, alors que les églises lui offraient un gîte sûr et tranquille, le grillageage des clochers (abat-sons) et la fermeture des petites ouvertures latérales dans les combles lui en interdisent aujoud’hui l’accès. Car voilà, un concurrent est apparu : le pigeon...
En ménageant – sans pour autant réaliser de gros travaux – les combles de son grenier, on peut avoir un jour, l’heureuse surprise d’accueillir une nichée d’effraies (Lahérie 1994 et 1995).

Th. Gridlet
Rendez-vous nature 
 
De chouettes soirées en perspective !
Depuis la nuit des temps, les oiseaux de nuit hantent l’imagination des hommes… Leurs cris étranges et leurs mœurs particulières font des rapaces nocturnes des oiseaux singuliers…

Les 17 et 18 mars prochains, Aves - Natagora organise, en collaboration avec d’autres associations, des  Chouettes soirées. Dans la cadre de la Nuit européenne de la chouette, elle propose un programme de promenades nocturnes destinées à faire mieux connaître les oiseaux de la nuit, chouettes et hiboux. Au programme, dans une vingtaine de lieux : des conférences (exposé, montage dias, film…) et des sorties de découverte crépusculaires ou nocturnes. Bienvenue à tous, petits et grands : l’accès est gratuit pour la plupart des sites !

Rendez-vous le sam. 18 mars…
Neufchâteau + Tournay
Présentation en salle de nos rapaces nocturnes, excursion sur le terrain.
Rendez-vous à 19h à l’Institut Saint-Joseph de Neufchâteau (fin vers 22 heures).
Contact : Anthony Rongvaux (0495 51 93 02) ou Adrien Dewandre (0494 41 63 89). Inscription pour le 17.3.2006 au plus tard.
 
Découverte d’oiseaux et des batraciens
En mars, le Centre régional d’Initiation à l’Environnement (CRIE) de la forêt d’Anlier propose deux balades naturalistes. Le dimanche 12 au matin, les participants partiront à la découverte des oiseaux de nos forêts. Le printemps arrivant à grands pas, les oiseaux seront en pleine période de chant et des migrateurs pourront déjà être rentrés. Grâce à un circuit essentiellement forestier, les promeneurs pourront s’initier à la reconnaissance du chant des oiseaux et voir des espèces comme les pics, la sittelle, les grimpereaux, … Le nombre de personnes étant limité, cette balade n’est accessible que sur inscription. Si les promeneurs ne possèdent pas de jumelles, une paire pourra leur être prêtée au CRIE. Quelques livres de terrain seront également mis à disposition du public.

Le mercredi 22, rendez-vous est donné à 19h à l’étang de Bologne à Habay-La-Neuve pour une découverte nocturne des batraciens. L’activité devrait prendre fin vers 21h au plus tard. En longeant  l’étang et aux abords de l’ancienne piscine, de nombreux amphibiens en migration se font régulièrement surprendre par les véhicules. S’il est difficile de les éviter sur la Nationale 40, un peu de prudence sur les routes des Rames et du Prévôt permettrait de sauver nombre de tritons et crapauds. Avec le guide, les participants procèderont à un ramassage en vue d’identifier quelques espèces et d’en connaître un peu plus sur leur mode vie.

Les deux promenades sont accessibles aux adultes et aux enfants. Des vêtements adaptés à la météo et des bottes ou chaussures de marche sont recommandés. Enfin, les deux balades sont gratuites.
Pour obtenir des infos complémentaires et s’inscrire, contactez le CRIE au 063  42 47 27 ou via le site internet : info@crieanlier.be