Les chevaux Ardennais se distinguent

Dans le prolongement de grandes manifestations telles que la Route du Poisson et l’épreuve belge des 24 heures de Trait attelé, la Route des Vins et du Comté s’est déroulée les 25, 26 et 27 août derniers sur le site verdoyant de Levier, dans le Doubs : 14 équipes internationales se sont affrontées au cours de 14 épreuves de haut niveau, pour le plaisir de tous ! Nos chevaux ardennais belges en reviennent à un… trait de la victoire

 

La route des Vins et du Comté 2006
 
La route des Vins et du Comté 2006
 
La route des Vins et du Comté 2006
 
Route des Vins et du Comté 2006
 
 
 
 

 

 

Nos compatriotes ardennais ont ramenés avec brio et fierté toute légitime le titre de second, talonnant de très près l’équipe Trait d’union en Forêt. Il faut dire qu’après une préparation de longue haleine, tout était réuni pour se distinguer de la sorte : 23 chevaux préparés à relever le défi, 1eurs meneurs motivés et assistés chacun par leurs grooms attentifs, une intendance… de course, septante participants, le tout orchestré par un chef d’équipe solidement expérimenté, Claudy Lepère, « sur les Routes » depuis 1993, année de la première Route du Poisson. Cette manifestation, organisée par l’Association de Promotion du Trait Comtois, rassemblait au total 800 participants et 400 chevaux de trait représentatifs de presque toutes les races de trait européennes : Ardennais belges, Auxois, Boulonnais, Bretons, Cobs normands, Comtois, Franches-Montagnes, Percherons, Traits du Nord, Traits Rhénans Allemands… Il étaient tous là, tous beaux de présence et de simplicité et jamais on ne se lasse d’admirer leur allure, leurs pertintailles sonnantes autour de leur encolure généreuse, imperturbables au milieu du tourbillon affairé des hommes. Dans le va et vient des attelages, jamais un sabot de travers, les oreilles attentives à la demande à peine chuchotée par le meneur… Les épreuves Variées, elles permettent de juger et de prouver la polyvalence, l’endurance, la force et la docilité des chevaux de trait. Le routier : les équipes se partageaient sur deux circuits convergeant vers Levier, l’un au départ de Maiche, pays du « fumé » et berceau de la race du cheval de trait comtois, le second au départ de Poligny, « capitale » du fromage de Comté. Epreuve phare de la manifestation, elle permet de rappeler le rôle historique et essentiel tenu par les attelages pour le transport des personnes, des marchandises, du courrier, … Pour cette épreuve non de vitesse mais bien d’endurance, les attelages en paire ont à réaliser la quinzaine de kilomètres de chaque étape en un temps défini. Ce temps est fonction du poids des chevaux, de la longueur de l’étape et de son dénivelé. A chaque relais, les chevaux sont changés. Un contrôle vétérinaire permet de vérifier le niveau de fatigue des chevaux et leurs capacités de récupération. Un mauvais contrôle entraîne des pénalités, voire l’élimination de l’attelage. La course au pas : Le pas est la principale allure utilisée dans le travail agricole et forestier. Les chevaux avaient à parcourir 600 mètres le plus rapidement possible, au pas, en tirant un traîneau de bois. La maniabilité rurale : Un parcours simulant les principales « embûches » rencontrées dans le travail des chevaux devait être effectué : passage de pont, passage étroit, arrêt et immobilité le temps d’un chargement, manœuvres, reculer… Docilité et disponibilité des chevaux, ainsi qu’habileté des meneurs, y sont appréciées. Le marathon : l’épreuve reine des concours sportifs d’attelage ! Les meneurs, avec un ou deux chevaux attelés, devaient franchir au plus vite cinq obstacles naturels. A l’intérieur de chaque obstacle, un circuit délimité par des portes aux limites fixes et naturelles (arbres, buttes, passage dans l’eau) devait être accompli dans un sens et un ordre définis. Les meneurs et les chevaux doivent là faire preuve de vitesse, d’adresse et de précision. La course de chars romains : puissance, vitesse, émotions dans cette épreuve où quatre chevaux, attelés de front à un char romain, s’élancent au grand galop sur un anneau de 330 mètres, parcouru 3 fois! La traction : deux, puis trois chevaux attelés à une voiture dont la charge augmente progressivement devaient parcourir une distance de 100 à 150 mètres. La course montée : les chevaux de trait sont autant montés que attelés… Les 14 chevaux ont fait trembler la Franche-Comté… Le débardage : en France comme chez plusieurs de nos voisins européens, il est heureux de constater que le cheval réintègre sa place dans les milieux forestiers sensibles. Complicité, précision sont les maîtres mots de cette épreuve. Le meneur et son cheval devaient franchir des obstacles rappelant ceux rencontrés en forêt : passage de fossé, sur un pont de grumes, manœuvres de précision avec les bois, chargement d’un bois… Le tout sans heurter les « tombants », petits morceaux de bois placés en équilibre et délimitant les obstacles. Le labour : même si le tracteur a depuis longtemps remplacé le cheval dans nos pays développés, il reste encore beaucoup d’hectares dans le monde labourés en traction animale. Le concours de labour est jugé sur la qualité de la relation avec les chevaux et le labour même : régularité de la profondeur, rectitude et qualité de l’enfouissement des végétaux. La précision dans la vigne : pour ce travail précis et délicat, de nombreux vignerons français font aujourd’hui appel au cheval. Moins lourd, moins rapide que le tracteur, il respecte la structure des sols qui peuvent ainsi exprimer leurs spécificités au travers des arômes des vins. Une vigne avait été reconstituée sur le site de la Route des Vins et du Comté. Les concurrents devaient effectuer un buttage de ces rangs de vignes, apprécié par les juges. Le spectacle : chaque équipe y exprimait ses aptitudes créatives et artistiques, cotées pour l’originalité, la mise en scène, la musique, les costumes, la mise en valeur des chevaux, leur travail et l’harmonie générale. Les Belges, premiers de cette épreuve, avaient choisi d’illustrer le rôle primordial de l’Ardennais dans la cavalerie napoléonienne et la campagne de Russie. Ils firent forte impression auprès du public, avec un spectacle parfaitement orchestré, leurs chevaux et leurs cavaliers impeccables dans leur tenue et leurs déplacements. Toutes ces épreuves étaient clôturées en beauté par celle du grand défilé dans les rues de Levier, chaque équipe y présentant ses spécificités régionales ou nationales. Soutenons l’Ardennais belge ! Cette Route des Vins et du Comté était une parenthèse ouverte dans le quotidien de chaque participant… jamais vraiment fermée car les échos des sabots résonnent encore dans les têtes et sans cesse nous ramènent au passé, au monde des charrons, forgerons, maréchaux-ferrants, bourreliers, débardeurs… Tous ces passionnés du cheval de trait ne s’arrêtent pas en si bon chemin bien entendu, et vous donnent d’ores et déjà rendez-vous à Libramont, le 3e week-end de septembre 2007, au départ de la seconde édition des 24 heures de Trait attelé. La plupart des équipes citées plus haut seront là, un superbe spectacle en perspective sillonnant toute la province du Luxembourg. Concluons par ces quelques lignes, extraites de l’ouvrage de Paul Laurant, Spirou, l’ambassadeur ardennais : « Alors persévérons ! Pour que vive l’Ardennais ! Voitures et harnais brillants, chevaux fringants, meneurs et grooms fiers et heureux, courage et ténacité, amitiés durables, émulation saine et sportive sont les ingrédients du succès. Tous les meneurs sont prêts, ne leur manque que l’appui de ceux qui partagent cet idéal. Mais ils vaincront.»

S. Lecomte