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Published on L'info (http://www.info-ardenne.com/ardennes)

Petit à petit, le château révèle ses secrets

By Olivier Weyrich
Créé 28/08/2006 - 13:43

 

Fouilles au chateau
 
Fouilles au chateau
 
 

 

 

Des contre-forts, des pièces de monnaie, une rigole d'eau et des tessons de creusets ont été mis à jour durant l’été. Ces deux mois de vacances ont une nouvelle fois été riches en découvertes pour Christian Kellen, ce professeur qui s'investit corps et âme dès que le temps le lui permet depuis sept ans, dans un rêve un peu fou, à savoir la réhabilitation du site de l’ancien château de Neufchâteau. « Lorsque j'ai enlevé la racine du premier marronnier en 2000, soit un an après avoir réalisé la maquette du château à l'échelle 1/20, j'ai constaté que celles-ci tenaient sur la grosse tour du château, le donjon de 12 mètres de diamètre.» Six ans plus tard, au début du mois d'août, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il s'attaqua au déterrement de la racine du dernier marronnier, derrière le mur en cours de réparation. « J'ai vu des pierres de schiste à angle droit superposées et maçonnées. Dans un premier temps, cela m’a fait penser à un mur, mais en progressant dans mes recherches en direction de la tourelle, j'ai découvert la même choses deux ou trois mètres plus loin. Il y avait donc une discontinuité entre mes deux découvertes, le tout se trouvant du côté de la basse cour de l'Institut Saint-Michel.» Christian Kellen fait alors appel aux archéologues de la Région wallonne. « Ils m'ont tout de suite dit en découvrant les deux parties de blocs de schiste qu'il s'agissait en réalité de contre-forts qui servaient à soutenir la muraille, qui penchait vers la basse cour. Des archéologues viennent régulièrement ici, mais jamais ils n'avaient rien découvert d'intéressant comme objet. Ils devaient dans un premier temps venir uniquement l'après-midi, mais ils sont finalement restés plusieurs jours sur place. Ils ont ensuite trouvé entre les deux massifs des morceaux de poterie des xiiie, xve et xvie siècle, soit la période du Moyen-âge. Plus intéressant encore, en retournant le sol, on a vu que la terre tirait vers le rouge. Il s’agissait de tessons de creusets. Ce qui signifie qu'on a fondu du métal en cet endroit ! Et à côté, ils ont découvert des pièces de monnaie dont les plus grosses ont à peine la taille de l'ongle d'un petit doigt, alors que les plus petites ressemblent à des débris de schiste noir… Enfin, juste au bord d'un des deux massifs, ils ont mis à jour ce qui ressemblait à une évacuation d'eau, sous la forme d'une rigole d'une cinquantaine de centimètres protégée par des dalles de schiste.» Ces différentes trouvailles récompensent encore un peu plus le travail de remise au jour du patrimoine local. « On connaissait la structure du château. On dépasse maintenant le stade des pierres en s'approchant un peu de l'activité humaine. Tout cela est désormais du grain à moudre pour les archéologues pendant l'hiver, qui vont faire des dessins, des plans, des croquis, pour essayer de connecter le tout, afin de tenter de faire apparaître le mode de vie dans le château.» explique satisfait Christian Kellen. Il y a peu, un premier panneau didactique intitulé « le château redécouvert » a été dressé à proximité de la maquette dans le but d'éclairer la lanterne des visiteurs Ceux-ci apprendront notamment que Neufchâteau tire son nom de Novum Castellum, désignant à l'origine le château et ensuite le bourg qui s'est développé à ses abords, et que le château est cité dès 1199, mais que sa première description précise ne date que de 1541. Il était alors partagé en deux seigneuries. Plus tard, en 1609, Charles d'Arenberg commande la réalisation d'une carte de sa terre de Neufchâteau. Ce document graphique exceptionnel est riche en informations. « Mon souhait est que les gens qui visitent le site sachent où ils sont. Pour ce faire, ce qui m'intéresse est que tout ce qui est découvert soit dessiné et écrit, insiste Christian Kellen. Avec ce premier panneau, on connecte deux visions. On voit ce qu'on n'a plus et ce qu'on retrouve, en partant de la carte d'Arenberg que l'on relie aux travaux actuels.» Un deuxième panneau sera consacré à la tour Griffon. Christian Kellen pense à en réaliser un troisième sur ses découvertes et celles des archéologues cet été. « J'aimerais qu'en faisant le tour des 800 m de remparts, le visiteur puisse trouver des éléments scientifiquement fondés sur le château à travers six ou sept panneaux, car c'est réellement une richesse que nous avons ici à Neufchâteau », souligne celui qui n'est sans doute pas au bout de ses surprises. Et personne ne s'en plaindra pas, tant son rêve lié au patrimoine chestrolais vaut la peine d'être partagé.

Benoît Gueuning


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