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Published on L'info (http://www.info-ardenne.com/ardennes)

Mieux connaître sa commune

By Olivier Weyrich
Créé 10/07/2006 - 14:41

Joseph Michel, l'homme des fusions

 

Joseph Michel
 

 

Alors qu'il vient d'être désigné homme politique de l'année 1975, Joseph Michel, social-chrétien, né à Saint-Mard, accède, en octobre 1976, au Ministère de l'Intérieur.  Un ministre francophone dans le gouvernement du néerlandophone Léo Tindemans.
Pour entamer son mandat, Joseph Michel se voit confier une tâche difficile : la fusion des communes.  Un projet qui était dans les tiroirs depuis des mois, mais qu'il va falloir mener à bien. 

Le nom de Lucien Harmegnies ne vous dit peut-être rien.  Et pourtant... Ce nom est celui du prédécesseur de Joseph Michel.  Celui par qui la fusion des communes arrive en 1976.  Alors que l'idée d'une réforme de l'État est dans l'air depuis l'avant-guerre 40-45, Lucien Harmegnies, socialiste, issu d'un gouvernement de formation PS-PSC, décide dès 1974 de procéder au remembrement du territoire.  Nous avons rencontré J.Michel qui s'en explique.

De manière globale

L'info : M.Michel, quel est l'objectif général de cette fusion ?
Joseph Michel : Par opposition à ce qui se pratiquait antérieurement quant à la gestion des communes, c'est-à-dire une politique du coup par coup, M. Harmegnies a voulu procéder à un remembrement plus équilibré des communes.  L'engagement du gouvernement a été de vouloir agir tous ensemble et non plus séparément comme cela avait été le cas jusqu'alors.

L'info : Quel est le climat général au sein de la population ?
Joseph Michel : Comme il fallait s'y attendre, il y d'un côté les partisans de la fusion et de l'autre côté ses opposants.  Mais quoi qu'il en soit, dès le 30 septembre 1975, date à laquelle la loi est votée, tous – qu'ils soient opposants ou partisans – se mettent en chantier pour préparer ce que sera la fusion.  L'enjeu est bien sûr les élections d'octobre 1976.  S'opère alors un long travail en vue de la formation du nouveau territoire.

L'info : Concrètement, au niveau gouvernemental, comment s'opère ce grand changement ?
Joseph Michel : Le conseil des ministres s'est forgé un cadre de fonctionnement.  Chaque province devient une unité de travail.


La fusion chez nous

L'info : Dans le centre de la province de Luxembourg, comment s'est passée la fusion ?
Joseph Michel : à Libramont, un débat s'ouvre entre les différentes parties du grand Libramont d'une part et les communes au nord de Libramont, d'autre part.  Le débat sera houleux, mais aboutira néanmoins à ce que l'on connaît aujourd'hui.
à Neufchâteau, les communes environnantes ne veulent pas rejoindre Neufchâteau, l'esprit y étant soi-disant trop bourgeois et trop hautain.  Elles souhaitent plutôt rejoindre Bertrix.
La commune d'Herbeumont, quant à elle, pose problème de par l'espacement et la pauvreté des villages.  Cette commune, je tiens à le dire, fonctionne très bien aujourd'hui.
Léglise, vaste territoire.  Difficile à ce niveau.
Enfin, une anecdote : le bourgmestre de Warmifontaine, avant 1976, s'affichait ouvertement contre la fusion.  Il est nommé échevin des travaux à Neufchâteau après la fusion.  Et croyez-moi ce fut un des meilleurs échevins des travaux que la commune ait connus.  Comme quoi...

Un esprit large

Aujourd'hui, en plus d'être président honoraire de la Chambre des représentants et doyen de l'ordre national des avocats, Joseph Michel, né en 1925, est aussi chroniqueur et, depuis peu, romancier.
Avec Histoire économique du Luxembourg au xixe siècle, Joseph Michel signe en 1954, son premier ouvrage. Depuis La pire époque, un certain laps de temps s'est écoulé, période pendant laquelle il a écrit cinq livres dont un sur l'histoire de Virton. En 1999, c'est un premier roman qui sort. Trois autres lui feront suite.
Joseph Michel est une personnalité complexe ; il ne tolère pas,  dit-il, qu'on lui impose des idées et il assure qu'il faut avoir l'esprit suffisamment large pour savoir concilier des thèses opposées.

C. Leyder


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