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Published on L'info (http://www.info-ardenne.com/ardennes)

"Le Poulain", tournage au coeur de l'Ardenne

By Olivier Weyrich
Créé 31/08/2005 - 17:47

Un film tourné dans notre région avec des acteurs belges et français magnifiques et des chevaux de trait ardennais.  Cocktail détonant et émouvant.

Une vedette du film
 

Ciel plombé sur Herbeumont en ce mois d’août pourri.  Odeur de sous-bois, sentiers forestiers ruisselant d’eaux boueuses propices aux ornières profondes.  Camions de matériels techniques enlisés jusqu’aux essieux, travelling de fortune construit au milieu d’une trouée de feuillus. Le décor est planté et impose le respect.  Les conditions météorologiques obligent l’équipe à s’adapter.  On chamboule le plan de tournage, on convoque en urgence plusieurs figurants.  Le film a pris trois jours de retard.  Début septembre, il faudra retourner certaines scènes en comité plus restreint.  L’atmosphère du plateau est à la concentration.  Le Poulain, premier long métrage d’Olivier Ringer attaque bientôt son troisième mois de tournage et s’annonce comme un film d’aventures axé sur les rapports entre l’homme et le cheval et  principalement destiné aux enfants et aux familles.  On pense à Heureux qui comme Ulysse de Henri Colpi ou   Crin Blanc d’Albert Lamorisse.
Le synopsis est le suivant. Dans la forêt, Mirabelle, la jument, est fière à plus d'un titre : elle est la maman de Pom et elle est le meilleur cheval de l'attelage qui aide les bûcherons sur les chantiers. Rendue injustement responsable d'un accident qui a blessé le fils du patron, elle est revendue et séparée de son poulain. Julien, le vieux palefrenier, voudrait bien aider le jeune cheval, mais Pom se laisse aller au désespoir. En bonne mère, Mirabelle fera tout pour retrouver son fils…


Par amour du cheval
Tournage du film
 

Pour assurer l’encadrement technique et l’accompagnement des chevaux durant le tournage, l’équipe de production a fait appel à François Barchon de Louftémont, exploitant forestier et éleveur de chevaux de trait ardennais. Dans le cadre de sa profession, François Barchon a toujours travaillé avec des chevaux.  Il en aime la compagnie, la souplesse et la qualité du travail rendu.  Fort de quatorze chevaux et de quatre mules ardennaises, son élevage offre un large panel de choix adapté à un long tournage.  Au moment où vous lirez cet article, les deux vedettes équines (Pom, le poulain et Mirabelle, la jument) auront été fidèles au poste depuis près de soixante jours de tournage. Des journées bien remplies qui débutent souvent tôt le matin pour s’achever à la tombée du jour.  Les conditions climatiques, la rudesse des lieux et le thème du film ont créé un véritable esprit d’équipe où malgré quelques engueulades mémorables (certains comédiens étant plus butés que les chevaux), le moral est au beau fixe. Ce tournage est une occasion unique pour François Barchon de mettre en valeur la qualité et  l’expérience de ses chevaux.  Sa fille Valérie a pour l’occasion conduit deux juments en France chez un dresseur spécialisé qui lui a appris l’abc du dressage pour le cinéma.  Il faut dire que certaines scènes sont périlleuses.  Notamment la simulation d’une cascade aboutissant à un accident de travail, ou bien des scènes se déroulant dans l’eau ou sur de fortes pentes glissantes.  La placidité apparente de ces bêtes énormes nécessite une attention de tous les instants.  Francis Barchon avait déjà tâté de la pellicule lors du tournage d’un clip promotionnel de la Région wallonne, largement diffusé sur les ondes. On apercevait un magnifique cheval de trait ardennais chevauchant, crinière au vent, les hauts lieux touristiques ardennais. François a pris goût à cette atmosphère et il déambule en toute liberté sur les lieux de tournage en bichonnant ses chevaux.  Afin de  mettre en valeur la qualité du cheval de trait ardennais, François Barchon est l’initiateur de la Fête de la terre qui se déroulera ce dimanche 4 septembre à Behême.  Après les 1500 entrées de la 1re édition en 2003, il espère bien franchir la barre des 3000 spectateurs cette année.  Il faut dire que le spectacle est inoubliable et grandiose. Mais nous en reparlerons plus abondamment la semaine prochaine.

Borhinger...
Un nom qui claque.  Une gueule de ciné taillée à la serpe.  Une voix rauque de trop de nuits blanches et deux yeux bleus qui vous fixent. C’est beau un acteur debout. Courte interview entre deux plans.  
Richard Borhinger
 

L’info : Comment trouvez-vous la région ?
R.Borhinger. : Je l’aime pour ses espaces.  Ses étendues de vert.  Je suis heureux d’être ici deux mois. Vous vivez dans la terre.  Et les bûcherons, les figurants qui participent au film ressemblent à leur pays.  De «vraies gens» aux fortes racines qui vous parlent sans détour.  Je loge à Bouillon, c’est un cloaque à touristes mais quand on quitte la ville on rencontre la beauté.  Et puis la Belgique est un pays que j’aime.  J’y ai joué au théâtre, j’y ai fait des concerts.  C’est un pays frontière.  Une ultime limite mystérieuse avant autre chose.  Une position étrange en Europe occidentale.

L’info : Comment se déroule un tournage avec des animaux ?
R.B. : C’est à cause d’eux que j’ai accepté le film. J’aime ce contact.  Je suis un charnel, moi.  Je travaille dans le charnel.  J’en ai un peu assez de faire l’acteur.  Il me fallait une motivation suffisante.  J’en ai assez de ne pas avoir le contrôle, de perdre la maîtrise, d’être obligé de dépendre de la lumière, du montage… J’ai réalisé des longs métrages pour la télé (Poil de carotte et Les coquelicots sont revenus) et je prépare l’adaptation cinématographique de mon roman  C’est beau une ville la nuit. Bon faut que j’y aille…  Il a bon dos Bohringer !

Et il s’en va en poussant une gueulante. Pour changer…

 

P.Dabe


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http://www.info-ardenne.com/ardennes/node/54