A l’école de Remichampagne...

À l’initiative du Parc Naturel de la Haute-Sûre et de la Forêt d’Anlier, une station d’épuration didactique a été inaugurée par le ministre B. Lutgen près de l’école de Remichampagne.

 

 

 

Inauguration de la station d'épuration didactique de Remichampagne
 
Depuis quelques semaines, les élèves de l’école communale de Remichampagne (Vaux-sur-Sûre) ont vu poindre aux abords de leur cour de récréation de grosses machines qui ont percé différents trous. à présent, grâce à un travail avec leurs enseignants, ils connaissent tout sur le cycle de l’eau, sa protection et sur les stations d’épuration, car c’est bien une telle réalisation qui a vu le jour et traite les eaux usées de leur école.

Le Parc naturel de la Haute-Sûre et de la Forêt d’Anlier et son homologue grand-ducal, le Parc naturel de la Haute-Sûre, en collaboration avec l’A.I.V.E. ont conçu un projet Interreg III relatif à la protection des ressources en eau du territoire transfrontalier de la Haute-Sûre. Ce dessein consiste notamment en la réalisation d’un système d’épuration individuelle à vocation didactique en vue d’une part de traiter les eaux usées de l’école de Remichampagne et, d’autre part, de sensibiliser la population, au travers d’un exemple concret, à l’assainissement autonome.
La station didactique de Remichampagne ne traite que les eaux usées dans un système d’épuration, via une chambre de visite d’entrée. Les eaux pénètrent ensuite dans une première cuve, le décanteur primaire, où les matières en suspension vont décanter dans la partie inférieure de la cuve et être digérées par la flore bactérienne. Du décanteur primaire, les eaux transitent vers le premier compartiment de la deuxième cuve. Elles sont ensuite acheminées vers le compartiment d’aération. La pollution organique résiduaire y est biodégradée par l’action de micro-organismes fixés sur un support synthétique. L’oxygène nécessaire au développement des micro-organismes est apporté par un surpresseur d’air. Après le traitement anaérobie, les eaux pénètrent dans le compartiment de décantation secondaire. Les boues formées par les micro-organismes qui se sont détachés du support décantent alors et sont ainsi séparées de l’eau épurée. L’eau épurée est évacuée vers la chambre de visite via un garant qui empêche l’évacuation d’éventuels corps flottants. Elle est déversée dans une vie artificielle d’écoulement aboutissant dans le ruisseau de Remichampagne.

Lors de l’inauguration de cette infrastructure, le ministre wallon de l’Environnement a souligné l’importance de ce support pédagogique : « Il est important de sensibiliser les enfants et leurs instituteurs à bien gérer les cours d’eau et l’environnement car il s’agit là d’un travail au quotidien. Par ailleurs, il convient de rétablir une certaine équité entre l’épuration autonome et collective en augmentant les primes et en utilisant des outils appropriés. Les communes et la Région wallonne doivent pouvoir aider les citoyens en zone rurale.»
Une nouvelle réglementation pourrait d’ailleurs voir le jour avec des aménagements…
Th.L.

Donatien Liesse, directeur du Parc Naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier évoque les projets futurs…

L’info : Dernièrement, vous avez inauguré deux systèmes d'épuration individuelle didactiques, à Rachamps et à Remichampagne. C'est une belle réussite. Envisagez-vous d'autres initiatives de ce genre ?

 

Donatien Liesse
 

D. Liesse : - Dans le cadre de cet autre projet transfrontalier, visant essentiellement à informer et sensibiliser les habitants du parc naturel à l'épuration des eaux usées, nous avons en effet encore quelques initiatives à mener.  Nous allons continuer d'exploiter, dès la prochaine rentrée scolaire, les outils pédagogiques et didactiques acquis récemment comme ces deux nouvelles stations entièrement équipées pour des visites guidées et commentées de même que pour y organiser des animations scolaires.  Nous poursuivrons bien entendu nos animations avec l' 'Eau-Tomobile', ce petit minibus entièrement équipé de matériel pédagogique pour l'étude de la qualité des ruisseaux et rivières du parc naturel qui a déjà accueilli de très nombreux enfants des écoles du parc.

Puis, très prochainement devraient voir le jour deux nouveaux systèmes d'épuration qui présenteront le principe de l'épuration par les plantes (lagunage) dans les communes de Léglise et Fauvillers.

L’info : Le parc naturel n'est jamais en manque d'idées et de projets... que nous réservez-vous pour un proche avenir ?

D. L. : - L'année 2006 verra de nouveaux projets européens se mettre en œuvre.  Nous avons en effet eu la chance d'être retenus pour deux dossiers Interreg : la mise en place d'un Contrat de Rivière pour la Haute-Sûre et ses affluents, et la réalisation d'un réseau franco-belgo-luxembourgeois de jardins thématiques, c'est-à-dire d'aménagements et de créations artistiques de jardins publics qui nous serviront, en 2007, de support à diverses manifestations (concerts, festivals, circuits touristiques…) dans le cadre de «Luxembourg et Grande Région capitale européenne de la culture».  

Nous allons également contribuer à améliorer la qualité de nos fonds de vallée grâce à un projet LIFE Nature dont l'objectif sera de restaurer les habitats de la Loutre d'Europe, qui est sur le point de disparaître de nos régions.  Et puis, bien entendu, nous comptons tirer parti de notre label de qualité pour générer de nouvelles initiatives visant la promotion touristique et culturelle de notre beau territoire, par exemple par la valorisation de nos paysages, ou la promotion de nos producteurs et artisans à l'occasion des journées «Wallonie Week-ends de Bienvenue» au printemps 2006.

Propos recueillis par
Ol. Weyrich