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Published on L'info (http://www.info-ardenne.com/ardennes)

La prison va se faire belle

By Olivier Weyrich
Créé 31/08/2005 - 18:03

C’est acquis : la dernière prison de Neufchâteau va devenir un complexe immobilier. Mais quelle fut l’histoire de ce bâtiment ? Petit retour en arrière…

L'Ancienne Prison de Neufchâteau
 


Neufchâteau a connu plusieurs prisons au cours des siècles : probablement une au château, puis, au moins depuis 1695, un cachot-prison à côté de la maison de ville située sur l’actuelle grand-place. Il sera remplacé en 1808 par une nouvelle prison située sur la place du château entre le palais de justice (partie ancienne de l’Institut Saint-Michel) et la caserne de gendarmerie (actuel presbytère).
Fin des années 1860 naît la volonté de construire un palais de justice digne de ce nom ainsi qu’une nouvelle prison. La Ville fournit le terrain d’un peu plus d’un hectare et en échange, elle reçoit l’ancienne maison d’arrêt avec ses dépendances pour la création d’un hospice. C’est l’architecte bruxellois Demaeght qui dessine les plans. Il est déjà l’auteur de ceux de la prison d’Arlon. L’inauguration du nouveau bâtiment a lieu le 23 janvier 1875.
Le bâtiment, outre la partie réservée à l’administration et le logement de fonction du directeur (partie toujours visible et faisant partie de la transaction actuelle de vente), se compose de la cuisine, la buanderie, la chapelle et 37 cellules réparties sur trois étages. La prison est mixte et 11 cellules sont réservées aux femmes. La construction coûtera 265281,43 francs.
Qui va occuper cette maison d’arrêt? Les détenus (tant hommes que femmes) condamnés à de petites peines correctionnelles (moins de six mois) et par des détenus de passage qui y restent entre un jour et une semaine. S’y trouvent également les prévenus en détention préventive et en attente de procès. Le nombre de détenus sera compris en moyenne entre 15 et 30. À partir des années 1920, la population chutera à moins de 10. Une partie non négligeable des prisonniers (entre un quart et un tiers) est d’origine étrangère. Ceux-ci sont pour la plupart arrêtés comme vagabonds ou pour absence de moyen d’existence. Un ou deux jours après leur arrestation, ces individus sont reconduits, encadrés par la gendarmerie, jusqu’à la frontière (de leur pays ou du pays par lequel ils sont entrés en Belgique).
Le personnel se compose, jusqu’en 1900, du directeur, d’un comptable, de deux gardiens pour le quartier des hommes et d’une surveillante pour le quartier des femmes. L’effectif maximal sera de 6 gardiens au début des années 1920.
Le travail des détenus était une  façon de les éduquer, de leur apprendre parfois un métier et de leur faire gagner quelques francs pour qu’ils disposent d’un petit pécule à leur sortie. Des commerçants locaux emploient régulièrement des détenus pour satisfaire des besoins occasionnels (ravaudage, menuiserie, cordonnerie principalement). Plusieurs firmes bruxelloises feront fabriquer des chaussons et pantoufles. Un commerçant dinantais commandera des filets de pêche et des épuisettes pendant quelques années.
Le quartier des femmes est fermé vers 1930. La maison d’arrêt ferme définitivement ses portes en 1934, un an après celle de Marche-en-Famenne. Dès lors n’existent plus dans le Luxembourg que la prison d’Arlon et le Centre de détention de Saint-Hubert. Il était inévitable que ces petites entités, non rentables, soit appelées à disparaître.

Luc Pierrard



Que va devenir l’ancienne prison ?

Après que la prison eut fermé ses portes en 1934, le site abritera aussi la justice de paix, la caserne des pompiers et l’Institut Saint-Joseph, la bibliothèque communale, l’Académie de musique… Le rachat de l’ancienne maison d’arrêt fait partie d’un grand projet de rénovation. Si la société JPP Construct vient de conclure avec la ville de Neufchâteau l’achat du bâtiment qui fait face au palais de justice pour 170000 euros, la société immobilière avait déjà fait l’acquisition, il y a quelques mois, de la partie arrière, propriété de l’école Saint-Joseph. Le promoteur compte y construire une trentaine de logements. La partie avant, acquise tout récemment, pourrait y accueillir des bureaux et du logement résidentiel. Ce grand projet de rénovation arrive à point. En effet, ce site au cœur de la ville était sous utilisé et son «presque abandon» commençait à faire mauvaise impression ! Plus qu’une aubaine, ce promoteur va permettre une véritable revitalisation du quartier. Et, cerise sur le gâteau, puisque les investissements ont lieu dans le périmètre de rénovation urbaine, un euro sera donné à la ville pour deux euros investis par le privé. Reste maintenant à concrétiser. O.W.


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