Pour nombre d’artisans du secteur agro-alimentaire, les coqs de cristal décernés lors de la Foire européenne du monde rural à Libramont constituent une récompense très convoitée en matière de produits du terroir. Il en découle une fierté bien légitime pour leurs producteurs, fiers de leurs coqs de cristal !
Cette année, pas moins de 260 produits répartis en vingt catégories se sont disputé ces précieux « faire-valoir » témoins d’un savoir-faire indiscutable. Trois artisans du centre de la province se sont illustrés cette année : la Ferme de Montplainchamps, la Framboisière de Redu (à Neuvillers) et la Boucherie Petitjean à Recogne qui est repartie avec trois coqs sous le bras !
Onzième édition
C’est en 1994 que la Foire de Libramont, a lancé son concours des Coqs de Cristal. Le principe en est simple. Des produits de bouche en provenance des quatre coins de la Wallonie sont mis en compétition. Les produits ? Ils sont rassemblés en catégories, lesquelles varient d’année en année. Cette année, ils n’étaient pas moins de 80 producteurs à oser les proposer, des pralines ganaches aux distillats à base de pomme en passant par les classiques comme les salaisons, bières et fromages. C’est au Couvinois Jean-Jacques Desorme, un ami du directeur-adjoint de la foire, Alexandre Dewolf, que revient la lourde tâche d’organiser ce concours. Pour assurer un maximum d’objectivité aux jugements portés sur les produits présentés, tout un chacun peut devenir membre d’un jury représentatif de la population en s’inscrivant dans une base de données, forte de sept à huit cents personnes. Nul besoin d’être professionnel ou spécialiste. Et si des participants au concours sont aussi membres du jury, c’est à condition de ne pas juger les produits dans la catégorie où ils sont présents. Les dégustations se déroulent à l’aveugle, le vendredi de la foire, dans un établissement scolaire de Libramont. La dégustation constitue l’étape primordiale puisque le goût intervient pour 90% dans la cote finale. Chaque produit, identifié par un simple numéro, est ensuite présenté dans une vitrine frigo, dans l’Ardenne Joyeuse. Sur ce « sentier des saveurs », le grand public attribue des points pour la présentation, le nom, l’emballage et l’envie d’acheter le produit. La remise des Coqs a lieu le dimanche en plein cœur de la Foire.
Fierté et impact commercial
Le Luxembourg belge est un terroir naturel délicieusement naturel. Pourquoi dès lors ne pas goûter ces productions aux saveurs de terroir ?
Dominique Houillon (Framboisière de Redu) :
« Une très agréable surprise ! »
Dominique Houillon est gérant de la sprl La Framboisière de Redu installée à Neuvillers. Le nom de l’apéritif présenté au concours des Coqs résume les caractéristiques de son produit, l’Ardeur rouge : « L’Ardeur, parce que l’ardeur d’avance, donc un nom qui colle à la province, avec une étiquette représentant notre sanglier, et rouge parce que composé en bonne partie de fruits rouges. L’Ardeur rouge est un apéritif à base de vin rouge, de fruits des bois comme des framboises, des myrtille…, des plantes, de l’alcool et… du savoir-faire. Pour la petite histoire, je ne voulais pas présenter de produit. C’est Roger Caulier, qui a repris la société, qui l’a inscrit à mon insu. Ce fut une vraie surprise quand on m’a téléphoné dimanche matin pour me dire que nous avions remporté un coq de cristal. L’impact ? Il est immédiat.
Beaucoup de nos clients l’ont appris via les médias. Dans les trois ou quatre jours qui ont suivi la Foire, le grand public l’a demandé et les grossistes ont été questionnés pour savoir s’ils avaient le produit. La demande a grimpé immédiatement. Nous venons de faire une petite action commerciale à la mi-août et nous avons enregistré pas mal de commandes, souvent par centaines de bouteilles. C’est un apéritif à boire nature, sur glace ou avec un tonic, un mousseux, un vin blanc. Il plaît à tous les âges. Mais il titre environ 15%. On le trouve à Libramont chez Moka d’Or (et auprès de ses clients dans l’Horeca), à la Ferme de Montplainchamps, chez Lecomte à Jamoigne, au marché du terroir à Ansart… ».
Propos recueillis par
Pascal Willems